A
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Processus par lequel un médicament déposé à la surface dun tissu parvient dans la circulation.
Labsorption dun médicament peut être digestive, pulmonaire, cutanée, oculaire
Abus (abuse)
" Utilisation excessive volontaire, permanente ou intermittente, dune ou plusieurs substances psychoactives, ayant des conséquences préjudiciables à la santé physique ou psychique " (décret n° 99-249 du 31 mars 1999).
Depuis le 31 mars 1999, la déclaration de tout cas dabus " grave " (cest-à-dire létal ou susceptible de mettre la vie en danger, ou dentraîner une invalidité ou une incapacité, ou provoquant ou prolongeant une hospitalisation) est obligatoire pour tout médecin (pharmacien ou autre professionnel de santé) aux Centres dEvaluation et dInformation sur les Pharmacodépendances (CEIP) (voir ce terme).
Accoutumance (acquired tolerance)
Processus selon lequel lorganisme devient insensible aux effets (principaux ou secondaires) dun médicament (ou dun poison) à la suite de quantités dabord faibles et inactives puis progressivement croissantes de celui-ci.
Est synonyme de tolérance ou de tachyphylaxie.
Activité intrinsèque (AI) (intrinsic activity)
Capacité dun médicament à stimuler un récepteur (voir ce terme).
On parle dagoniste plein lorsque lAI = 1. LAI dun agoniste partiel est comprise entre 0 et 1. LAI dun antagoniste plein est de 0.
Addiction (addiction)
Synonyme de pharmacodépendance (voir ce terme).
Adhérence médicamenteuse (compliance)
Est synonyme dobservance (voir ce terme).
Affinité (affinity)
Capacité dun médicament à se lier à un site récepteur.
Le paramètre quantifiant laffinité est la constante daffinité, égale à linverse de la constante de dissociation ou Kd :
Constante daffinité = 1
Kd
On démontre que le Kd est égal à la concentration du médicament qui occupe la moitié de la totalité des récepteurs. Plus le Kd est grand, plus laffinité du principe actif est faible.
Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS) (French Drug Agency for the Security of Health Producs)
Etablissement public à caractère administratif, chargé de lévaluation et de la vigilance (ainsi que du contrôle dun laboratoire et de linspection) dun certain nombre de produits de santé.
Il sagit notamment des médicaments, mais aussi des produits contraceptifs et contragestifs, biomatériaux et dispositifs médicaux, dispositifs biomédicaux de diagnostic in vitro, produits sanguins labiles, organes, tissus, cellules et produits dorigine humaine ou animale et " produits thérapeutiques annexes " utilisés pour la préservation, produits de thérapie génique et cellulaire, réactifs de laboratoire vendus au public, produits dentretien ou dapplication des lentilles de contact, insecticides, acaricides et antiparasitaires à usage humain, procédés, produits et appareils de désinfection des locaux, aliments diététiques destinés à des fins médicales et spéciales, lentilles oculaires non correctives, produits cosmétiques.
Site Internet : http://afssaps.sante.fr
Agoniste (agonist)
Substance se fixant sur le récepteur, pour le stimuler et entraîner une action pharmacodynamique (affinité et activation).
La puissance dun agoniste se définit par la concentration (dose) de lagoniste qui produit 50 % de son effet maximal (DE50 ou dose efficace 50). Le pD2 est le logarithme négatif de la DE50 (pD2 = - logEC50).
Agoniste-antagoniste (agonist-antagonist)
Médicament se comportant comme un agoniste sur un récepteur et un antagoniste sur un autre récepteur appartenant à la même famille pharmacologique de récepteur.
Exemple : la buprénorphine (Temgesic°, Subutex°) est un agoniste mu et un antagoniste kappa.
Agoniste partiel (partial agonist)
Médicament agoniste à activité intrinsèque (AI) inférieure à 1 par comparaison à lagoniste plein (cest-à-dire lagoniste ayant une AI = 1) agissant sur un même récepteur. Généralement, lagoniste plein est le neurotransmetteur endogène.
Exemple : la buprénorphine (Temgesic°, Subutex°) est un agoniste partiel des récepteurs opiacés de type mu (les agonistes de référence AI = 1 sont ici les endomorphines et la morphine).
Aire sous la courbe (ASC) (Area Under the Curve, AUC)
Intégrale de la concentration plasmatique sur un intervalle de temps défini.
En pratique, on utilise lapproximation : ASC = S [C] xD t.
avec [C] : concentration mesurée et D t : intervalle de temps entre 2 mesures.
LASC sexprime en µg x h c ml-1 ou mg x h x l-1. LASC permet la mesure de la biodisponibilité du médicament (voir ce terme).
Ajustement (adjustment)
Ensemble des procédures utilisées au cours des essais de Phase III ou de Phase IV (en pharmacoépidémiologie) ayant pour objectif déliminer leffet de certaines variables, considérées comme parasites, dans létude de la relation entre le médicament étudié et un critère de jugement.
Lajustement seffectue après le recueil des données. On ajustera, par exemple, sur lâge, le sexe A ne pas confondre avec appariement (voir ce terme) qui seffectue au moment de linclusion.
Alcaloïdes (alcaloids)
Bases faibles de structure complexe et dorigine végétale.
Les alcaloïdes sont insolubles dans leau mais leurs sels sont hydrosolubles.
Ensemble des risques imprévisibles, et donc a priori non évitables lors de la mise en oeuvre dune stratégie thérapeutique correcte.
En matière de médicament, laléa thérapeutique fait référence aux effets indésirables inattendus (voir ce terme) pouvant survenir dans le contexte dune prescription et dune utilisation conformes aux recommandations en vigueur et aux données actuelles de la science (voir ce terme).
Aléatoire (random)
Qui obéit aux lois du hasard et donc ne dépend pas systématiquement dune intervention.
Dans un essai clinique (voir ce terme), on parle de sélection aléatoire des sujets lorsquon effectue par exemple un tirage au sort.
Alicament (nutraceutic)
Contraction des mots " aliment " et " médicament " ou de " nutriment " et " pharmaceutique ". Aliment porteur dune allégation santé. Voir : Produit " bénéfique pour la santé ".
Une allégation est une mention qui affirme, suggère ou implique des caractéristiques nutritionnelles particulières. Une allégation santé établit un lien explicite entre lalicament (ou un des composants de laliment) et la santé ou une modification dun paramètre biologique sans faire référence à la maladie en France. Les alicaments ne sont pas des médicaments.
AMM (New Drug Application : NDA)
Voir Autorisation de Mise sur le Marché (AMM).
Amélioration du Service Médical Rendu (ASMR)
Apport relatif (en comparaison de ce qui est déjà disponible) dun nouveau médicament pour le traitement dun symptôme ou dune maladie donnée. LASMR est déterminé par la Commission de Transparence de lAFSSAPS.
La Qualification de lASMR repose sur un jugement qualitatif et quantitatif par essence comparatif et évolutif. En France, la Commission de Transparence (voir ce terme) de lAgence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé a, entre autres, pour mission dapprécier léventuelle existence dune Amélioration du Service Médical Rendu et de la quantifier pour les spécialités pharmaceutiques ayant obtenu une autorisation de mise sur le marché. Cette quantification fait appel à un score en 5 niveaux :
- niveau 1 : progrès thérapeutique majeur ;
- niveau 2 : amélioration importante en terme defficacité thérapeutique et/ou de réduction des effets indésirables ;
- niveau 3 : amélioration modeste en terme defficacité thérapeutique et/ou de réduction des effets indésirables ;
- niveau 4 : amélioration mineure en terme defficacité et/ou dutilité :
. au plan clinique : acceptabilité et commodité demploi, observance, complément de gamme justifié ;
. avantage potentiel lié aux propriétés pharmacocinétiques ou au moindre risque dinteraction médicamenteuse ;
- niveau 5 : absence damélioration avec lavis favorable à inscription au remboursement ;
Lappréciation de lASMR intègre plusieurs paramètres comme la gravité de la maladie traitée, lexistence ou non dalternatives thérapeutiques dans cette indication, le rapport bénéfice/risque du médicament, place du médicament dans la stratégie thérapeutique.
A ne pas confondre avec le SMR (Service Médical Rendu) (voir ce terme).
Le Visiteur Médical doit obligatoirement remettre lavis de la Commission de Transparence et lASMR au médecin lors de la prescription dun médicament.
Forme pharmaceutique constituée dun récipient de verre, cylindrique, obligatoirement de couleur jaune, fermé aux deux bouts " en pointe ", dun volume habituellement compris entre 5 et 20 ml, contenant une dose unitaire dun médicament.
Récipients entièrement en verre non coloré, à parois minces, dont le contenu est prélevé après rupture en une seule fois.
Les ampoules contiennent une faible quantité dune préparation injectable. Elles sont le plus souvent autocassables, ce qui évite le recours à une lime. Il en existe deux modèles : " deux pointes " aux deux extrémités effilées et " bouteille " à fond plat.
Analyse en intention de traiter (intention to treat analysis)
Tous les patients inclus dans lessais sont analysés, quils aient ou non correctement suivi lessai clinique.
Il sagit dune procédure dessai clinique correspondant à la vie réelle puisque lon prend en compte tous les malades jusquà la fin de la période de surveillance prévue même si leur traitement a été arrêté (pour nimporte quelle raison). Ce que lon compare, cest lintention de traiter avec un médicament A et lintention de traiter avec un médicament B.
Soppose à analyse en per protocole (voir ce terme).
Analyse intermédiaire (intermediate analysis)
Analyse réalisée au cours dun essai clinique pour sassurer de labsence de différence majeure dans lefficacité ou les effets indésirables de lun ou lautre des bras de létude.
En cas de différence importante (excès de mortalité dans lun des deux groupes par exemple ou efficacité très supérieure dans lun des deux groupes), lessai sera prématurément arrêté.
Analyse en per protocole (per protocol analysis)
Seuls les malades ayant suivi correctement et complètement le protocole détude font lobjet de lanalyse finale de lessai.
Cette analyse en sélectionnant a posteriori certains patients, crée un biais (voir ce terme) majeur dinterprétation en favorisant de façon fausse le médicament. Les essais utilisant cette analyse conduisent donc à des conclusions fausses ! Il ne faut retenir que les essais avec analyse en intention de traiter (voir ce terme).
Analyse en sous-groupes (sub-group analysis)
Opération consistant à refaire lanalyse des données dun essai clinique en découpant léchantillon de lessai en groupes plus petits définis selon une ou plusieurs caractéristiques.
Une analyse en sous-groupes ne peut avoir de valeur que si elle a été préalablement prévue lors de la rédaction du protocole (et si la puissance est suffisante). Sinon, comme cest trop souvent le cas, cette analyse ne permet aucune conclusion. Une telle analyse peut, par exemple, définir les patients répondeurs (ou non répondeurs) et/ou vérifier des hypothèses physiopathologiques.
Voir Résumé des Caractéristiques du Produit (RCP).
Antabuse (antabuse)
Nom de marque dans les pays anglo-saxons du disulfirame, commercialisé en France sous le nom dEsperal°.
Leffet antabuse correspond à une vasodilatation gênante provoquée lors de lassociation du disulfirame avec les boissons alcoolisées. Il sutilise dans les cures de désintoxication éthylique.
Antagonisme (antagonism)
On parle dantagonisme entre deux médicaments A et B lorsque leffet de lassociation est inférieur à celui du plus actif des composants utilisé seul.
Exemple : E (A + B) < E (A) si A est le plus actif.
Exemples : acétylcholine + atropine, adrénaline + propranolol.
Antagonisme physiologique (ou fonctionnel)
Se dit de substances (physiologiques ou pharmacologiques) qui ont des effets opposés sur un effecteur, en agissant sur deux populations différentes de récepteurs (ou selon deux mécanismes différents).
Exemple : atropine (tachycardisant) et propranolol (bradycardisant).
Antagonisme irréversible (irreversible antagonism)
Liaison covalente irréversible dun médicament (agoniste ou antagoniste) avec le récepteur.
Antagoniste (antagonist)
Substance qui se fixe sur le récepteur, sans le stimuler, qui empêche ou déplace la fixation de lagoniste et réduit ou supprime son action.
Le pA2 est le logarithme négatif de la concentration molaire de lantagonisme qui oblige à doubler la concentration de lagoniste pour obtenir le même effet.
Antagoniste compétitif (competitive antagonist)
Médicament doué daffinité mais dépourvue daction pour un récepteur donné.
Un antagoniste compétitif est susceptible dempêcher leffet dun agoniste pour le même récepteur mais cet effet peut être levé en le déplaçant par des doses croissantes dagoniste (un agoniste partiel se comporte vis-à-vis dun agoniste parfait comme un antagoniste compétitif).
Antagoniste non compétitif (non competitive antagonist)
a) Médicament susceptible dempêcher ou de diminuer laction dun agoniste sans se fixer sur le récepteur de celui-ci ; b) substance susceptible de se fixer de manière irréversible sur un récepteur et dempêcher ainsi laction des agonistes (quelle que soit la dose à laquelle ceux-ci sont utilisés).
Anti-métabolite (anti-metabolite)
Médicament proche du substrat dune enzyme susceptible doccuper sa place mais non dêtre métabolisée bloquant de ce fait la chaîne métabolique.
Plusieurs médicaments anticancéreux sont des anti-métabolites.
Appariement (matching)
Ensemble des procédures permettant de rendre comparable deux (ou plusieurs) groupes de sujets en vue détudier leffet dun médicament sur un critère de jugement.
Cette technique cherche à neutraliser les facteurs confondants (voir ce terme) éventuels, comme lâge, le sexe, la catégorie socioprofessionnelle en choisissant pour chaque individu un ou plusieurs témoins semblables à lui pour ces caractéristiques.
Lappariement seffectue généralement a priori, cest-à-dire au moment de linclusion des patients [à la différence de lajustement (voir ce terme) seffectue après le recueil des données].
Assistant de Recherche Clinique (ARC)
Interlocuteur de linvestigateur, il participe à lorganisation pratique de lessai, se charge des aspects administratifs nécessaires à la mise en place de létude et vérifie le respect des bonnes pratiques cliniques et de laboratoire.
Automédication (self-medication)
Recours, dans une intention de soin, à un (ou plusieurs) médicament(s) sans laide dun médecin (ou encore pour certains médicaments dun dentiste ou dune sage femme).
Si lautomédication peut contribuer à réduire les dépenses des organismes de lAssurance Maladie qui ne remboursent que les produits prescrits, elle présente aussi plusieurs dangers :
- apparition deffets indésirables non maîtrisés ;
- développement dinteractions médicamenteuses avec des médicaments prescrits ;
- évolution dune maladie grave non diagnostiquée (et rendue difficilement diagnosticable du fait du masquage possible du symptôme par la prise dun produit) ;
- enfin, développement possible dune pharmacodépendance.
Les médicaments les plus concernés par lautomédication sont par ordre décroissant les pneumotropes, antalgiques, médicaments des voies digestives, de lappareil cutané, les vitamines, les veinotoniques, lhygiène buccale et lophtalmologie.
La définition de lautomédication exclue les utilisations abusives ou détournées dans un but toxicomanogène ou dintoxication volontaire.
Récepteur présynaptique (voir ce terme) du neuromédiateur de la synapse.
Autorisation de lieux de recherche biomédicale
Autorisation délivrée par le Ministre de la Santé et les administrations qui le représentent pour effectuer dans certains lieux bien définis les études qualifiées de " Sans Bénéfice Individuel Direct " (SBID) de façon à garantir au mieux la sécurité des sujets se prêtant à cette recherche.
Plusieurs types dautorisations sont délivrés selon quil sagit de recherches physiopathologiques et physiologiques ou de recherches concernant le médicament ou les biomatériaux. Pour les médicaments, les lieux autorisés correspondent aux Services de Pharmacologie Clinique ou aux Centres dInvestigation Clinique (voir ce terme).
Autorisation de Mise sur le Marché, AMM (new drug application, NDA)
Autorisation administrative de commercialiser une spécialité pharmaceutique, dans des conditions et une (ou des) indication(s).
En France, cette autorisation est formalisée par l'ampliation d'AMM qui comprend :
- une lettre d'accord signée du Directeur Général de l'Agence du Médicament,
- le Résumé des Caractéristiques du Produit (RCP ou annexe I de l'AMM),
- le texte de la notice à l'usage du patient (package insert) ou annexe II de l'AMM,
- les informations devant figurer sur l'emballage du conditionnement de la spécialité (annexe III de l'AMM).
Une extension d'AMM est l'octroi d'une nouvelle indication thérapeutique à une spécialité pharmaceutique déjà autorisée.
Depuis 1995, deux procédures européennes de mise sur le marché coexistent, lune centralisée, lautre décentralisée :
- la procédure centralisée vise à obtenir le droit de commercialiser un médicament immédiatement et simultanément dans les 15 pays de lUnion Européenne. Le dossier est adressé à lAgence dEuropéenne du Médicament à Londres (European Medicine Evaluation Agency EMEA) qui doit statuer pour lensemble des pays de lUnion Européenne. La procédure centralisée concerne de façon obligatoire les produits issus des biotechnologies et de façon optionnelle les autres médicaments.
- La procédure décentralisée ou de reconnaissance mutuelle permet la reconnaissance par tous les pays à partir dune première AMM nationale. Elle sapplique à une majorité de médicaments conventionnels. Elle débute avec une demande dAMM nationale et en cas de décision positive, lEtat rapporteur transmet à lAgence Européenne du Médicament une copie de lAMM. Chacun des Etats concernés doit alors reconnaître lAMM initiale.
Autorisation Temporaire dUtilisation (ATU)
Acte administratif permettant lutilisation en France de certains médicaments dépourvus dAMM quand ils paraissent indispensables à la prise en charge de maladies graves sans alternative thérapeutique.
Les ATU sont délivrées par lAgence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé. On distingue des ATU produits (pour des médicaments compassionnels ou orphelins (voir ce terme)) et des ATU individuelles (nominales pour un malade). La poursuite de lévaluation conduira ultérieurement à loctroi dune AMM.
Aveugle (blind)
Traduction littérale du terme anglais blind à laquelle on doit préférer le terme dinsu.
Il est donc incorrect de parler de " simple aveugle ", de " double aveugle ", de " triple aveugle " ou de " levée daveugle ". On doit utiliser le terme " simple insu ", " double insu ", " triple insu " ou " levée dinsu ".
B
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Bénéfice individuel direct (personal therapeutic benefit)
Bénéfice attendu pour la santé ou le bien dun malade du fait de sa participation à une recherche biomédicale.
Selon les cas, une recherche biomédicale (par exemple un essai clinique) peut être qualifiée " avec ou sans bénéfice individuel direct ". Une recherche est dite " avec bénéfice individuel direct " si une partie, au moins, des sujets qui y participent peuvent en attendre un bénéfice pour leur état de santé ou de bien-être. Ainsi, un essai comparant, en insu, après tirage au sort, lefficacité dun traitement à un placebo peut être qualifié " avec bénéfice individuel direct " (bien que, par définition, une partie seulement des patients inclus reçoive le médicament actif).
Bénéfice thérapeutique (therapeutic benefit)
Amélioration mesurable de l'état de santé ou de bien-être d'un sujet ou d'une population en rapport avec l'utilisation d'un traitement, médicamenteux ou non.
Cette amélioration peut être immédiate ou retardée, transitoire ou définitive, mais doit être pertinente en termes defficacité (diminution de la mortalité, de la morbidité, amélioration de la qualité de vie, etc.) (voir ce terme).
Biais (bias)
Erreur de raisonnement ou de procédure amenant à une représentation faussée de la réalité.
Au sens strict, un biais revêt un caractère systématique et altère l'estimation dans un sens donné (synonyme : erreur systématique, systematic error). Le biais diffère donc de l'erreur aléatoire (random error) qui aboutit à une perte de précision de l'estimation mais non à sa déviation systématique dans un sens donné.
Il existe trois grands types de biais :
- biais de confusion (confounding bias) : erreurs survenant lorsque la mesure de la relation entre le médicament et le critère de jugement (effet du médicament) est modifiée par un facteur, appelé facteur de confusion, lié à la fois au facteur étudié et au critère de jugement.
Un exemple de biais de confusion peut être donné par lobservation dans les années 80 dune forte association entre la prise de contraceptifs oraux et le risque de mélanome malin. Il est apparu par la suite que les femmes qui utilisaient des contraceptifs oraux sexposaient davantage au soleil que les non-utilisatrices. Lajustement sur le temps dexposition solaire a réduit de manière importante la valeur du rapport de cote (odds ratio) quantifiant la force de lassociation entre mélanome malin et contraceptif oral. Lexposition au soleil, associée à la fois à la probabilité de prise dun contraceptif oral et de survenue dun mélanome malin, agissait dans cette étude en tant que facteur de confusion.
- biais de mesure (measurement bias) : erreurs systématiques pouvant sintroduire dans la mesure des phénomènes pris en compte chez les sujets entrant dans létude.
- biais de sélection (selection bias) : erreurs représentées par labsence de représentativité des sujets inclus dans létude, ne permettant pas la généralisation des résultats.
Biodisponibilité (bioavailability)
Vitesse et intensité de labsorption dans lorganisme à partir dune forme pharmaceutique du principe actif destinée à devenir disponible au niveau des sites daction (décret du 13 mars 1997).
Elle définit la fraction de la dose du médicament administrée qui atteint la circulation générale sous forme inchangée et la vitesse à laquelle elle latteint. On distingue :
- la biodisponibilité absolue : caractéristique du médicament, elle se détermine en comparant les taux sanguins après administration par voie intraveineuse et par voie orale.
- la biodisponibilité relative : caractéristique de la forme galénique, elle se calcule en comparant les taux sanguins après administration dune forme orale à tester et dune forme de référence.
Lorsque deux formes galéniques dun même médicament présentent la même biodisponibilité, on dit quelles sont bioéquivalentes.
Après administration intraveineuse, laire sous la courbe (ASC) correspond à une biodisponibilité qui, par définition, est de 100 %. Après administration buccale, lASC correspond à une biodisponibilité identique dans les meilleurs cas, généralement plus faible, parfois nulle (cas dun médicament non absorbé).
Bioéquivalence (bioequivalence)
Equivalence des biodisponibilités.
Pour un médicament " générique " (voir ce terme), on ne demande généralement pour lAMM (voir ce terme) quun essai de bioéquivalence [et pas dessai clinique defficacité (voir ce terme)].
Blisters (blisters)
Conditionnements primaires en plastique et aluminium thermosoudés contenant des unités de prise dans des alvéoles séparées.
Blocage des récepteurs (receptor blockade)
Interaction pharmacodynamique (voir ce terme) résultant de la fixation irréversible (ou difficilement réversible) dun antagoniste non compétitif (voir ce terme) sur un récepteur (voir ce terme), empêchant de ce fait la fixation dun agoniste (voir ce terme).
Prescription ou utilisation conforme aux recommandations et textes en vigueur.
Le bon usage concerne tout aussi bien le prescripteur (respect du résumé des caractéristiques du produit, des références médicales ) que le malade (respect des recommandations orales ou écrites quil sagisse dun médicament prescrit ou non).
Bonnes Pratiques Cliniques (BPC) (Good Clinical Practices)
Recommandations définissant les conditions qui permettent de garantir lexactitude et lexhaustivité des informations collectées lors dessais cliniques des médicaments chez lhomme dans lUnion Européenne.
Brevet (patent)
Titre de propriété industriel délivré par une autorité administrative compétente qui confère à son titulaire ou à ses ayants cause un droit exclusif dexploitation dune invention.
En France, les brevets délivrés par le Directeur de lInstitut National de la Propriété Industrielle ont une durée de vingt ans à compter du jour du dépôt de la demande du Code de la Propriété Intellectuelle. A expiration du brevet, linvention " tombe dans le domaine public " et peut donc être exploitée par tout tiers différent du titulaire du brevet [(par exemple sous forme de " génériques ( voir ce terme)].
C
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Cachet (cachet)
Forme pharmaceutique constituée par deux cupules de pain azyme de forme ronde, soit plates sur leurs bords et concaves dans leur partie centrale, soudées par compression, soit cylindriques et semboîtant lune dans lautre.
Les cachets servaient à ladministration par voie orale de doses unitaires de poudre active. Ils ne sont plus utilisés. Dans le langage courant, " cachet " est souvent employé comme synonyme de " comprimé " ou de toute autre forme solide orale (un cachet daspirine).
Cancérogenèse (cancerogenesis)
Etude de lensemble des mécanismes responsables du développement des cancers. En pharmacologie, les études de cancérogenèse recherchent chez lanimal ou sur des cultures cellulaires le potentiel dinduction de tumeur par un médicament.
Le terme doncogenèse serait mieux approprié, puisquil sagit de connaître si le produit provoque ou favorise lapparition de tumeurs.
Les capsules sont des globules creux, ovoïdes ou cylindriques, contenant une dose unitaire dun principe actif liquide ou pâteux. Les perles sont des capsules sphériques (formes pharmaceutiques).
Capture (uptake)
Mécanisme de transport actif par lequel un neuromédiateur passe de la fente synaptique à lintérieur dun neurone.
Il sagit de recapture lorsque le neurone en cause est celui qui est responsable de la sécrétion du neuromédiateur.
Cas-témoins (case-control, case-control design)
Voir étude cas-témoin.
Les cataplasmes sont constitués par une pâte obtenue en additionnant deau chaude de la fécule ou des mucilages (farine de lin) contenant ou non des topiques révulsifs (moutarde), placée entre deux gazes ou deux toiles. Les sinapismes sont des feuilles de papier fort recouvertes dune couche de farine de moutarde rendue adhérente par une colle.
Causalité (causality)
Etude du lien étiologique entre une exposition (par exemple la prise dun médicament) et la survenue dun évènement (désirable ou indésirable).
Lanalyse de causalité peut être abordée à léchelon dun individu ce qui renvoie à la problématique de limputabilité (" le médicament étudié est-il la cause de lévènement constaté chez ce malade ? ") ou à léchelon dune population : (" le médicament étudié est-il associé au risque de survenue dun évènement donné ? ").
Centres dEvaluation et dInformation sur la Pharmacodépendance (CEIP)
Structures régionales placées auprès des Services de Pharmacologie et chargées du suivi et de lévaluation des produits licites ou illicites donnant lieu à pharmacodépendance.
Les Centres dEvaluation et dInformation sur les Pharmacodépendances sont chargés :
" 1° de recueillir et dévaluer des données cliniques concernant les cas constatés de pharmacodépendance et dabus de substances, plantes, médicaments ou autres produits ;
2° de recueillir les éléments nécessaires à lévaluation du risque de pharmacodépendance et dabus de ces substances, plantes, médicaments et autres produits auprès des professionnels de santé ou de tout autre professionnel concerné, des centres spécialisés de soins aux toxicomanes et des établissements de santé, notamment auprès des Centres Anti-poisons, des Centres Régionaux de Pharmacovigilance et des Services dUrgences ;
3° de contribuer au développement de linformation sur le risque de pharmacodépendance et dabus de ces substances, plantes, médicaments ou autres produits, notamment en renseignant les différents professionnels concernés et en participant à linformation ;
4° de contribuer à la recherche sur le risque de pharmacodépendance et dabus de ces substances, plantes, médicaments ou autres produits ;
5° de conduire les enquêtes et travaux demandés par le Directeur Général de lAgence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé ;
6° de remplir auprès des établissements de santé et notamment de leurs instances consultatives spécialisées une mission dexpertise et de conseil ".
Les Centres dEvaluation et dInformation sur les Pharmacodépendances reçoivent les déclarations obligatoires des cas de pharmacodépendance graves ou dabus graves.
" Tout médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme ayant constaté un cas de pharmacodépendance grave ou dabus grave dune substance, plante, médicament ou autre produit mentionné à larticle R.5219-2, en fait la déclaration immédiate au Centre dEvaluation et dInformation sur les Pharmacodépendances sur le territoire duquel le cas a été constaté.
De même, tout pharmacien ayant eu connaissance dun cas de pharmacodépendance grave ou dabus grave de médicament, plante ou autre produit quil a délivré, le déclare aussitôt au Centre dEvaluation et dInformation sur les Pharmacodépendances sur le territoire duquel ce cas a été constaté.
Tout autre professionnel de santé ou toute personne dans le cadre de son exercice professionnel ayant eu connaissance dun tel cas, peut également en informer le Centre dEvaluation et dInformation sur les Pharmacodépendances sur le territoire duquel ce cas a été constaté " (article. 5219-13).
Les coordonnées des Centres dEvaluation et dInformation sur les Pharmacodépendances sont présentées dans les premières pages non numérotées du dictionnaire Vidal.
Centres dInvestigation Clinique (CIC)
Structure hospitalière spécifiquement créée pour réaliser des projets de recherche clinique.
Les CIC mettent à la disposition des investigateurs ,outre leurs compétences méthodologiques, des locaux comprenant 2 à 6 lits dédiés aux explorations en ambulatoire ou en hospitalisation de jour ou de nuit, une salle de consultation, un poste infirmer, un local technique et un secrétariat. Ils assurent le soutien logistique à la recherche clinique dans le cadre dun site hospitalier. Ils permettent au sujet sain ou malade qui se prête à des recherches biomédicales davoir toutes les garanties daccueil et de sécurité. Les CIC sont garants du respect de léthique ainsi que des bonnes pratiques cliniques et de laboratoire. Les CIC sont créés sur appel doffre conjoint INSERM Hôpitaux pour une durée de 4 ans renouvelable.
Parmi leurs activités, les CIC peuvent réaliser des essais cliniques de médicaments de phases I, II ou III.
Centres Régionaux de PharmacoVigilance (CRPV)
Organismes placés auprès dun Service de Pharmacologie ayant pour mission dans un secteur géographique déterminé,
1° de recueillir les déclarations deffets indésirables,
2° de procéder à des enquêtes de pharmacovigilance et de pharmacoepidemiologie,
3° deffectuer des recherches en pharmacovigilance et de pharmacoepidemiologie et
4° de constituer un Centre de Renseignement sur le Médicament. (article R.5144-19).
Les CRPV reçoivent les déclarations obligatoires deffets indésirables graves ou inattendus des médicaments. La liste et les coordonnées des Centre Régionaux de Pharmacovigilance sont présentées dans les premières pages non numérotées du dictionnaire Vidal.
Chronopharmacologie (chronopharmacology)
Etude de la variation des effets (chronopharmacodynamie) ou du métabolisme (chronopharmacocinétique) des médicaments en fonction du moment de leur administration, notamment au cours du nycthémère.
Lefficacité dun médicament peut ainsi se révéler meilleure si celui-ci est administré ou pris à un moment précis de la journée ou de la nuit. La prise en compte des données de la chronopharmacologie permet, notamment en cancérologie, doptimiser le rapport bénéfice/risque de certains médicaments.
Modèle pharmacocinétique dans lequel la vitesse délimination du médicament est proportionnelle à sa concentration.
On parle encore de cinétique de premier ordre. Lors dun processus de premier ordre, la demi-vie est constante et ne dépend pas de la dose administrée. La cinétique linéaire est le modèle le plus fréquemment retrouvé avec les médicaments.
Si un médicament subit un phénomène de saturation lié à son métabolisme, les mécanismes responsables sont dordre 0 : la vitesse délimination du médicament est constante au-dessus dune certaine concentration.
On parle encore de cinétique " saturable " ou " dose-dépendante ". Exemple : alcool, phénytoïne (Dihydan°).
Clairance plasmatique (plasma clearance)
Volume plasmatique totalement épuré dune substance pendant un temps donné.Elle sexprime en litre par heure ou en millilitre par minute. Plus un médicament présente une clairance plasmatique élevée, plus sa demi-vie est brève.
Classe pharmacologique (pharmacological class)
Ensemble des médicaments à la même propriété pharmacodynamique principale.
Exemples : anticalciques, bêta-bloquants, antihistaminiques H2, bêta-stimulants, corticoïdes
A différencier de classe thérapeutique (voir ce terme).
Classe thérapeutique (therapeutic class)
Ensemble des médicaments à même visée thérapeutique.
Exemples : antihypertenseurs, antiulcéreux, antiasthmatiques
A différencier de classe pharmacologique (voir ce terme).
Concentration plasmatique maximale dun médicament après son administration.
Cohorte (cohort)
Voir étude de cohorte.
Préparations destinées à être appliquées sur les gencives et les parois internes de la cavité buccale.
Collyre (eye-wash)
Soluté ou suspension dans leau (ou lhuile) destiné à être instillé dans le cul de sac conjonctival.
Les collyres doivent être isotoniques aux larmes, neutres et stériles. Ils sont habituellement présentés en flacon multi doses dun volume de quelques millilitres et dune durée dutilisation limitée en raison du risque de contamination microbienne après ouverture. Pour cette raison, ils peuvent contenir un conservateur qui peut être à lorigine de rares allergies. Les collyres sont aussi maintenant présentés sous forme de doses unitaires (uni doses = ophtadoses) sans conservateur.
Excipients, substances colorées servant de témoin dhomogénéité dun mélange (poudres) ou à identifier le médicament fini.
Comité Consultatif de Protection des Personnes se prêtant à la Recherche Biomédicale (CCPPRB)
Autorité régionale administrative indépendante dotée de la personnalité juridique rendant un avis sur les conditions de validité dune recherche biomédicale.
Il est constitué de médecins, pharmaciens, infirmiers, juristes, psychologues et moralistes. Les CCPPRB ont pour rôle dexaminer le protocole et les documents afférents soumis par linvestigateur principal dun essai ou dune recherche, notamment en ce qui concerne :
- le caractère acceptable de la recherche au vu de son intérêt scientifique,
- les dispositions prises pour minimiser les contraintes et les risques induits,
- linformation donnée à la personne en vue de lobtention de son consentement éclairé.
Comité Economique du Médicament
Organisme administratif fixant le prix des médicaments remboursables et compétent en matière de conventions entre lEtat et les industries pharmaceutiques.
Le Comité Economique du Médicament est une structure indépendante de lAgence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (voir ce terme), directement sous lautorité du Ministère de la Santé. Elle fixe le pourcentage de remboursement des médicaments en fonction du niveau dASMR (voir ce terme).
Comité des Spécialités Pharmaceutiques (CSP)
Organisme technique consultatif de lAgence Européenne du Médicament.
Commission consultative, placée auprès de lAgence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé, ayant compétence pour émettre des avis sur loctroi, le refus, lextension, le renouvellement ou le retrait de lAutorisation de Mise sur le Marché (A.M.M.) des spécialités pharmaceutiques, avant décision du directeur général de lAgence.
Commission Nationale de Pharmacovigilance
Commission Consultative ayant pour mission dévaluer les effets indésirables des médicaments et de donner au directeur général de lAgence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé des avis sur les mesures à prendre.
Les avis peuvent être une information (ou une modification de linformation RCP) sur le médicament, la mise en place détudes spécifiques (de type cohorte ou cas-témoin), ou encore la suspension temporaire ou définitive de lAMM (voir ce terme).
Commission Nationale des Stupéfiants et des Psychotropes
Commission consultative siégeant auprès de lAgence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé ayant pour missions :
" 1° dévaluer le risque de pharmacodépendance et dabus des substances, plantes, médicaments ou autres produits et leur conséquence pour la santé publique ;
2° de proposer au Ministre chargé de la Santé et au Directeur Général de lAgence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé les enquêtes de travaux quelle estime utile à laccomplissement de ces missions ;
3° de donner au Ministre chargé de la Santé et au Général de lAgence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé des avis sur les mesures à prendre pour préserver la santé publique dans les domaines de la lutte contre la pharmacodépendance ou labus, ainsi que sur toute question que lui soumet le Ministre ou le Directeur Général ".
Lappréciation du rapport bénéfice/risque dun nouveau médicament, réalisée au cours de lautorisation de mise sur le marché (AMM), ne constitue quune étape dans lévaluation du nouveau produit par lAgence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé.
Après la décision de la Commission dAMM, tout médicament, qui demandent le statut de médicament remboursable, doit être étudié par la Commission de Transparence. Celle-ci donne son avis sur linscription sur la liste des médicaments remboursables après avoir établi une note dASMR (Amélioration du Service Médical Rendu) (voir ce terme).
Comparaison (comparison)
" Action de mettre sur le même plan pour chercher des ressemblances, des différences ".
Pour être interprétable, un essai clinique doit être obligatoirement comparatif.
Compartiment (compartment )
Volume réel (par exemple volume de sang appelé " premier compartiment ") ou volume fictif (par exemple ensemble de lorganisme hormis le sang, appelé " deuxième compartiment ") dans lequel le médicament se distribue.
La notion de compartiment permet de modéliser le devenir cinétique dun médicament.
Compliance (compliance)
Traduction anglaise du mot " observance " fréquemment utilisé de manière abusive en français.
Il est, de même, incorrect, de parler de malade " compliant " ou " non compliant ".
Comprimé (tablet)
Forme pharmaceutique solide obtenue par lagglomération sous pression dun ou plusieurs principes actifs sous forme de poudre, additionnée ou non dexcipient ou dautres substances inactives.
Les comprimés sont de forme variable, la plus fréquemment rencontrée étant cylindrique et aplatie, parfois en bâtonnets. Ils permettent dadministrer par voie orale des doses unitaires dans une gamme allant en règle du centigramme au demi gramme. Ils peuvent être sécables, habituellement en deux, parfois en quatre. Ils peuvent être protégés de lattaque des sucs gastriques par un enrobage : il sagit alors de comprimés gastrorésistants.
Union de principe actif (ou dun métabolite) avec une molécule endogène.
Consentement éclairé (informed consent)
" Acceptation libre et formellement exprimée dune personne en vue de participer à un essai donné. Cette acceptation formelle ne doit être demandée quaprès information de la personne précisant les objectifs, les bénéfices, les risques et les inconvénients potentiels liés à lessai ; la personne doit également être informée de ses droits et responsabilités, conformément à la version en vigueur de la déclaration dHelsinki ".
Tout volontaire sain (phase I) ou malade (phases II, III) participant à un essai clinique doit donner son consentement éclairé.
Excipients, substances destinées à empêcher la dégradation chimique ou laltération microbiologique dun médicament.
Contrôle (control)
Terme impropre dérivé du mot anglais control qui signifie témoin.
Ainsi, on doit parler détude cas-témoins et non détude cas-contrôles, de groupe témoin ou de groupe de référence et non de groupe contrôle, dessai clinique avec groupe de référence et non dessai contrôlé.
Cote (odds)
Probabilité de survenue d'un événement divisée par la probabilité de non survenue de cet événement.
Dire que la cote en faveur de tel évènement est de 8 signifie que cet évènement a 8 fois plus de chances de se produire que de ne pas se produire au cours de la période considérée.
Processus biochimiques intermédiaires entre la fixation du médicament sur le récepteur et leffet pharmacodynamique.
On parle par exemple de récepteur couplé aux protéines G.
Courbe dose-effet ou concentration-effet (dose-effect curve, concentration-effect curve)
Courbe représentant graphiquement la relation entre lintensité dun effet pharmacodynamique et le logarithme de la dose (ou de la concentration) du médicament.
Préparations de constitution semblable à celle des pommades mais de consistance plus fluide en raison de la présence dau moins 20 % deau.
Critère clinique (clinical criteria)
Un critère est dit clinique sil traduit une amélioration quantitative ou qualitative de la santé consciente du patient.
Seuls les critères cliniques peuvent fonder lévaluation du rapport bénéfice/risque dun médicament car ce sont les seuls qui expriment directement les objectifs du médecin.
Au nombre des critères cliniques, il faut compter :
1° lamélioration de la qualité de vie
2° lamélioration de probabilité de survie
3° la disparition dun symptôme douloureux, gênant ou invalidant
4° le retour plus rapide à létat de bonne santé
5° la prévention de létat morbide.
Les critères cliniques sopposent aux critères intermédiaires (dessence essentiellement biologique ou radiologique) (voir ce terme).
Association disparate de plusieurs critères de jugement pour évaluer leffet de médicaments lors dessais cliniques.
On assiste actuellement malheureusement dans la présentation des résultats des essais cliniques, à lutilisation de critères de jugements dits " combinés ". Ces " combinaisons " associent des évènements distincts voire disparates, intentionnellement incomplets. On utilise cet artifice pour augmenter la probabilité de mettre en évidence une différence " statistiquement significative " entre les médicaments comparés, tout particulièrement lorsque lessai est de taille réduite ou lorsque les médicaments, daction voisine, savèrent difficiles à départager. On associe donc dans ces critères " combinés " des situations hétérogènes comme décès, morbidité ou encore nombre dhospitalisations ou de ré hospitalisations Ces différents évènements nont bien sûr rien à voir entre eux : ils ne révêtent pas la même importance pour le médecin ou le malade. Ce recours aux critères " combinés " permet ainsi de distinguer " statistiquement " et artificiellement certains médicaments entre eux sans que ceci corresponde à une différence véritable en clinique
Il faut proscrire dans lévaluation des médicaments lutilisation des critères de jugement " combinés " pour utiliser des critères cliniques pertinents (cest-à-dire importants pour le malade et le médecin) et surtout validés (les critères " combinés " ne sont généralement pas validés, cest-à-dire vérifiés).
Critère intermédiaire (intermediary endpoint)
Modification dun paramètre paraclinique (électrocardiographique, radiolographique, ultrasonore ) ou biologique (uricémie, glycémie, cholestérolémie ) sous leffet dun médicament.
La modification dun critère intermédiaire ne constitue pas un objectif final pour lévaluation dun médicament car elle ne traduit pas forcément une amélioration de la qualité de vie du malade ou de son état de santé. Le critère intermédiaire soppose au critère clinique (voir ce terme).
Un critère intermédiaire est utile pour les phases précoces du développement dun médicament. Il peut en outre servir pour lajustement individuel de la posologie (exemple : le taux de prothrombine pour les anticoagulants oraux). Mais, il ne saurait être la pierre angulaire de la démonstration du bénéfice dun médicament.
Critère de substitution (surrogate endpoint)
Critère de jugement prédictif dévolution dun critère clinique. Le critère de substitution peut remplacer le critère clinique quand lemploi de ce dernier se révèle difficile, voire impossible (notamment pour des raisons de taille déchantillons, de durée détude ou déthique).
Un critère de substitution nest acceptable que si :
- son évolution est fiable, non ambigu et reproductible,
- il existe une relation, claire et bien établie entre ce critère de substitution et le critère clinique pertinent,
- il a été démontré que son évolution est corrélée, de façon réciproque à celle du critère clinique pertinent (valeur prédictive forte). Ceci signifie quune évolution favorable ou défavorable du critère de substitution est prédictive dune évolution de même sens du critère clinique pertinent.
Exemples de critères de substitution : taux de CD4, électromyographie, visualisation dune tumeur La force de lhabitude considère la pression sanguine artérielle comme un critère de substitution. Rien ne permet aujourdhui daffirmer que ce choix est judicieux. En effet, il reste à évaluer le bénéfice clinique (en terme de morbi-mortalité) avec tout antihypertenseur puisque le risque médicamenteux final peut être dune autre nature que le critère clinique et diminuer ainsi le bénéfice théorique pour annuler voire rendre négatif le bénéfice réel (cas des anticalciques).
Les critères de substitution sont trop souvent choisis dans les essais cliniques (même sils ne sont pas forcément validés) (voir ce terme).
Croisement de fichiers (record linkage)
Méthode consistant à réunir les données de deux ou plusieurs fichiers complémentaires, de manière à permettre une analyse de type épidémiologique, par exemple de type cohorte ou cas-témoins.
On peut ainsi utiliser les données dun registre pour sélectionner des sujets ayant présenté une maladie donnée et rechercher leur éventuelle exposition à un médicament dans un fichier de prescription. A linverse, un fichier de prescription peut servir à identifier les personnes traitées ou ayant été traitées par un médicament donné, un fichier dhospitalisation à rechercher celles hospitalisées pour un évènement grave.
Cross-over (cross-over)
Voir essai croisé.
Cytochromes P450(cytochromes P450)
Les cytochromes P450 (CYP) sont des enzymes ubiquitaires intervenant dans le métabolisme de substrats endogènes ou exogènes, notamment médicamenteux. Ils se répartissent en familles (CYP 1 2 3) et sous-familles (CYP 1A 2C 2 D et 3A). Parmi ces sous-familles, les principaux CYP impliqués dans le métabolisme des médicaments sont :
les CYP 1A2 ; CYP 2C9 ; CYP 2 C19 ; CYP 2D6 ; CYP 3A4.
Le métabolisme des médicaments, principalement hépatique, fait intervenir :
Chez lhomme, le CYP 3A4 est quantitativement le plus important : il représente 30 % du contenu hépatique en CYP et est également présent au niveau intestinal (entérocytes). Environ la moitié des médicaments métabolisés le sont par lintermédiaire du CYP 3A4.
Un certain nombre de médicaments, métabolisés préférentiellement par un CYP, peuvent donner lieu à des interactions cliniquement significatives : il sagit des médicaments appelés inducteurs et inhibiteurs enzymatiques.
Ils augmentent la synthèse ou lactivité des CYP.:
1 Anti-infectieux :
-antituberculeux (rifampicine RIFADINE°, rifabutine ANSATIPINE°),
-antiviraux inhibiteurs de la reverse transcriptase (efavirenz SUSTIVA°, névirapine VIRAMUNE°),
-antifongique (griséofulvine, GRISEFULINE°)
2 Antiépileptiques de première génération :
-carbamazépine TEGRETOL°,
-barbituriques GARDENAL°et autres
-phénytoïne DIHYDAN°
3 Millepertuis : St Johns word
4 Tabac, alcool (prise chronique).
Linduction nest pas spécifiquement dun seul CYP mais concerne principalement les CPY 2C et 3A.
Linduction est progressive et atteint son maximum en 10 à 15 jours. De la même façon, cet effet disparaît progressivement à larrêt de linducteur. Elle se traduit sur le bilan biologique du patient par une élévation du taux de certaines enzymes hépatiques, comme les gamma-GT par exemple.
Linhibition, à linverse de linduction, sexerce plus sélectivement au niveau de un ou, plus rarement, deux CYP.
2a- inhibiteurs du CYP 3A4 :
-macrolides (" mycine "),
-antiprotéases (" avir "),
-anticalciques bradycardisants (diltiazem TILDIEM°, vérapamil ISOPTINE°),
-antifongiques azolés (" conazole "),
-amiodarone CORDARO NE°,
-jus de pamplemousse.
2b- inhibiteurs du CYP 2D6 :
-inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (antidépresseurs) : fluoxétine PROZAC° paroxétine DEROXAT°
Linhibition, à linverse de linduction, est rapide et répond schématiquement à deux mécanismes :
- une réelle inactivation du CYP par linhibiteur ;
- une compétition au niveau dun même CYP entre deux substances :
. administrées simultanément,
. fixées et métabolisées par le même CYP.
Ce deuxième mécanisme, plus fréquemment impliqué, résulte dune affinité de la substance inhibitrice pour le CYP considéré, qui est supérieure à celle de la substance inhibée. En fonction de leur degré daffinité pour un CYP donné, certains médicaments peuvent, dans ces conditions, se comporter comme des inhibiteurs du métabolisme de médicaments moins affines, mais aussi avoir leur métabolisme inhibé par dautres médicaments plus affines.
En cas de prescription dune association médicamenteuse, il convient de vérifier la présence dinducteurs ou dinhibiteurs:
- leur association à des médicaments à risque doit être prise en compte et se révèle dautant plus problématique, voire dangereuse, que la marge thérapeutique du médicament associé est étroite ;
- les inducteurs, en accélérant le métabolisme de certains médicaments, peuvent, par diminution de leurs concentrations plasmatiques, entraîner des diminutions notables defficacité aux conséquences :
. graves (par exemple, rejet de greffe en présence dimmunosuppresseurs) ;
. inattendues (par exemple, échec dune contraception orale) ;
- les inhibiteurs, en ralentissant le métabolisme de certains médicaments peuvent, par augmentation de leurs concentrations plasmatiques, majorer le risque deffets indésirables avec des conséquences parfois graves.
Dans certains cas, pour contrebalancer leffet de linteraction, il est recommandé de modifier la posologie du médicament associé à un inducteur ou à un inhibiteur :
- augmentation avec un inducteur ;
- diminution avec un inhibiteur.
Les recommandations dadaptation de posologie figurent sous la rubrique " Interactions " et dans le livret " Interactions médicamenteuses ", additif au dictionnaire Vidal.
Ladaptation de posologie préconisée peut parfois être guidée :
Larrêt dun inducteur ou dun inhibiteur doit saccompagner :
- dun retour à la posologie initiale du médicament associé,
-dun suivi dautant plus rigoureux que le médicament associé a une marge thérapeutique étroite.
D
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DDD (Defined Daily Dose)
Dose de médicament nécessaire pour une journée de traitement dans des conditions standardisées.
Il sagit dune posologie étalon recommandée dans la littérature scientifique, pour un médicament, utilisé dans une indication donnée, de manière à obtenir ou maintenir leffet thérapeutique chez un sujet standard. La DDD peut donc différer de la posologie quotidienne moyenne (PQM), réellement prescrite ou utilisée, si les médecins ou les malades ne suivent pas, à tort ou à raison, ces recommandations. Pour certains médicaments, la pratique a abouti, au bout de plusieurs années, à revoir, à la baisse ou à la hausse, la posologie recommandée au départ. On peut, cependant, en première analyse, considérer, par défaut que la DDD est équivalente à la posologie quotidienne moyenne.
Si la posologie quotidienne recommandée (DDD) pour un médicament antihypertenseur est de 1,5 comprimé et que 12 500 boîtes de 30 comprimés de ce médicament ont été vendues dans une région en une année, cela correspond à un total de (12 500 x 30)/1,5 = 250 000 DDD soit à 250 000 jours-traitement par ce médicament mais ne renseigne pas sur le nombre de patients traités durant la période. Il peut, par exemple, sagir de 250 000/30,4 = 8 200 patients traités un mois ou de 250 000/365 = 685 patients traités par an.
La DDD a été recommandée par lOMS pour les comparaisons internationales de consommation de médicaments ; on utilise alors le nombre de DDD pour 1 000 habitants et par jour.
Ainsi, 2 DDD/1 000 h/jour voudra dire, si les ventes sont stables, que chaque jour, dans ce pays, 2 habitants sur 1 000 (0,2 %) sont traités par ce médicament.
Le terme de defined daily dose peut se traduire en français par posologie ou dose quotidienne recommandée.
Déclaration (reporting)
En pharmacovigilance, synonyme de notification (voir ce terme).
Déclaration obligatoire (mandatory reporting)
Obligation légale faite à un professionnel de santé observant un effet indésirable dun médicament de signaler ce cas à une structure de pharmacovigilance.
En France, en matière de pharmacovigilance, la déclaration des effets indésirables graves ou inattendus (voir ces termes) est obligatoire pour les médecins, chirurgiens-dentistes et sages-femmes quils aient ou non prescrit le (ou les) médicament(s) suspecté(s). Cette disposition a été secondairement étendue aux autres professions de santé, notamment aux pharmaciens. De même, tout industriel doit déclarer à lAgence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de santé les cas deffets indésirables, dont il a connaissance, susceptibles dêtre dus aux médicaments quil commercialise (décret n° 95-277 du 7 mars 1995).
De même, en matière de pharmacodépendance, la déclaration des cas de pharmacodépendance graves ou dabus graves est obligatoire pour les mêmes personnes au Centre dEvaluation et dInformation sur les Pharmacodépendances (voir ce terme).
Décrit, non décrit (labelled, unlabelled)
Par convention, un effet indésirable est dit décrit sil est clairement mentionné dans la dernière version du résumé des caractéristiques du produit (RCP) (ou, dans le cadre dun essai clinique, dans celle de la brochure investigateur).
Inversement, un effet sera dit non décrit sil nest pas cité dans ces documents, même sil a fait lobjet dune ou plusieurs publications dans la littérature scientifique.
Demi-vie plasmatique dun médicament (plasma half life)
Temps pendant lequel la concentration plasmatique décroît dune valeur quelconque à la moitié de cette valeur. Il sagit dune caractéristique du médicament liée à la forme galénique (on doit parler en fait de demi-vie plasmatique délimination).
La connaissance de la demi-vie plasmatique dun médicament permet généralement de fixer le rythme dadministration de celui-ci. Le plateau à léquilibre (steady state) est atteint au bout de 5 demi-vies (voir ce terme).
La règle des 7 demi-vies indique quau bout de ce temps, lorganisme est quasi totalement épuré du médicament.
On utilisera la règle des 5 demi-vies pour juger de leffet pharmacologique maximal du médicament et celle des 7 demi-vies lorsque lon veut substituer un second médicament interférant potentiellement avec le premier.
Demi-vie biologique ou pharmacologique (biological half life)
Temps nécessaire pour une division par deux de lintensité de leffet pharmacodynamique du médicament.
Il existe plusieurs dénominations du médicament :
- scientifique suivant les règles de nomenclature de lUnion Internationale de Chimie (exemple : 3-chloro-hydroxy-methyl-barbiturique)
- commune internationale (DCI) : nom simple et utilisable en tout pays, proposée par lOMS (exemple : propranolol, captopril ). Le segment-clé permet de reconnaître la classe pharmacologique dappartenance (voir deuxième partie du lexique).
- commerciale : nom de fantaisie faisant lobjet de marque déposée par un industriel et reconnaissable par le signe â (ce qui signifie " registered ").
On utilise de plus en plus souvent la DCI comme nom de spécialité des génériques suivis du suffixe Gé.
Dépendance physique (physical dependence)
Etat adaptatif, caractérisé par lapparition de troubles physiques parfois intenses lorsque ladministration du produit est suspendue brusquement : leur ensemble constitue le syndrome de sevrage ou dabstinence.
Dépendance psychique (psychic dependence)
Désir souvent irrépressible de répéter les prises du produit afin de retrouver les sensations agréables ou extraordinaires quil est capable de donner.
On la désignait autrefois sous le nom dassuétude.
Désensibilisation homologue (homologuous desensitization)
Diminution de la réponse de leffecteur à lagent spécifique stimulant le récepteur impliqué dans leffet lors dune stimulation (ou administration) ultérieure.
Exemple : diminution de la réponse bêta-adrénergique à la suite dun traitement chronique par un agoniste bêta-adrénergique.
A différencier de down-regulation (voir ce terme) qui concerne uniquement le nombre des récepteurs.
Désensibilisation hétérologue (hetereloguous desensitization)
Diminution de la réponse du récepteur à un médicament spécifique entraînée par dautres médicaments non spécifiques de ce récepteur.
Exemple : diminution de la réponse bêta-adrénergique à la suite dun traitement chronique par un antithyroïdien de synthèse.
Travaux (expérimentations, essais cliniques, mises au point chimiques et industrielles, etc. ) préalables à la demande de mise sur le marché.
On distingue entre autres le développement pré clinique (voir ce terme) et le développement clinique (voir ce terme).
Essais cliniques des médicaments (phases I, II et III) en vue de lobtention ou de la modification de lAMM (dossier clinique).
Expérimentation in vitro et in vivo chez lanimal en vue de lobtention ou de la modification de lAMM (dossier pharmaco toxicologique).
Distribution pharmaceutique (pharmaceutical distribution)
Maillons de la chaîne pharmaceutique compris entre la fabrication (après libération de lots à la vente) et la mise à la disposition de lutilisateur et confiés à la responsabilité de pharmaciens.
Données actuelles de la science (DAS)
Ensemble des connaissances médicales acquises à un moment donné au moyen de méthodes scientifiques rigoureuses, qui ont force de lévidence et qui, en vertu de leur valeur intrinsèque, simposent au médecin.
Les données actuelles de la science sont à la base de la médecine " factuelle " ou encore " médecine fondée sur les preuves " (evidence based medicine).
Utilisation en vue ou à loccasion dune compétition sportive, de substances ou de tous moyens destinés à augmenter artificiellement les performances, dans des conditions contraires à léthique sportive et préjudiciables à lintégrité physique et psychique de lathlète.
On entend par dopage le fait (1) dutiliser des substances ou procédés interdits, (2) dadministrer ou dappliquer ces substances ou procédés ou (3) dinciter à leur usage ou den faciliter lutilisation.
Dose déterminant le même effet pharmacodynamique chez 50 % des individus (animaux en pharmacologie expérimentale ou hommes en pharmacologie clinique) étudiés.
Dose de charge (loading dose)
On administre une dose de charge dun médicament lorsque lon veut obtenir très rapidement une concentration plasmatique efficace.
Ainsi, on nattend pas les 5 demi-vies habituelles nécessaires pour obtenir le plateau thérapeutique. La dose de charge est toujours supérieure à la dose dentretien.
Dose létale 50 (DL 50) (letal dose)
Dose nécessaire pour provoquer la mort de 50 % des animaux testés.
La dose létale sétudie en pharmacologie expérimentale lors des phases précoces de développement du futur médicament afin détudier lindex de sécurité absolue (voir ce terme).
Dose quotidienne certifiée ou recommandée
Traduction française de Defined Daily Dose (voir " DDD ").
Dose seuil (treshold dose)
Cest la plus faible dose révélant un effet pharmacodynamique.
Dose unitaire (unit dose)
Quantité minimale dun médicament destiné à être administré en une fois.
Double aveugle (double blind)
Terme impropre, à remplacer par double insu (voir insu).
Double insu (double blind)
Voir insu.
Diminution du nombre de récepteurs due à la stimulation excessive de celui-ci par un médicament agoniste (ou un neurotransmetteur).
Exemple : le traitement chronique par les bêta-stimulants peut aboutir à une diminution du nombre des récepteurs bêta-adrénergiques bronchiques.
A différencier de désensibilisation (voir ce terme).
Dragée (ou comprimé enrobé dragéifié)
Forme pharmaceutique solide comportant le plus souvent un noyau comprimé enrobé de sucre.
Drogue (drug)
Substance (médicamenteuse ou non) dont labus peut donner lieu à (pharmaco)dépendance (voir " dépendance ").
Le terme " drogue " ne doit pas, malgré la similitude avec le terme anglais " drug ", sutilise pour désigner un médicament (voir " stupéfiants ").
E
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Excipient, modificateur du goût permettant de rendre une préparation destinée à la voie orale agréable et/ou de masquer le mauvais goût dun principe actif.
Organe cible au niveau duquel la transmission de linformation entraîne un effet (ou une réponse) pharmacodynamique
Effervescent (effervescent)
Poudre ou comprimé qui, au contact de leau, se dissout en dégageant du gaz carbonique.
Effet (effect, reaction)
Modification dun état antérieur qui peut être raisonnablement attribuée à une exposition, en particulier à un médicament (exemple : effet pharmacologique, effet indésirable).
Si la relation causale avec le médicament nest pas établie ou, au moins, fortement suspectée, il convient dutiliser le terme " événement " (voir ce terme). Cest le cas en particulier dans les essais cliniques.
Effet indésirable (adverse drug reaction, adverse effect, untoward effect)
Manifestation nocive, non désirée, survenant chez un patient traité (ou ayant été traité) par un médicament et attribuée à ce dernier.
En fonction de leur mécanisme de survenue, les effets indésirables peuvent être qualifiés dattendus ou dinattendus.
Effet indésirable attendu (expected adverse drug reaction)
Manifestation nocive, non désirée, attribuée à un médicament, survenant chez certains malades, dont la survenue est a priori en rapport avec une propriété pharmacologique connue du principe actif.
La connaissance de lensemble des propriétés pharmacologiques dun médicament permettrait dattendre, de prévoir ces effets indésirables attendus.
Exemples : broncho constriction sous bêta-bloquant (bloc des récepteurs bêta2-adrénergiques bronchiques), amnésie sous benzodiazépine, hémorragie digestive sous anti-inflammatoire non stéroïdien (inhibition de la synthèse des prostaglandines cytoprotectrices).
Un effet indésirable attendu sera retrouvé chez une proportion non négligeable de malades traités. Il est généralement dose dépendant et peut être reproduit, en totalité ou en partie, chez lanimal. On utilise également le terme d " effet indésirable de type A " (A pour Attendu) (Type A reaction).
Enfin, et par extension quelle que peu abusive, effet attendu est considéré actuellement comme synonyme deffet décrit (voir ce terme). Les définitions internationales actuelles définissent ainsi leffet indésirable attendu comme une manifestation clairement mentionnée dans la dernière version du résumé des Caractéristiques du Produit (RCP) (voir ce terme) (ou de la brochure investigateurs dans le cadre dun essai clinique).
Effet indésirable inattendu (unexpected adverse drug reaction)
Manifestation nocive, non désirée, attribuée à un médicament, survenant chez certains malades, mais, a priori, sans rapport avec lune de ses propriétés pharmacologiques connues.
On admet généralement que leffet indésirable inattendu révèle un (ou plusieurs) facteur(s) de risque inhérent(s) à certains malades (sensibilisation immuno-allergique antérieure, anomalie du métabolisme, déficit en un acide aminé donné, population particulière de récepteurs, etc.). Selon la distribution de ce (ou de ces) facteur(s) dans la population exposée, lincidence de leffet peut être faible ou très faible. La non-connaissance a priori de ces facteurs de risque justifie lappellation inattendu même si, secondairement, on peut en établir le mécanisme.
On désigne également leffet indésirable inattendu sous le terme d " effet indésirable de Type B " (B pour Bizarre) (Type B reaction).
Enfin, par extension quelle que peu abusive, les définitions internationales actuelles qualifient dinattendu un effet indésirable non décrit, cest-à-dire non mentionné dans la dernière version du Résumé des Caractéristiques du Produit (RCP) (ou de la brochure investigateur dans le cadre dun essai clinique).
Effet latéral (side effect)
Traduction littérale du terme anglais side effect à laquelle on doit préférer celle deffet secondaire (voir ce terme).
Effet nocebo (nocebo effect)
voir: effet placebo.
Effet pharmacodynamique (pharmacodynamic effect)
Modification du fonctionnement dun système (ou dun organe ou dun tissu ou dune cellule), quantifiable et reproductible, généralement dose-dépendante, en rapport avec ladministration dun médicament à un organisme vivant (quel quil soit, animal ou homme).
La mise en évidence dun effet pharmacodynamique ne préjuge pas de lexistence dune efficacité (voir ce terme) thérapeutique.
Effet placebo (placebo effect)
Modification de létat de santé ou de bien-être dun sujet non explicable par une propriété pharmacologique connue du médicament utilisé mais en rapport avec le contexte psychologique lié à la prescription, son environnement ou la confiance du malade dans lefficacité du médicament.
Leffet placebo sobserve également avec des traitements non médicamenteux.
Létymologie du mot placebo (du latin, je plairai) restreint, en principe, la définition aux effets bénéfiques espérés par le patient. Pour les manifestations indésirables en rapport avec la prise dun médicament dénué dactivité pharmacologique, on parle deffet nocebo (nocebo effect).
Effet de premier passage (first pass effect)
Captage et métabolisation du principe actif par les premiers organes traversés (foie, poumons ) avant le passage dans la circulation générale.
On parle le plus souvent deffet de premier passage hépatique qui, sil est important, réduira la quantité de médicament arrivant dans la circulation générale (et donc sa biodisponibilité).
Effet protecteur (protective effect)
Diminution du risque en rapport avec une exposition ou un autre facteur qui se traduit par un risque relatif ou un odds ratio significativement inférieur à 1 lors de la comparaison avec un groupe de référence.
Effet secondaire (side effect)
Effet dun médicament en rapport avec une de ses propriétés pharmacologiques annexes et donc connues.
Exemple : effet antinaupathique des antihistaminiques H1 (lié à leur propriété anticholinergique) ; hypotension orthostatique (en relation avec le pouvoir alpha-adrénolytique) des neuroleptiques ou des antidépresseurs imipraminiques.
Un effet secondaire peut avoir des conséquences nocives ou non.
Bien différencier effet secondaire et effet indésirable (voir ce terme).
Effet thérapeutique (therapeutic effect)
Amélioration mesurable, immédiate ou retardée, transitoire ou définitive, de létat de santé ou de bien-être dun sujet en rapport avec lutilisation dun médicament et explicable dune part par une ou plusieurs des propriétés pharmacologiques du médicament et dautre part par les effets de la prise en charge globale par le médecin (effet médecin, effet placebo ).
Leffet thérapeutique va donc au-delà du simple effet pharmacologique du médicament.
Effet toxique (toxic effect, toxic reaction)
Vient de la racine " toxkon " qui veut dire " poison pour flèches ".
Manifestation nocive découlant de ladministration dune dose toxique (cest-à-dire supra thérapeutique) dun médicament.
Un effet toxique peut découler de ladministration dune forte dose pendant un temps court ou très court (intoxication ou toxicité aiguë) ou dadministrations répétées aboutissant à une dose cumulée trop forte (toxicité cumulative, toxicité chronique).
Il faut bien différencier effet " toxique " deffet " indésirable " et ne pas utiliser un mot pour lautre. Il est évident que si un médicament est " toxique ", les autorités administrative ne recommandent pas sa mise sur le marché ! Par contre, sil présente des effets indésirables identifiés et si son rapport bénéfices/risques savère malgré tout positif, il recevra un avis favorable des agences réglementaires.
Efficace (effective)
Qui produit leffet attendu. Un médicament est dit efficace sil est susceptible dinduire un bénéfice thérapeutique.
En pharmacologie, le terme d " efficacité " regroupe trois sens à bien différencier (et à connaître) :
- activité (efficacy), ou efficacité théorique ou potentielle telle quelle peut être étudiée par exemple en phase III (voir ce terme) dans les essais cliniques (voir ce terme) par leffet du médicament sur un critère intermédiaire (voir ce terme),
- efficacité (effectiveness), ou efficacité réelle évaluée par exemple en phase IV (voir ce terme) par la modification par le médicament dun ou plusieurs critères cliniques (voir ce terme), comme par exemple la morbi-mortalité dune maladie. Il sagit dune approche pragmatique en situation réelle,
- efficience (efficiency), cest-à-dire lefficacité (au sens effectiveness) en tenant compte du coût et du temps. Un traitement sera plus efficient quun autre sil permet dobtenir le même bénéfice thérapeutique avec une durée et/ou un coût moindre(s).
Efficacité (efficacy, effectiveness, efficiency)
Voir efficace.
Embryotoxicité (embryotoxicity)
Atteinte du foetus par une substance chimique médicamenteuse ou non.
Lembryolétalité est la manifestation la plus évidente de lembryotoxicité. La recherche dune embryotoxicité fait partie des études de segment II (études concernant lexposition " in utero ").
Equivalent thérapeutique (Me Too drug)
Ensemble des principes actifs et spécialités pharmaceutiques permettant de traiter la même pathologie, et en principe avec une efficacité comparable, en règle avec le même mécanisme daction.
Deux me too (littéralement " moi aussi médicament ") appartiennent ainsi généralement à la même famille pharmacologique.
Essai clinique (clinical trial)
" Tout essai systématique dun médicament chez lhomme, mené sur des volontaires malades ou sains, afin den mettre en évidence ou den vérifier les effets et (ou) didentifier tout effet indésirable et (ou) den étudier labsorption, la distribution, le métabolisme et lexcrétion pour en établir lefficacité et la sécurité demploi ".
En France, le terme essai clinique, contrairement à celui détude, désigne plutôt une recherche à caractère expérimental entrant, du fait de son protocole contraignant, dans le cadre de la loi Huriet-Sérusclat (voir ce terme).
Essai clinique de Phase I (Phase I clinical trial)
Premiers essais dun nouveau principe actif chez lhomme.
Ces essais, généralement menés dans des structures autorisées (Services hospitaliers de Pharmacologie Clinique ou Centres dInvestigation Clinique, voir ce terme) pendant des périodes courtes (quelques jours) sur un faible nombre (quelques dizaines) de volontaires sains, ont pour objectif dévaluer les effets (pharmacodynamiques, secondaires et indésirables)