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SOMMAIRE

 

CONSEILLER LA FEMME ENCEINTE

DOULEUR

MAUX DE GORGE

RHINORREE

TOUX SECHE AU PREMIER TRIMESTRE

TOUX GRASSE AU PREMIER TRIMESTRE

FIEVRE ET COURBATURES AU PREMIER TRIMESTRE

ALLERGIES

VOMISSEMENTS AU PREMIER TRIMESTRE

CONSTIPATION AU PREMIER TRIMESTRE

REFLUX GASTRO-OESOPHAGIEN

JAMBES LOURDES

INSOMNIE EN FIN DE GROSSESSE

 

 

 

CONSEILLER la femme enceinte

Il existe bien souvent peu de données concernant l’innocuité de l'administration des médicaments au cours de la grossesse. Les médicaments disponibles, en particulier ceux non inscrits à la liste des substances vénéneuses sont bien souvent peu voire pas évalués chez la femme enceinte. C'est pourquoi il est important de prévenir l'automédication.

Le pharmacien d’officine joue dans ce domaine un rôle essentiel. Quelques grandes " règles " guident alors le Conseil  Pharmaceutique :

    • Lorsque la prise en charge de la pathologie le permet, proposer toujours en première intention des mesures hygiéno-diététiques. Ne proposer d’alternatives médicamenteuses que lorsque cela est nécessaire.
    • Choisir des spécialités contenant un seul principe actif, bien évalué chez la femme enceinte et ayant fait la preuve de son efficacité.
    • Eviter les principes actifs récents et les spécialités pour lesquelles il n'existe pas de rubrique grossesse dans le Vidal.
    • Les médicaments homéopathiques constituent une alternative intéressante pour les "petites pathologies " (allergie peu invalidante, toux, insomnie…) MAIS ne pas proposer de teintures mères ou de dilution 1DH. Attention aux spécialités qui contiennent à la fois de l’homéopathie et de l’allopathie (par exemple de l'aspirine strictement contre-indiquée à partir du 6ème mois de grossesse).
    • Orienter la patiente vers un médecin si les symptômes persistent ou lorsque la pathologie l’exige.
    • Rassurer sur une prise médicamenteuse nécessaire (l’absence de traitement pouvant être plus risquée que le traitement lui-même).

 

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DOULEUR

 

Alternatives médicamenteuses: choix d’un antalgique

  • L’antalgique de choix en première intention est le paracétamol(médicament bien évalué chez la femme enceinte) quelle que soit la période de grossesse.
  • L’aspirine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont formellement contre-indiqués dès le sixième mois de grossesse (en dehors d’indications exceptionnelles nécessitant une surveillance spécialisée) principalement en raison d’une toxicité fœtale cardiopulmonaire et rénale.

Attention aux spécialités " homéopathiques " contenant de l’aspirine (exemple du Cephyl®).

Au premier trimestre, les données concernant les anti-inflammatoires et l’aspirine sont insuffisantes pour les proposer en conseil officinal, ce d’autant plus qu’il existe d’autres alternatives.

Ne pas proposer d’associations contenant de la codéine (ou de la caféine à fortes doses) en fin de grossesse (risque néonatal pour les fortes doses ou en cas d'utilisation prolongée).

  • Si la douleur est trop importante ou insuffisamment calmée par le paracétamol, il paraît plus prudent de conseiller une consultation médicale dans un but diagnostique pour évaluer le rapport bénéfice/risque.

En cas d’antécédent d’hypertension artérielle, on orientera la patiente vers le médecin.

Conseils d’hygiène de vie

Pour les lombalgies :

- Eviter les gestes brusques, en particulier lors du lever ou du coucher ou en montant l’escalier.

- Choisir une bonne literie et dormir sur le dos ou sur le côté les jambes repliées.

- Eviter les positions statiques prolongées : écarter les jambes lors d’une station prolongée debout, changer de position lors des stations assises.

- Eviter de porter du poids, se baisser en se pliant sur les jambes et éviter les torsions.

- Faire du sport de façon régulière en évitant les sports violents qui provoquent des secousses (jogging, vélo sur terrain accidenté, ski, tennis) et en préférant plutôt la marche, la natation, le cyclisme sur route, l’aquagym ou la gymnastique douce ; en réduisant les efforts.

- Eviter de porter des talons trop hauts.

- Proposer éventuellement un maintien lombaire adapté à la femme enceinte qui évite les faux mouvements.

Pour les céphalées:

Se mettre au repos, au calme, si besoin dans le noir, poser un gant d’eau froide sur le front.

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    • Maux de gorge

Alternatives médicamenteuses

Les pastilles, collutoires et autres formes locales ne sont pas évalués chez la femme enceinte.

 

Conseils d’hygiène de vie

  • Un mal de gorge peu intense sans fièvre ni ganglions doit pouvoir être supportable. On peut conseiller de prendre des bonbons au miel pour adoucir l’irritation ou des boissons chaudes.
  • Si la douleur est intense, avec fièvre, ganglions ou d’autres signes de gravité (risque d’angine), une consultation médicale s’impose.

    • Rhinorrhée

Alternatives médicamenteuses

  • Dans tous les cas, proposer un lavage de nez avec du sérum physiologique pour éviter une surinfection.

La dexchlorphéniramine (Polaramine®) est l’un des antihistaminiques H1 hors liste les mieux évalués. A éviter toutefois en fin de grossesse en raison des effets sédatifs sur le nouveau-né.

  • Ne pas proposer d’emblée de vasoconstricteurs (en raison de leurs effets propres) ni de framycétine (par prudence en raison de la toxicité potentielle des aminosides et de leur passage à travers la muqueuse nasale).
  • S’il s’agit d’un écoulement épais infecté, bien se moucher et surveiller l’évolution (fièvre, toux). Dans le cas d’un écoulement mucopurulent unilatéral avec douleur à la pression des sinus, orienter vers une consultation médicale.

 

Conseils d’hygiène de vie.

- Se moucher régulièrement, avec des mouchoirs en papier de bonne qualité.

- Laver les mouchoirs en tissu avec de l’eau de Javel.

- Se laver les mains fréquemment et soigneusement.

- Ne pas surchauffer les pièces et humidifier l’air.

- Si l’écoulement ou la gêne sont importants, dormir en position semi-assise.

 

    • Toux sèche au premier trimestre

Alternatives médicamenteuses

  • Les alternatives médicamenteuses ne présentent pas de certitude d'innocuité.
  • Les sirops homéopathiques semblent constituer une alternative intéressante.

Si la toux est très invalidante, provoquant une gêne importante, réveillant la nuit, on pourra conseiller un sirop contenant de la codéineou du dextrométhorphane, médicaments qui possèdent actuellement les données les plus rassurantes en traitement court. Eviter autour de la période de l’accouchement (effets sédatifs sur l’enfant).

  • Ne pas proposer de sirop contenant plusieurs principes actifs dont l’efficacité et l’innocuité n’ont pas été prouvées.

Conseils d'hygiène de vie

  • Les toux non productives sont assez rares au cours de la grossesse. Le mieux est de " prendre son mal en patience ".

En première intention, on peut conseiller de prendre, en cas d’irritation, des bonbons ou des boissons chaudes au miel.

 

    • Toux grasse au premier trimestre
  • La toux est un phénomène naturel de défense de l’organisme ; il faut la respecter. Une toux grasse non invalidante chez la femme enceinte ne se traite pas.

  •  

    Alternatives médicamenteuses (si la dame est très encombrée)

    • L’innocuité des fluidifiants au premier trimestre de grossesse n’a pas été prouvée (manque d’information), même s’il existe une large utilisation clinique et des données animales rassurantes. Si possible, ne rien proposer.

    Toutefois, l’acétylcystéine ou éventuellement la carbocistéine sont les fluidifiants les mieux évalués.

    • Ne pas utiliser de spécialités contenant plusieurs principes actifs.
    • Ne pas proposer d’antitussifs ou de spécialités associant des expectorants à des antitussifs centraux (association illogique).
    • Attention aux bronchites et aux surinfections bactériennes : en cas d’expectorations colorées, de fièvre, de fatigue importante, de difficulté pour respirer ou d’altération de l’état général, consulter le médecin.

    Conseils d’hygiène de vie

    - Boire beaucoup d’eau pour fluidifier les sécrétions bronchiques.

    - Au besoin faire des inhalations avec de l’eau chaude.

    - Ne pas surchauffer les pièces et humidifier l’air des lieux d’habitation.

    - Bien se moucher et ne pas renifler.

     

      • Fièvre et courbatures au premier trimestre

     

    Alternatives médicamenteuses

    • L'antipyrétique le plus sûr est le paracétamol.
    • Il est important de ne pas laisser sans traitement une fièvre au cours de la grossesse car l’hyperthermie de la grossesse augmente la fréquence d’apparition des malformations néonatales.
    • Toute fièvre doit être évaluée de façon à retrouver son étiologie : une fièvre peut avoir pour origine un placenta prævia, une pyélonéphrite, une listériose, une rupture des membranes placentaires… susceptibles d’être dangereux pour la femme enceinte et pour le fœtus.

     

     

    Alternatives médicamenteuses.

    Ne pas conseiller l’isothipendyl (Apaisyl®, Istamyl®) ou la tritoqualine (Hypostamine®), médicaments pour lesquels les données sont inexistantes.

    • En fin de grossesse :
    • Dans le cadre d’une prescription, les antihistaminiques H1 non anticholinergiques non sédatifs comme la cétirizine (Zyrtec®, Virlix®) sont à préférer.
    • Ne pas conseiller d’antihistaminiques sédatifs comme la Polaramine® (risque d’hypotonie chez le nouveau-né).

    Conseils d’hygiène de vie

    Si possible, il faut éviter l’exposition aux allergènes.

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      • Vomissements au premier trimestre

    Il paraît important de rassurer la patiente : les nausées et les vomissements sont fréquents (dus, en partie, à une augmentation des concentrations hormonales en particulier en HCG) et souvent bénins en début de grossesse. Il faut savoir être patient.

    Alternatives médicamenteuses

    Le pharmacien ne dispose pas en " conseil " de médicaments suffisamment efficaces et bien évalués.

    S’abstenir de conseiller des médicaments appartenant à la liste des substances vénéneuses en particulier la dompéridone (Motilium®, Peridys®) qui est tératogène chez l’animal et pour laquelle on ne dispose pas de données cliniques humaines même si la prescription est fréquente.

    Ne pas proposer de métopimazine (Vogalene®) en l'absence de données humaines ou animales.

    Conseils d'hygiène de vie

     

    - Fractionner les repas : prendre de petites quantités à la fois et plus souvent.

    - Manger ce qui fait plaisir.

    - Prendre de préférence des glucides d’action lente (riz, pâtes, pommes de terre), des crudités, des produits laitiers (yaourt, lait caillé mieux accepté que le lait entier), des fruits.

    - Eviter l’hypoglycémie qui participe aux malaises, prendre le premier repas de la journée avant de se lever, éviter les glucides d’absorption rapide qui entraînent une sécrétion d’insuline responsable d’une hypoglycémie secondaire.

    - Repérer et éviter les odeurs fortes, les aliments gras, les parfums qui sont les facteurs déclenchants (tabac, produits ménagers…)

    ! Si les vomissements sont très gênants, très importants avec perte de poids de la patiente ou s’ils persistent après le premier trimestre, une consultation s’impose. Mettre en garde contre la survenue d’une déshydratation.

     

      • Constipation au premier trimestre

     

    Alternatives médicamenteuses

    Ne proposer des laxatifs que si les mesures hygiéno-diététiques ont échoué.

     

    Conseils d'hygiène de vie

    En premier lieu, les mesures diététiques sont à conseiller :

    - Boire beaucoup d’eau (plus d’un litre et demi par jour), surtout à jeun, des jus de fruits, pour favoriser l’hydratation du bol alimentaire.

    - Eviter les aliments ralentisseurs du transit : choux, céleris, radis, artichauts, féculents (lentilles, haricots secs), viandes en sauce, fumées ou gibiers, poissons fumés, œufs frits, pommes de terre, riz, fromages fermentés ou persillés, bananes, fruits confits, glaces à la crème, graisses animales ou végétales frites.

    - Préférer les aliments qui accélèrent le transit : pain complet à dose progressive, légumes verts crus et cuits, pruneaux, figues, huile d’olive, lait, yaourt.

    - Prendre ses repas à heure régulière, dans le calme en prenant le temps de bien mastiquer.

    - Faire de l’exercice de façon modérée mais quotidienne : marche, natation qui renforcent la sangle abdominale.

    - Se présenter à la selle quotidiennement à heure régulière (le matin), ne pas se retenir.

    - Eviter les produits à base de son qui, malgré des propriétés laxatives, peuvent provoquer une irritation colique et former des complexes avec le calcium.

     

      • Reflux gastro-œsophagien

    Il est important de rassurer la patiente : le reflux est un phénomène fréquent au cours de la grossesse. Les causes sont multifactorielles incluant les effets hormonaux, une diminution de la fermeture du sphincter inférieur de l’œsophage et des facteurs mécaniques.

    Alternatives médicamenteuses

    • Pour les antiacides, l’administration à posologie normale ne semble pas poser de problème, il faut cependant se méfier des conditionnements multidoses de solutions qui peuvent conduire à la prise de grandes quantités (possibilité de boire au goulot !).

    Les sels de magnésium et les alginates sont à préférer à l’aluminium. Préférer par exemple pour le Gaviscon®, la forme liquide qui ne contient pas d'aluminium par rapport aux comprimés et proposer de préférence les sachets unitaires.

    L’administration en fin de grossesse à posologie normale ne comporte pas de risque.

    • Eviter les spécialités à base de carbonate de calcium (risques potentiels au niveau de l'ossification lors de traitements prolongés ou à forte dose) ou de silicones et d’alginates.
    • Ne pas conseiller d’antihistaminiques H2 en première intention pour des reflux gastro-œsophagiens ou des brûlures. Le médecin évaluera le rapport bénéfice/risque.
    • Ne pas proposer de cimétidine (Stomedine®) (effet antiandrogène potentiel en administration prolongée), de famotidine (Pepcidac®) (manque de données) ni d’oméprazole (Mopral®, Zoltum®) (liste II), quelle que soit la période de grossesse.

     

    Conseils d'hygiène de vie

    En première intention, les mesures diététiques sont à proposer :

    - Ne pas manger tard le soir ou juste avant d’aller se coucher.

    - Surélever la tête du lit d’une dizaine de centimètres.

    - Eviter certains mets trop gras ou épicés, le café, l’alcool et le tabac.

     

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    Jambes lourdes

    Les problèmes circulatoires au cours de la grossesse sont liés à une augmentation du poids, à des modifications hormonales par vasodilatation due à la progestérone, à une augmentation de la masse sanguine (hypervolémie et rétention hydrosodée) et à une compression de la veine cave inférieure et des vaisseaux iliaques par l’utérus gravide à l’origine d’une stase veineuse en fin de grossesse (gêne au retour veineux).

    Alternatives médicamenteuses

    • Les veinotoniques n’ont pas fait la preuve de leur efficacité ni de leur innocuité chez la femme enceinte.

     

    Conseils d'hygiène de vie

    Privilégier les mesures hygiéno-diététiques :

    - Eviter le port de vêtements trop serrés (gaines, ceintures, chaussettes ou bas qui serrent) qui compriment la circulation ou de textiles synthétiques. Eviter les chaussures à talons trop hauts ou trop plats.

    - Prendre des douches tièdes ou fraîches et éviter les douches chaudes. Marcher dans l’eau de mer ou de rivière…

     

    - Eviter la station debout immobile et prolongée. Surélever les pieds du lit.

    - Pratiquer la marche, la gymnastique douce, la natation et la bicyclette sur terrain plat qui favorisent la musculation et la souplesse des membres inférieurs.

    - Ne pas surchauffer les lieux d’habitation : le chauffage au sol est déconseillé. Eviter les douches chaudes ou les bains chauds. Ne pas s’exposer au soleil ou à la chaleur.

    - Porter des bas anti-fatigue ou de contention I ou II sur prescription si besoin.

     

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    INSOMNIE EN FIN DE GROSSESSE

    Alternatives médicamenteuses

    • Les solutions en homéopathie semblent être les meilleures alternatives.
    • Eviter la phytothérapie pour laquelle, les données sont insuffisantes.
    • La doxylamine (Donormyl®), bien qu'ayant des données rassurantes, doit être évitée en fin de grossesse en raison de ses propriétés anticholinergiques et sédatives.

     

    Ne pas proposer de benzodiazépines en raison du risque de syndrome de sevrage ou de toxicité néonatale. Ne pas proposer de médicaments apparentés aux benzodiazépines en raison de l’absence de données humaines. Si la patiente présente une anxiété importante, une consultation médicale doit être envisagée. Le médecin choisira un médicament ancien et bien évalué, de préférence avec une demi-vie intermédiaire (oxazépam Seresta®) en traitement ponctuel et mettra en place une surveillance néonatale.

    Ne pas proposer de spécialités contenant des bromures (Calcibronat®) qui peuvent paraître anodines.

     

    Conseils d’hygiène de vie

    En première intention, les conseils d'hygiène de vie sont à préférer.

    - Eviter, le soir, la sous-alimentation qui induit une sensation de faim et la suralimentation qui prolonge la digestion et peut provoquer un inconfort.

    - Eviter certaines substances excitantes ou diurétiques (thé, café, tabac, alcool, tisane de queues de cerise…) et certains plats diurétiques (poireau). Préférer les produits laitiers.

    - Cesser les activités exigeantes sur le plan physique et intellectuel une heure avant de dormir. Essayer de se relaxer avec de la musique douce, lire ou faire de la relaxation.

    - Choisir une bonne literie ferme et propre, ne pas se serrer dans les draps. Dormir dans un lieu calme, frais, aéré et obscur.

    - Respecter les signes annonciateurs du sommeil : frilôsité, bâillement, sensation " d’yeux qui piquent ", se coucher uniquement lorsqu’on est fatigué.

    - Faire un exercice modéré.

     

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