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A

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Absorption (absorption)

Processus par lequel un médicament déposé à la surface d’un tissu parvient dans la circulation.

L’absorption d’un médicament peut être digestive, pulmonaire, cutanée, oculaire…

Abus (abuse)

" Utilisation excessive volontaire, permanente ou intermittente, d’une ou plusieurs substances psychoactives, ayant des conséquences préjudiciables à la santé physique ou psychique " (décret n° 99-249 du 31 mars 1999).

Depuis le 31 mars 1999, la déclaration de tout cas d’abus " grave " (c’est-à-dire létal ou susceptible de mettre la vie en danger, ou d’entraîner une invalidité ou une incapacité, ou provoquant ou prolongeant une hospitalisation) est obligatoire pour tout médecin (pharmacien ou autre professionnel de santé) aux Centres d’Evaluation et d’Information sur les Pharmacodépendances (CEIP) (voir ce terme).

Accoutumance (acquired tolerance)

Processus selon lequel l’organisme devient insensible aux effets (principaux ou secondaires) d’un médicament (ou d’un poison) à la suite de quantités d’abord faibles et inactives puis progressivement croissantes de celui-ci.

Est synonyme de tolérance ou de tachyphylaxie.

Activité intrinsèque (AI) (intrinsic activity)

Capacité d’un médicament à stimuler un récepteur (voir ce terme).

On parle d’agoniste plein lorsque l’AI = 1. L’AI d’un agoniste partiel est comprise entre 0 et 1. L’AI d’un antagoniste plein est de 0.

Addiction (addiction)

Synonyme de pharmacodépendance (voir ce terme).

Adhérence médicamenteuse (compliance)

Est synonyme d’observance (voir ce terme).

Affinité (affinity)

Capacité d’un médicament à se lier à un site récepteur.

Le paramètre quantifiant l’affinité est la constante d’affinité, égale à l’inverse de la constante de dissociation ou Kd :

Constante d’affinité = 1

Kd

On démontre que le Kd est égal à la concentration du médicament qui occupe la moitié de la totalité des récepteurs. Plus le Kd est grand, plus l’affinité du principe actif est faible.

Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (AFSSAPS) (French Drug Agency for the Security of Health Producs)

Etablissement public à caractère administratif, chargé de l’évaluation et de la vigilance (ainsi que du contrôle d’un laboratoire et de l’inspection) d’un certain nombre de produits de santé.

Il s’agit notamment des médicaments, mais aussi des produits contraceptifs et contragestifs, biomatériaux et dispositifs médicaux, dispositifs biomédicaux de diagnostic in vitro, produits sanguins labiles, organes, tissus, cellules et produits d’origine humaine ou animale et " produits thérapeutiques annexes " utilisés pour la préservation, produits de thérapie génique et cellulaire, réactifs de laboratoire vendus au public, produits d’entretien ou d’application des lentilles de contact, insecticides, acaricides et antiparasitaires à usage humain, procédés, produits et appareils de désinfection des locaux, aliments diététiques destinés à des fins médicales et spéciales, lentilles oculaires non correctives, produits cosmétiques.

Site Internet : http://afssaps.sante.fr

Agoniste (agonist)

Substance se fixant sur le récepteur, pour le stimuler et entraîner une action pharmacodynamique (affinité et activation).

La puissance d’un agoniste se définit par la concentration (dose) de l’agoniste qui produit 50 % de son effet maximal (DE50 ou dose efficace 50). Le pD2 est le logarithme négatif de la DE50 (pD2 = - logEC50).

Agoniste-antagoniste (agonist-antagonist)

Médicament se comportant comme un agoniste sur un récepteur et un antagoniste sur un autre récepteur appartenant à la même famille pharmacologique de récepteur.

Exemple : la buprénorphine (Temgesic°, Subutex°) est un agoniste mu et un antagoniste kappa.

Agoniste partiel (partial agonist)

Médicament agoniste à activité intrinsèque (AI) inférieure à 1 par comparaison à l’agoniste plein (c’est-à-dire l’agoniste ayant une AI = 1) agissant sur un même récepteur. Généralement, l’agoniste plein est le neurotransmetteur endogène.

Exemple : la buprénorphine (Temgesic°, Subutex°) est un agoniste partiel des récepteurs opiacés de type mu (les agonistes de référence AI = 1 sont ici les endomorphines et la morphine).

Aire sous la courbe (ASC) (Area Under the Curve, AUC)

Intégrale de la concentration plasmatique sur un intervalle de temps défini.

En pratique, on utilise l’approximation : ASC = S [C] xD t.

avec [C] : concentration mesurée et D t : intervalle de temps entre 2 mesures.

L’ASC s’exprime en µg x h c ml-1 ou mg x h x l-1. L’ASC permet la mesure de la biodisponibilité du médicament (voir ce terme).

Ajustement (adjustment)

Ensemble des procédures utilisées au cours des essais de Phase III ou de Phase IV (en pharmacoépidémiologie) ayant pour objectif d’éliminer l’effet de certaines variables, considérées comme parasites, dans l’étude de la relation entre le médicament étudié et un critère de jugement.

L’ajustement s’effectue après le recueil des données. On ajustera, par exemple, sur l’âge, le sexe… A ne pas confondre avec appariement (voir ce terme) qui s’effectue au moment de l’inclusion.

Alcaloïdes (alcaloids)

Bases faibles de structure complexe et d’origine végétale.

Les alcaloïdes sont insolubles dans l’eau mais leurs sels sont hydrosolubles.

Aléa thérapeutique

Ensemble des risques imprévisibles, et donc a priori non évitables lors de la mise en oeuvre d’une stratégie thérapeutique correcte.

En matière de médicament, l’aléa thérapeutique fait référence aux effets indésirables inattendus (voir ce terme) pouvant survenir dans le contexte d’une prescription et d’une utilisation conformes aux recommandations en vigueur et aux données actuelles de la science (voir ce terme).

Aléatoire (random)

Qui obéit aux lois du hasard et donc ne dépend pas systématiquement d’une intervention.

Dans un essai clinique (voir ce terme), on parle de sélection aléatoire des sujets lorsqu’on effectue par exemple un tirage au sort.

Alicament (nutraceutic)

Contraction des mots " aliment " et " médicament " ou de " nutriment " et " pharmaceutique ". Aliment porteur d’une allégation santé. Voir : Produit " bénéfique pour la santé ".

Une allégation est une mention qui affirme, suggère ou implique des caractéristiques nutritionnelles particulières. Une allégation santé établit un lien explicite entre l’alicament (ou un des composants de l’aliment) et la santé ou une modification d’un paramètre biologique sans faire référence à la maladie en France. Les alicaments ne sont pas des médicaments.

AMM (New Drug Application : NDA)

Voir Autorisation de Mise sur le Marché (AMM).

Amélioration du Service Médical Rendu (ASMR)

Apport relatif (en comparaison de ce qui est déjà disponible) d’un nouveau médicament pour le traitement d’un symptôme ou d’une maladie donnée. L’ASMR est déterminé par la Commission de Transparence de l’AFSSAPS.

La Qualification de l’ASMR repose sur un jugement qualitatif et quantitatif par essence comparatif et évolutif. En France, la Commission de Transparence (voir ce terme) de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé a, entre autres, pour mission d’apprécier l’éventuelle existence d’une Amélioration du Service Médical Rendu et de la quantifier pour les spécialités pharmaceutiques ayant obtenu une autorisation de mise sur le marché. Cette quantification fait appel à un score en 5 niveaux :

- niveau 1 : progrès thérapeutique majeur ;

- niveau 2 : amélioration importante en terme d’efficacité thérapeutique et/ou de réduction des effets indésirables ;

- niveau 3 : amélioration modeste en terme d’efficacité thérapeutique et/ou de réduction des effets indésirables ;

- niveau 4 : amélioration mineure en terme d’efficacité et/ou d’utilité :

. au plan clinique : acceptabilité et commodité d’emploi, observance, complément de gamme justifié ;

. avantage potentiel lié aux propriétés pharmacocinétiques ou au moindre risque d’interaction médicamenteuse ;

- niveau 5 : absence d’amélioration avec l’avis favorable à inscription au remboursement ;

L’appréciation de l’ASMR intègre plusieurs paramètres comme la gravité de la maladie traitée, l’existence ou non d’alternatives thérapeutiques dans cette indication, le rapport bénéfice/risque du médicament, place du médicament dans la stratégie thérapeutique.

A ne pas confondre avec le SMR (Service Médical Rendu) (voir ce terme).

Le Visiteur Médical doit obligatoirement remettre l’avis de la Commission de Transparence et l’ASMR au médecin lors de la prescription d’un médicament.

Ampoules buvables

Forme pharmaceutique constituée d’un récipient de verre, cylindrique, obligatoirement de couleur jaune, fermé aux deux bouts " en pointe ", d’un volume habituellement compris entre 5 et 20 ml, contenant une dose unitaire d’un médicament.

Ampoules injectables

Récipients entièrement en verre non coloré, à parois minces, dont le contenu est prélevé après rupture en une seule fois.

Les ampoules contiennent une faible quantité d’une préparation injectable. Elles sont le plus souvent autocassables, ce qui évite le recours à une lime. Il en existe deux modèles : " deux pointes " aux deux extrémités effilées et " bouteille " à fond plat.

Analyse en intention de traiter (intention to treat analysis)

Tous les patients inclus dans l’essais sont analysés, qu’ils aient ou non correctement suivi l’essai clinique.

Il s’agit d’une procédure d’essai clinique correspondant à la vie réelle puisque l’on prend en compte tous les malades jusqu’à la fin de la période de surveillance prévue même si leur traitement a été arrêté (pour n’importe quelle raison). Ce que l’on compare, c’est l’intention de traiter avec un médicament A et l’intention de traiter avec un médicament B.

S’oppose à analyse en per protocole (voir ce terme).

Analyse intermédiaire (intermediate analysis)

Analyse réalisée au cours d’un essai clinique pour s’assurer de l’absence de différence majeure dans l’efficacité ou les effets indésirables de l’un ou l’autre des bras de l’étude.

En cas de différence importante (excès de mortalité dans l’un des deux groupes par exemple ou efficacité très supérieure dans l’un des deux groupes), l’essai sera prématurément arrêté.

Analyse en per protocole (per protocol analysis)

Seuls les malades ayant suivi correctement et complètement le protocole d’étude font l’objet de l’analyse finale de l’essai.

Cette analyse en sélectionnant a posteriori certains patients, crée un biais (voir ce terme) majeur d’interprétation en favorisant de façon fausse le médicament. Les essais utilisant cette analyse conduisent donc à des conclusions fausses ! Il ne faut retenir que les essais avec analyse en intention de traiter (voir ce terme).

Analyse en sous-groupes (sub-group analysis)

Opération consistant à refaire l’analyse des données d’un essai clinique en découpant l’échantillon de l’essai en groupes plus petits définis selon une ou plusieurs caractéristiques.

Une analyse en sous-groupes ne peut avoir de valeur que si elle a été préalablement prévue lors de la rédaction du protocole (et si la puissance est suffisante). Sinon, comme c’est trop souvent le cas, cette analyse ne permet aucune conclusion. Une telle analyse peut, par exemple, définir les patients répondeurs (ou non répondeurs) et/ou vérifier des hypothèses physiopathologiques.

Annexe I

Voir Résumé des Caractéristiques du Produit (RCP).

Antabuse (antabuse)

Nom de marque dans les pays anglo-saxons du disulfirame, commercialisé en France sous le nom d’Esperal°.

L’effet antabuse correspond à une vasodilatation gênante provoquée lors de l’association du disulfirame avec les boissons alcoolisées. Il s’utilise dans les cures de désintoxication éthylique.

Antagonisme (antagonism)

On parle d’antagonisme entre deux médicaments A et B lorsque l’effet de l’association est inférieur à celui du plus actif des composants utilisé seul.

Exemple : E (A + B) < E (A) si A est le plus actif.

Exemples : acétylcholine + atropine, adrénaline + propranolol.

Antagonisme physiologique (ou fonctionnel)

Se dit de substances (physiologiques ou pharmacologiques) qui ont des effets opposés sur un effecteur, en agissant sur deux populations différentes de récepteurs (ou selon deux mécanismes différents).

Exemple : atropine (tachycardisant) et propranolol (bradycardisant).

Antagonisme irréversible (irreversible antagonism)

Liaison covalente irréversible d’un médicament (agoniste ou antagoniste) avec le récepteur.

Antagoniste (antagonist)

Substance qui se fixe sur le récepteur, sans le stimuler, qui empêche ou déplace la fixation de l’agoniste et réduit ou supprime son action.

Le pA2 est le logarithme négatif de la concentration molaire de l’antagonisme qui oblige à doubler la concentration de l’agoniste pour obtenir le même effet.

Antagoniste compétitif (competitive antagonist)

Médicament doué d’affinité mais dépourvue d’action pour un récepteur donné.

Un antagoniste compétitif est susceptible d’empêcher l’effet d’un agoniste pour le même récepteur mais cet effet peut être levé en le déplaçant par des doses croissantes d’agoniste (un agoniste partiel se comporte vis-à-vis d’un agoniste parfait comme un antagoniste compétitif).

Antagoniste non compétitif (non competitive antagonist)

a) Médicament susceptible d’empêcher ou de diminuer l’action d’un agoniste sans se fixer sur le récepteur de celui-ci ; b) substance susceptible de se fixer de manière irréversible sur un récepteur et d’empêcher ainsi l’action des agonistes (quelle que soit la dose à laquelle ceux-ci sont utilisés).

Anti-métabolite (anti-metabolite)

Médicament proche du substrat d’une enzyme susceptible d’occuper sa place mais non d’être métabolisée bloquant de ce fait la chaîne métabolique.

Plusieurs médicaments anticancéreux sont des anti-métabolites.

Appariement (matching)

Ensemble des procédures permettant de rendre comparable deux (ou plusieurs) groupes de sujets en vue d’étudier l’effet d’un médicament sur un critère de jugement.

Cette technique cherche à neutraliser les facteurs confondants (voir ce terme) éventuels, comme l’âge, le sexe, la catégorie socioprofessionnelle… en choisissant pour chaque individu un ou plusieurs témoins semblables à lui pour ces caractéristiques.

L’appariement s’effectue généralement a priori, c’est-à-dire au moment de l’inclusion des patients [à la différence de l’ajustement (voir ce terme) s’effectue après le recueil des données].

Assistant de Recherche Clinique (ARC)

Interlocuteur de l’investigateur, il participe à l’organisation pratique de l’essai, se charge des aspects administratifs nécessaires à la mise en place de l’étude et vérifie le respect des bonnes pratiques cliniques et de laboratoire.

Automédication (self-medication)

Recours, dans une intention de soin, à un (ou plusieurs) médicament(s) sans l’aide d’un médecin (ou encore pour certains médicaments d’un dentiste ou d’une sage femme).

Si l’automédication peut contribuer à réduire les dépenses des organismes de l’Assurance Maladie qui ne remboursent que les produits prescrits, elle présente aussi plusieurs dangers :

- apparition d’effets indésirables non maîtrisés ;

- développement d’interactions médicamenteuses avec des médicaments prescrits ;

- évolution d’une maladie grave non diagnostiquée (et rendue difficilement diagnosticable du fait du masquage possible du symptôme par la prise d’un produit) ;

- enfin, développement possible d’une pharmacodépendance.

Les médicaments les plus concernés par l’automédication sont par ordre décroissant les pneumotropes, antalgiques, médicaments des voies digestives, de l’appareil cutané, les vitamines, les veinotoniques, l’hygiène buccale et l’ophtalmologie.

La définition de l’automédication exclue les utilisations abusives ou détournées dans un but toxicomanogène ou d’intoxication volontaire.

Autorécepteur

Récepteur présynaptique (voir ce terme) du neuromédiateur de la synapse.

Autorisation de lieux de recherche biomédicale

Autorisation délivrée par le Ministre de la Santé et les administrations qui le représentent pour effectuer dans certains lieux bien définis les études qualifiées de " Sans Bénéfice Individuel Direct " (SBID) de façon à garantir au mieux la sécurité des sujets se prêtant à cette recherche.

Plusieurs types d’autorisations sont délivrés selon qu’il s’agit de recherches physiopathologiques et physiologiques ou de recherches concernant le médicament ou les biomatériaux. Pour les médicaments, les lieux autorisés correspondent aux Services de Pharmacologie Clinique ou aux Centres d’Investigation Clinique (voir ce terme).

Autorisation de Mise sur le Marché, AMM (new drug application, NDA)

Autorisation administrative de commercialiser une spécialité pharmaceutique, dans des conditions et une (ou des) indication(s).

En France, cette autorisation est formalisée par l'ampliation d'AMM qui comprend :

- une lettre d'accord signée du Directeur Général de l'Agence du Médicament,

- le Résumé des Caractéristiques du Produit (RCP ou annexe I de l'AMM),

- le texte de la notice à l'usage du patient (package insert) ou annexe II de l'AMM,

- les informations devant figurer sur l'emballage du conditionnement de la spécialité (annexe III de l'AMM).

Une extension d'AMM est l'octroi d'une nouvelle indication thérapeutique à une spécialité pharmaceutique déjà autorisée.

Depuis 1995, deux procédures européennes de mise sur le marché coexistent, l’une centralisée, l’autre décentralisée :

- la procédure centralisée vise à obtenir le droit de commercialiser un médicament immédiatement et simultanément dans les 15 pays de l’Union Européenne. Le dossier est adressé à l’Agence d’Européenne du Médicament à Londres (European Medicine Evaluation Agency EMEA) qui doit statuer pour l’ensemble des pays de l’Union Européenne. La procédure centralisée concerne de façon obligatoire les produits issus des biotechnologies et de façon optionnelle les autres médicaments.

- La procédure décentralisée ou de reconnaissance mutuelle permet la reconnaissance par tous les pays à partir d’une première AMM nationale. Elle s’applique à une majorité de médicaments conventionnels. Elle débute avec une demande d’AMM nationale et en cas de décision positive, l’Etat rapporteur transmet à l’Agence Européenne du Médicament une copie de l’AMM. Chacun des Etats concernés doit alors reconnaître l’AMM initiale.

Autorisation Temporaire d’Utilisation (ATU)

Acte administratif permettant l’utilisation en France de certains médicaments dépourvus d’AMM quand ils paraissent indispensables à la prise en charge de maladies graves sans alternative thérapeutique.

Les ATU sont délivrées par l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé. On distingue des ATU produits (pour des médicaments compassionnels ou orphelins (voir ce terme)) et des ATU individuelles (nominales pour un malade). La poursuite de l’évaluation conduira ultérieurement à l’octroi d’une AMM.

Aveugle (blind)

Traduction littérale du terme anglais blind à laquelle on doit préférer le terme d’insu.

Il est donc incorrect de parler de " simple aveugle ", de " double aveugle ", de " triple aveugle " ou de " levée d’aveugle ". On doit utiliser le terme " simple insu ", " double insu ", " triple insu " ou " levée d’insu ".

B

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Bénéfice individuel direct (personal therapeutic benefit)

Bénéfice attendu pour la santé ou le bien d’un malade du fait de sa participation à une recherche biomédicale.

Selon les cas, une recherche biomédicale (par exemple un essai clinique) peut être qualifiée " avec ou sans bénéfice individuel direct ". Une recherche est dite " avec bénéfice individuel direct " si une partie, au moins, des sujets qui y participent peuvent en attendre un bénéfice pour leur état de santé ou de bien-être. Ainsi, un essai comparant, en insu, après tirage au sort, l’efficacité d’un traitement à un placebo peut être qualifié " avec bénéfice individuel direct " (bien que, par définition, une partie seulement des patients inclus reçoive le médicament actif).

Bénéfice thérapeutique (therapeutic benefit)

Amélioration mesurable de l'état de santé ou de bien-être d'un sujet ou d'une population en rapport avec l'utilisation d'un traitement, médicamenteux ou non.

Cette amélioration peut être immédiate ou retardée, transitoire ou définitive, mais doit être pertinente en termes d’efficacité (diminution de la mortalité, de la morbidité, amélioration de la qualité de vie, etc.) (voir ce terme).

Biais (bias)

Erreur de raisonnement ou de procédure amenant à une représentation faussée de la réalité.

Au sens strict, un biais revêt un caractère systématique et altère l'estimation dans un sens donné (synonyme : erreur systématique, systematic error). Le biais diffère donc de l'erreur aléatoire (random error) qui aboutit à une perte de précision de l'estimation mais non à sa déviation systématique dans un sens donné.

Il existe trois grands types de biais :

- biais de confusion (confounding bias) : erreurs survenant lorsque la mesure de la relation entre le médicament et le critère de jugement (effet du médicament) est modifiée par un facteur, appelé facteur de confusion, lié à la fois au facteur étudié et au critère de jugement.

Un exemple de biais de confusion peut être donné par l’observation dans les années 80 d’une forte association entre la prise de contraceptifs oraux et le risque de mélanome malin. Il est apparu par la suite que les femmes qui utilisaient des contraceptifs oraux s’exposaient d’avantage au soleil que les non-utilisatrices. L’ajustement sur le temps d’exposition solaire a réduit de manière importante la valeur du rapport de cote (odds ratio) quantifiant la force de l’association entre mélanome malin et contraceptif oral. L’exposition au soleil, associée à la fois à la probabilité de prise d’un contraceptif oral et de survenue d’un mélanome malin, agissait dans cette étude en tant que facteur de confusion.

- biais de mesure (measurement bias) : erreurs systématiques pouvant s’introduire dans la mesure des phénomènes pris en compte chez les sujets entrant dans l’étude.

- biais de sélection (selection bias) : erreurs représentées par l’absence de représentativité des sujets inclus dans l’étude, ne permettant pas la généralisation des résultats.

Biodisponibilité (bioavailability)

Vitesse et intensité de l’absorption dans l’organisme à partir d’une forme pharmaceutique du principe actif destinée à devenir disponible au niveau des sites d’action (décret du 13 mars 1997).

Elle définit la fraction de la dose du médicament administrée qui atteint la circulation générale sous forme inchangée et la vitesse à laquelle elle l’atteint. On distingue :

- la biodisponibilité absolue : caractéristique du médicament, elle se détermine en comparant les taux sanguins après administration par voie intraveineuse et par voie orale.

- la biodisponibilité relative : caractéristique de la forme galénique, elle se calcule en comparant les taux sanguins après administration d’une forme orale à tester et d’une forme de référence.

Lorsque deux formes galéniques d’un même médicament présentent la même biodisponibilité, on dit qu’elles sont bioéquivalentes.

Après administration intraveineuse, l’aire sous la courbe (ASC) correspond à une biodisponibilité qui, par définition, est de 100 %. Après administration buccale, l’ASC correspond à une biodisponibilité identique dans les meilleurs cas, généralement plus faible, parfois nulle (cas d’un médicament non absorbé).

                   Bioéquivalence (bioequivalence)

Equivalence des biodisponibilités.

Pour un médicament " générique " (voir ce terme), on ne demande généralement pour l’AMM (voir ce terme) qu’un essai de bioéquivalence [et pas d’essai clinique d’efficacité (voir ce terme)].

Blisters (blisters)

Conditionnements primaires en plastique et aluminium thermosoudés contenant des unités de prise dans des alvéoles séparées.

Blocage des récepteurs (receptor blockade)

Interaction pharmacodynamique (voir ce terme) résultant de la fixation irréversible (ou difficilement réversible) d’un antagoniste non compétitif (voir ce terme) sur un récepteur (voir ce terme), empêchant de ce fait la fixation d’un agoniste (voir ce terme).

Bon usage du médicament

Prescription ou utilisation conforme aux recommandations et textes en vigueur.

Le bon usage concerne tout aussi bien le prescripteur (respect du résumé des caractéristiques du produit, des références médicales…) que le malade (respect des recommandations orales ou écrites qu’il s’agisse d’un médicament prescrit ou non).

Bonnes Pratiques Cliniques (BPC) (Good Clinical Practices)

Recommandations définissant les conditions qui permettent de garantir l’exactitude et l’exhaustivité des informations collectées lors d’essais cliniques des médicaments chez l’homme dans l’Union Européenne.

Brevet (patent)

Titre de propriété industriel délivré par une autorité administrative compétente qui confère à son titulaire ou à ses ayants cause un droit exclusif d’exploitation d’une invention.

En France, les brevets délivrés par le Directeur de l’Institut National de la Propriété Industrielle ont une durée de vingt ans à compter du jour du dépôt de la demande du Code de la Propriété Intellectuelle. A expiration du brevet, l’invention " tombe dans le domaine public " et peut donc être exploitée par tout tiers différent du titulaire du brevet [(par exemple sous forme de " génériques ( voir ce terme)].

C

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Cachet (cachet)

Forme pharmaceutique constituée par deux cupules de pain azyme de forme ronde, soit plates sur leurs bords et concaves dans leur partie centrale, soudées par compression, soit cylindriques et s’emboîtant l’une dans l’autre.

Les cachets servaient à l’administration par voie orale de doses unitaires de poudre active. Ils ne sont plus utilisés. Dans le langage courant, " cachet " est souvent employé comme synonyme de " comprimé " ou de toute autre forme solide orale (un cachet d’aspirine).

Cancérogenèse (cancerogenesis)

Etude de l’ensemble des mécanismes responsables du développement des cancers. En pharmacologie, les études de cancérogenèse recherchent chez l’animal ou sur des cultures cellulaires le potentiel d’induction de tumeur par un médicament.

Le terme d’oncogenèse serait mieux approprié, puisqu’il s’agit de connaître si le produit provoque ou favorise l’apparition de tumeurs.

Capsule et perle

Les capsules sont des globules creux, ovoïdes ou cylindriques, contenant une dose unitaire d’un principe actif liquide ou pâteux. Les perles sont des capsules sphériques (formes pharmaceutiques).

Capture (uptake)

Mécanisme de transport actif par lequel un neuromédiateur passe de la fente synaptique à l’intérieur d’un neurone.

Il s’agit de recapture lorsque le neurone en cause est celui qui est responsable de la sécrétion du neuromédiateur.

                    Cas-témoins (case-control, case-control design)

Voir étude cas-témoin.

Cataplasmes et sinapismes

Les cataplasmes sont constitués par une pâte obtenue en additionnant d’eau chaude de la fécule ou des mucilages (farine de lin) contenant ou non des topiques révulsifs (moutarde), placée entre deux gazes ou deux toiles. Les sinapismes sont des feuilles de papier fort recouvertes d’une couche de farine de moutarde rendue adhérente par une colle.

Causalité (causality)

Etude du lien étiologique entre une exposition (par exemple la prise d’un médicament) et la survenue d’un évènement (désirable ou indésirable).

L’analyse de causalité peut être abordée à l’échelon d’un individu ce qui renvoie à la problématique de l’imputabilité (" le médicament étudié est-il la cause de l’évènement constaté chez ce malade ? ") ou à l’échelon d’une population : (" le médicament étudié est-il associé au risque de survenue d’un évènement donné ? ").

Centres d’Evaluation et d’Information sur la Pharmacodépendance (CEIP)

Structures régionales placées auprès des Services de Pharmacologie et chargées du suivi et de l’évaluation des produits licites ou illicites donnant lieu à pharmacodépendance.

Les Centres d’Evaluation et d’Information sur les Pharmacodépendances sont chargés :

" 1° de recueillir et d’évaluer des données cliniques concernant les cas constatés de pharmacodépendance et d’abus de substances, plantes, médicaments ou autres produits ;

2° de recueillir les éléments nécessaires à l’évaluation du risque de pharmacodépendance et d’abus de ces substances, plantes, médicaments et autres produits auprès des professionnels de santé ou de tout autre professionnel concerné, des centres spécialisés de soins aux toxicomanes et des établissements de santé, notamment auprès des Centres Anti-poisons, des Centres Régionaux de Pharmacovigilance et des Services d’Urgences ;

3° de contribuer au développement de l’information sur le risque de pharmacodépendance et d’abus de ces substances, plantes, médicaments ou autres produits, notamment en renseignant les différents professionnels concernés et en participant à l’information ;

4° de contribuer à la recherche sur le risque de pharmacodépendance et d’abus de ces substances, plantes, médicaments ou autres produits ;

5° de conduire les enquêtes et travaux demandés par le Directeur Général de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé ;

6° de remplir auprès des établissements de santé et notamment de leurs instances consultatives spécialisées une mission d’expertise et de conseil ".

Les Centres d’Evaluation et d’Information sur les Pharmacodépendances reçoivent les déclarations obligatoires des cas de pharmacodépendance graves ou d’abus graves.

" Tout médecin, chirurgien-dentiste, sage-femme ayant constaté un cas de pharmacodépendance grave ou d’abus grave d’une substance, plante, médicament ou autre produit mentionné à l’article R.5219-2, en fait la déclaration immédiate au Centre d’Evaluation et d’Information sur les Pharmacodépendances sur le territoire duquel le cas a été constaté.

De même, tout pharmacien ayant eu connaissance d’un cas de pharmacodépendance grave ou d’abus grave de médicament, plante ou autre produit qu’il a délivré, le déclare aussitôt au Centre d’Evaluation et d’Information sur les Pharmacodépendances sur le territoire duquel ce cas a été constaté.

Tout autre professionnel de santé ou toute personne dans le cadre de son exercice professionnel ayant eu connaissance d’un tel cas, peut également en informer le Centre d’Evaluation et d’Information sur les Pharmacodépendances sur le territoire duquel ce cas a été constaté " (article. 5219-13).

Les coordonnées des Centres d’Evaluation et d’Information sur les Pharmacodépendances sont présentées dans les premières pages non numérotées du dictionnaire Vidal.

Centres d’Investigation Clinique (CIC)

Structure hospitalière spécifiquement créée pour réaliser des projets de recherche clinique.

Les CIC mettent à la disposition des investigateurs ,outre leurs compétences méthodologiques, des locaux comprenant 2 à 6 lits dédiés aux explorations en ambulatoire ou en hospitalisation de jour ou de nuit, une salle de consultation, un poste infirmer, un local technique et un secrétariat. Ils assurent le soutien logistique à la recherche clinique dans le cadre d’un site hospitalier. Ils permettent au sujet sain ou malade qui se prête à des recherches biomédicales d’avoir toutes les garanties d’accueil et de sécurité. Les CIC sont garants du respect de l’éthique ainsi que des bonnes pratiques cliniques et de laboratoire. Les CIC sont créés sur appel d’offre conjoint INSERM Hôpitaux pour une durée de 4 ans renouvelable.

Parmi leurs activités, les CIC peuvent réaliser des essais cliniques de médicaments de phases I, II ou III.

Centres Régionaux de PharmacoVigilance (CRPV)

Organismes placés auprès d’un Service de Pharmacologie ayant pour mission dans un secteur géographique déterminé,

1° de recueillir les déclarations d’effets indésirables,

2° de procéder à des enquêtes de pharmacovigilance et de pharmacoepidemiologie,

3° d’effectuer des recherches en pharmacovigilance et de pharmacoepidemiologie et

4° de constituer un Centre de Renseignement sur le Médicament. (article R.5144-19).

Les CRPV reçoivent les déclarations obligatoires d’effets indésirables graves ou inattendus des médicaments. La liste et les coordonnées des Centre Régionaux de Pharmacovigilance sont présentées dans les premières pages non numérotées du dictionnaire Vidal.

Chronopharmacologie (chronopharmacology)

Etude de la variation des effets (chronopharmacodynamie) ou du métabolisme (chronopharmacocinétique) des médicaments en fonction du moment de leur administration, notamment au cours du nycthémère.

L’efficacité d’un médicament peut ainsi se révéler meilleure si celui-ci est administré ou pris à un moment précis de la journée ou de la nuit. La prise en compte des données de la chronopharmacologie permet, notamment en cancérologie, d’optimiser le rapport bénéfice/risque de certains médicaments.

Cinétique linéaire

Modèle pharmacocinétique dans lequel la vitesse d’élimination du médicament est proportionnelle à sa concentration.

On parle encore de cinétique de premier ordre. Lors d’un processus de premier ordre, la demi-vie est constante et ne dépend pas de la dose administrée. La cinétique linéaire est le modèle le plus fréquemment retrouvé avec les médicaments.

Cinétique non linéaire

Si un médicament subit un phénomène de saturation lié à son métabolisme, les mécanismes responsables sont d’ordre 0 : la vitesse d’élimination du médicament est constante au-dessus d’une certaine concentration.

On parle encore de cinétique " saturable " ou " dose-dépendante ". Exemple : alcool, phénytoïne (Dihydan°).

Clairance plasmatique (plasma clearance)

Volume plasmatique totalement épuré d’une substance pendant un temps donné.

Elle s’exprime en litre par heure ou en millilitre par minute. Plus un médicament présente une clairance plasmatique élevée, plus sa demi-vie est brève.

Classe pharmacologique (pharmacological class)

Ensemble des médicaments à la même propriété pharmacodynamique principale.

Exemples : anticalciques, bêta-bloquants, antihistaminiques H2, bêta-stimulants, corticoïdes…

A différencier de classe thérapeutique (voir ce terme).

Classe thérapeutique (therapeutic class)

Ensemble des médicaments à même visée thérapeutique.

Exemples : antihypertenseurs, antiulcéreux, antiasthmatiques…

A différencier de classe pharmacologique (voir ce terme).

Cmax

Concentration plasmatique maximale d’un médicament après son administration.

Cohorte (cohort)

Voir étude de cohorte.

Collutoire

Préparations destinées à être appliquées sur les gencives et les parois internes de la cavité buccale.

Collyre (eye-wash)

Soluté ou suspension dans l’eau (ou l’huile) destiné à être instillé dans le cul de sac conjonctival.

Les collyres doivent être isotoniques aux larmes, neutres et stériles. Ils sont habituellement présentés en flacon multi doses d’un volume de quelques millilitres et d’une durée d’utilisation limitée en raison du risque de contamination microbienne après ouverture. Pour cette raison, ils peuvent contenir un conservateur qui peut être à l’origine de rares allergies. Les collyres sont aussi maintenant présentés sous forme de doses unitaires (uni doses = ophtadoses) sans conservateur.

Colorants

Excipients, substances colorées servant de témoin d’homogénéité d’un mélange (poudres) ou à identifier le médicament fini.

Comité Consultatif de Protection des Personnes se prêtant à la Recherche Biomédicale (CCPPRB)

Autorité régionale administrative indépendante dotée de la personnalité juridique rendant un avis sur les conditions de validité d’une recherche biomédicale.

Il est constitué de médecins, pharmaciens, infirmiers, juristes, psychologues et moralistes. Les CCPPRB ont pour rôle d’examiner le protocole et les documents afférents soumis par l’investigateur principal d’un essai ou d’une recherche, notamment en ce qui concerne :

- le caractère acceptable de la recherche au vu de son intérêt scientifique,

- les dispositions prises pour minimiser les contraintes et les risques induits,

- l’information donnée à la personne en vue de l’obtention de son consentement éclairé.

Comité Economique du Médicament

Organisme administratif fixant le prix des médicaments remboursables et compétent en matière de conventions entre l’Etat et les industries pharmaceutiques.

Le Comité Economique du Médicament est une structure indépendante de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (voir ce terme), directement sous l’autorité du Ministère de la Santé. Elle fixe le pourcentage de remboursement des médicaments en fonction du niveau d’ASMR (voir ce terme).

Comité des Spécialités Pharmaceutiques (CSP)

Organisme technique consultatif de l’Agence Européenne du Médicament.

Commission d’A.M.M.

Commission consultative, placée auprès de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé, ayant compétence pour émettre des avis sur l’octroi, le refus, l’extension, le renouvellement ou le retrait de l’Autorisation de Mise sur le Marché (A.M.M.) des spécialités pharmaceutiques, avant décision du directeur général de l’Agence.

Commission Nationale de Pharmacovigilance

Commission Consultative ayant pour mission d’évaluer les effets indésirables des médicaments et de donner au directeur général de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé des avis sur les mesures à prendre.

Les avis peuvent être une information (ou une modification de l’information RCP) sur le médicament, la mise en place d’études spécifiques (de type cohorte ou cas-témoin), ou encore la suspension temporaire ou définitive de l’AMM… (voir ce terme).

Commission Nationale des Stupéfiants et des Psychotropes

Commission consultative siégeant auprès de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé ayant pour missions :

" 1° d’évaluer le risque de pharmacodépendance et d’abus des substances, plantes, médicaments ou autres produits et leur conséquence pour la santé publique ;

2° de proposer au Ministre chargé de la Santé et au Directeur Général de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé les enquêtes de travaux qu’elle estime utile à l’accomplissement de ces missions ;

3° de donner au Ministre chargé de la Santé et au Général de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé des avis sur les mesures à prendre pour préserver la santé publique dans les domaines de la lutte contre la pharmacodépendance ou l’abus, ainsi que sur toute question que lui soumet le Ministre ou le Directeur Général ".

Commission de Transparence

L’appréciation du rapport bénéfice/risque d’un nouveau médicament, réalisée au cours de l’autorisation de mise sur le marché (AMM), ne constitue qu’une étape dans l’évaluation du nouveau produit par l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé.

Après la décision de la Commission d’AMM, tout médicament, qui demandent le statut de médicament remboursable, doit être étudié par la Commission de Transparence. Celle-ci donne son avis sur l’inscription sur la liste des médicaments remboursables après avoir établi une note d’ASMR (Amélioration du Service Médical Rendu) (voir ce terme).

Comparaison (comparison)

" Action de mettre sur le même plan pour chercher des ressemblances, des différences ".

Pour être interprétable, un essai clinique doit être obligatoirement comparatif.

Compartiment (compartment )

Volume réel (par exemple volume de sang appelé " premier compartiment ") ou volume fictif (par exemple ensemble de l’organisme hormis le sang, appelé " deuxième compartiment ") dans lequel le médicament se distribue.

La notion de compartiment permet de modéliser le devenir cinétique d’un médicament.

Compliance (compliance)

Traduction anglaise du mot " observance " fréquemment utilisé de manière abusive en français.

Il est, de même, incorrect, de parler de malade " compliant " ou " non compliant ".

Comprimé (tablet)

Forme pharmaceutique solide obtenue par l’agglomération sous pression d’un ou plusieurs principes actifs sous forme de poudre, additionnée ou non d’excipient ou d’autres substances inactives.

Les comprimés sont de forme variable, la plus fréquemment rencontrée étant cylindrique et aplatie, parfois en bâtonnets. Ils permettent d’administrer par voie orale des doses unitaires dans une gamme allant en règle du centigramme au demi gramme. Ils peuvent être sécables, habituellement en deux, parfois en quatre. Ils peuvent être protégés de l’attaque des sucs gastriques par un enrobage : il s’agit alors de comprimés gastrorésistants.

Conjugaison

Union de principe actif (ou d’un métabolite) avec une molécule endogène.

Consentement éclairé (informed consent)

" Acceptation libre et formellement exprimée d’une personne en vue de participer à un essai donné. Cette acceptation formelle ne doit être demandée qu’après information de la personne précisant les objectifs, les bénéfices, les risques et les inconvénients potentiels liés à l’essai ; la personne doit également être informée de ses droits et responsabilités, conformément à la version en vigueur de la déclaration d’Helsinki ".

Tout volontaire sain (phase I) ou malade (phases II, III) participant à un essai clinique doit donner son consentement éclairé.

Conservateur

Excipients, substances destinées à empêcher la dégradation chimique ou l’altération microbiologique d’un médicament.

Contrôle (control)

Terme impropre dérivé du mot anglais control qui signifie témoin.

Ainsi, on doit parler d’étude cas-témoins et non d’étude cas-contrôles, de groupe témoin ou de groupe de référence et non de groupe contrôle, d’essai clinique avec groupe de référence et non d’essai contrôlé.

Cote (odds)

Probabilité de survenue d'un événement divisée par la probabilité de non survenue de cet événement.

Dire que la cote en faveur de tel évènement est de 8 signifie que cet évènement a 8 fois plus de chances de se produire que de ne pas se produire au cours de la période considérée.

Couplage

Processus biochimiques intermédiaires entre la fixation du médicament sur le récepteur et l’effet pharmacodynamique.

On parle par exemple de récepteur couplé aux protéines G.

Courbe dose-effet ou concentration-effet (dose-effect curve, concentration-effect curve)

Courbe représentant graphiquement la relation entre l’intensité d’un effet pharmacodynamique et le logarithme de la dose (ou de la concentration) du médicament.

Crèmes

Préparations de constitution semblable à celle des pommades mais de consistance plus fluide en raison de la présence d’au moins 20 % d’eau.

Critère clinique (clinical criteria)

Un critère est dit clinique s’il traduit une amélioration quantitative ou qualitative de la santé consciente du patient.

Seuls les critères cliniques peuvent fonder l’évaluation du rapport bénéfice/risque d’un médicament car ce sont les seuls qui expriment directement les objectifs du médecin.

Au nombre des critères cliniques, il faut compter :

1° l’amélioration de la qualité de vie

2° l’amélioration de probabilité de survie

3° la disparition d’un symptôme douloureux, gênant ou invalidant

4° le retour plus rapide à l’état de bonne santé

5° la prévention de l’état morbide.

Les critères cliniques s’opposent aux critères intermédiaires (d’essence essentiellement biologique ou radiologique) (voir ce terme).

Critère combiné

Association disparate de plusieurs critères de jugement pour évaluer l’effet de médicaments lors d’essais cliniques.

On assiste actuellement malheureusement dans la présentation des résultats des essais cliniques, à l’utilisation de critères de jugements dits " combinés ". Ces " combinaisons " associent des évènements distincts voire disparates, intentionnellement incomplets. On utilise cet artifice pour augmenter la probabilité de mettre en évidence une différence " statistiquement significative " entre les médicaments comparés, tout particulièrement lorsque l’essai est de taille réduite ou lorsque les médicaments, d’action voisine, s’avèrent difficiles à départager. On associe donc dans ces critères " combinés " des situations hétérogènes comme décès, morbidité ou encore nombre d’hospitalisations ou de ré hospitalisations… Ces différents évènements n’ont bien sûr rien à voir entre eux : ils ne révêtent pas la même importance pour le médecin ou le malade. Ce recours aux critères " combinés " permet ainsi de distinguer " statistiquement " et artificiellement certains médicaments entre eux sans que ceci corresponde à une différence véritable en clinique…

Il faut proscrire dans l’évaluation des médicaments l’utilisation des critères de jugement " combinés " pour utiliser des critères cliniques pertinents (c’est-à-dire importants pour le malade et le médecin) et surtout validés (les critères " combinés " ne sont généralement pas validés, c’est-à-dire vérifiés).

Critère intermédiaire (intermediary endpoint)

Modification d’un paramètre paraclinique (électrocardiographique, radiolographique, ultrasonore…) ou biologique (uricémie, glycémie, cholestérolémie…) sous l’effet d’un médicament.

La modification d’un critère intermédiaire ne constitue pas un objectif final pour l’évaluation d’un médicament car elle ne traduit pas forcément une amélioration de la qualité de vie du malade ou de son état de santé. Le critère intermédiaire s’oppose au critère clinique (voir ce terme).

Un critère intermédiaire est utile pour les phases précoces du développement d’un médicament. Il peut en outre servir pour l’ajustement individuel de la posologie (exemple : le taux de prothrombine pour les anticoagulants oraux). Mais, il ne saurait être la pierre angulaire de la démonstration du bénéfice d’un médicament.

Critère de substitution (surrogate endpoint)

Critère de jugement prédictif d’évolution d’un critère clinique. Le critère de substitution peut remplacer le critère clinique quand l’emploi de ce dernier se révèle difficile, voire impossible (notamment pour des raisons de taille d’échantillons, de durée d’étude ou d’éthique).

Un critère de substitution n’est acceptable que si :

- son évolution est fiable, non ambigu et reproductible,

- il existe une relation, claire et bien établie entre ce critère de substitution et le critère clinique pertinent,

- il a été démontré que son évolution est corrélée, de façon réciproque à celle du critère clinique pertinent (valeur prédictive forte). Ceci signifie qu’une évolution favorable ou défavorable du critère de substitution est prédictive d’une évolution de même sens du critère clinique pertinent.

Exemples de critères de substitution : taux de CD4, électromyographie, visualisation d’une tumeur… La force de l’habitude considère la pression sanguine artérielle comme un critère de substitution. Rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que ce choix est judicieux. En effet, il reste à évaluer le bénéfice clinique (en terme de morbi-mortalité) avec tout antihypertenseur puisque le risque médicamenteux final peut être d’une autre nature que le critère clinique et diminuer ainsi le bénéfice théorique pour annuler voire rendre négatif le bénéfice réel (cas des anticalciques).

Les critères de substitution sont trop souvent choisis dans les essais cliniques (même s’ils ne sont pas forcément validés) (voir ce terme).

                    Croisement de fichiers (record linkage)

Méthode consistant à réunir les données de deux ou plusieurs fichiers complémentaires, de manière à permettre une analyse de type épidémiologique, par exemple de type cohorte ou cas-témoins.

On peut ainsi utiliser les données d’un registre pour sélectionner des sujets ayant présenté une maladie donnée et rechercher leur éventuelle exposition à un médicament dans un fichier de prescription. A l’inverse, un fichier de prescription peut servir à identifier les personnes traitées ou ayant été traitées par un médicament donné, un fichier d’hospitalisation à rechercher celles hospitalisées pour un évènement grave.

Cross-over (cross-over)

Voir essai croisé.

Cytochromes P450(cytochromes P450)

Les cytochromes P450 (CYP) sont des enzymes ubiquitaires intervenant dans le métabolisme de substrats endogènes ou exogènes, notamment médicamenteux. Ils se répartissent en familles (CYP 1 – 2 – 3) et sous-familles (CYP 1A – 2C – 2 D et 3A). Parmi ces sous-familles, les principaux CYP impliqués dans le métabolisme des médicaments sont :

les CYP 1A2 ; CYP 2C9 ; CYP 2 C19 ; CYP 2D6 ; CYP 3A4.

Le métabolisme des médicaments, principalement hépatique, fait intervenir :

Chez l’homme, le CYP 3A4 est quantitativement le plus important : il représente 30 % du contenu hépatique en CYP et est également présent au niveau intestinal (entérocytes). Environ la moitié des médicaments métabolisés le sont par l’intermédiaire du CYP 3A4.

Un certain nombre de médicaments, métabolisés préférentiellement par un CYP, peuvent donner lieu à des interactions cliniquement significatives : il s’agit des médicaments appelés inducteurs et inhibiteurs enzymatiques.

  1. LES INDUCTEURS ENZYMATIQUES
  2. Ils augmentent la synthèse ou l’activité des CYP.:

    1 – Anti-infectieux :

    -antituberculeux (rifampicine RIFADINE°, rifabutine ANSATIPINE°),

    -antiviraux inhibiteurs de la reverse transcriptase (efavirenz SUSTIVA°, névirapine VIRAMUNE°),

    -antifongique (griséofulvine, GRISEFULINE°)

    2 – Antiépileptiques de première génération :

    -carbamazépine TEGRETOL°,

    -barbituriques GARDENAL°et autres

    -phénytoïne DIHYDAN°

    3 – Millepertuis : St John’s word

    4 – Tabac, alcool (prise chronique).

    L’induction n’est pas spécifiquement d’un seul CYP mais concerne principalement les CPY 2C et 3A.

    L’induction est progressive et atteint son maximum en 10 à 15 jours. De la même façon, cet effet disparaît progressivement à l’arrêt de l’inducteur. Elle se traduit sur le bilan biologique du patient par une élévation du taux de certaines enzymes hépatiques, comme les gamma-GT par exemple.

  3. LES INHIBITEURS ENZYMATIQUES

L’inhibition, à l’inverse de l’induction, s’exerce plus sélectivement au niveau de un ou, plus rarement, deux CYP.

2a- inhibiteurs du CYP 3A4 :

-macrolides (" mycine "),

-antiprotéases (" avir "),

-anticalciques bradycardisants (diltiazem TILDIEM°, vérapamil ISOPTINE°),

-antifongiques azolés (" conazole "),

-amiodarone CORDARO NE°,

-jus de pamplemousse.

2b- inhibiteurs du CYP 2D6 :

-inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (antidépresseurs) : fluoxétine PROZAC° paroxétine DEROXAT°…

L’inhibition, à l’inverse de l’induction, est rapide et répond schématiquement à deux mécanismes :

- une réelle inactivation du CYP par l’inhibiteur ;

- une compétition au niveau d’un même CYP entre deux substances :

. administrées simultanément,

. fixées et métabolisées par le même CYP.

Ce deuxième mécanisme, plus fréquemment impliqué, résulte d’une affinité de la substance inhibitrice pour le CYP considéré, qui est supérieure à celle de la substance inhibée. En fonction de leur degré d’affinité pour un CYP donné, certains médicaments peuvent, dans ces conditions, se comporter comme des inhibiteurs du métabolisme de médicaments moins affines, mais aussi avoir leur métabolisme inhibé par d’autres médicaments plus affines.

En cas de prescription d’une association médicamenteuse, il convient de vérifier la présence d’inducteurs ou d’inhibiteurs:

- leur association à des médicaments à risque doit être prise en compte et se révèle d’autant plus problématique, voire dangereuse, que la marge thérapeutique du médicament associé est étroite ;

- les inducteurs, en accélérant le métabolisme de certains médicaments, peuvent, par diminution de leurs concentrations plasmatiques, entraîner des diminutions notables d’efficacité aux conséquences :

. graves (par exemple, rejet de greffe en présence d’immunosuppresseurs) ;

. inattendues (par exemple, échec d’une contraception orale) ;

- les inhibiteurs, en ralentissant le métabolisme de certains médicaments peuvent, par augmentation de leurs concentrations plasmatiques, majorer le risque d’effets indésirables avec des conséquences parfois graves.

Dans certains cas, pour contrebalancer l’effet de l’interaction, il est recommandé de modifier la posologie du médicament associé à un inducteur ou à un inhibiteur :

- augmentation avec un inducteur ;

- diminution avec un inhibiteur.

Les recommandations d’adaptation de posologie figurent sous la rubrique " Interactions " et dans le livret " Interactions médicamenteuses ", additif au dictionnaire Vidal.

L’adaptation de posologie préconisée peut parfois être guidée :

L’arrêt d’un inducteur ou d’un inhibiteur doit s’accompagner :

- d’un retour à la posologie initiale du médicament associé,

-d’un suivi d’autant plus rigoureux que le médicament associé a une marge thérapeutique étroite.

 

                   D

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DDD (Defined Daily Dose)

Dose de médicament nécessaire pour une journée de traitement dans des conditions standardisées.

Il s’agit d’une posologie étalon recommandée dans la littérature scientifique, pour un médicament, utilisé dans une indication donnée, de manière à obtenir ou maintenir l’effet thérapeutique chez un sujet standard. La DDD peut donc différer de la posologie quotidienne moyenne (PQM), réellement prescrite ou utilisée, si les médecins ou les malades ne suivent pas, à tort ou à raison, ces recommandations. Pour certains médicaments, la pratique a abouti, au bout de plusieurs années, à revoir, à la baisse ou à la hausse, la posologie recommandée au départ. On peut, cependant, en première analyse, considérer, par défaut que la DDD est équivalente à la posologie quotidienne moyenne.

Si la posologie quotidienne recommandée (DDD) pour un médicament antihypertenseur est de 1,5 comprimé et que 12 500 boîtes de 30 comprimés de ce médicament ont été vendues dans une région en une année, cela correspond à un total de (12 500 x 30)/1,5 = 250 000 DDD soit à 250 000 jours-traitement par ce médicament mais ne renseigne pas sur le nombre de patients traités durant la période. Il peut, par exemple, s’agir de 250 000/30,4 = 8 200 patients traités un mois ou de 250 000/365 = 685 patients traités par an.

La DDD a été recommandée par l’OMS pour les comparaisons internationales de consommation de médicaments ; on utilise alors le nombre de DDD pour 1 000 habitants et par jour.

Ainsi, 2 DDD/1 000 h/jour voudra dire, si les ventes sont stables, que chaque jour, dans ce pays, 2 habitants sur 1 000 (0,2 %) sont traités par ce médicament.

Le terme de defined daily dose peut se traduire en français par posologie ou dose quotidienne recommandée.

Déclaration (reporting)

En pharmacovigilance, synonyme de notification (voir ce terme).

Déclaration obligatoire (mandatory reporting)

Obligation légale faite à un professionnel de santé observant un effet indésirable d’un médicament de signaler ce cas à une structure de pharmacovigilance.

En France, en matière de pharmacovigilance, la déclaration des effets indésirables graves ou inattendus (voir ces termes) est obligatoire pour les médecins, chirurgiens-dentistes et sages-femmes qu’ils aient ou non prescrit le (ou les) médicament(s) suspecté(s). Cette disposition a été secondairement étendue aux autres professions de santé, notamment aux pharmaciens. De même, tout industriel doit déclarer à l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de santé les cas d’effets indésirables, dont il a connaissance, susceptibles d’être dus aux médicaments qu’il commercialise (décret n° 95-277 du 7 mars 1995).

De même, en matière de pharmacodépendance, la déclaration des cas de pharmacodépendance graves ou d’abus graves est obligatoire pour les mêmes personnes au Centre d’Evaluation et d’Information sur les Pharmacodépendances (voir ce terme).

Décrit, non décrit (labelled, unlabelled)

Par convention, un effet indésirable est dit décrit s’il est clairement mentionné dans la dernière version du résumé des caractéristiques du produit (RCP) (ou, dans le cadre d’un essai clinique, dans celle de la brochure investigateur).

Inversement, un effet sera dit non décrit s’il n’est pas cité dans ces documents, même s’il a fait l’objet d’une ou plusieurs publications dans la littérature scientifique.

Demi-vie plasmatique d’un médicament (plasma half life)

Temps pendant lequel la concentration plasmatique décroît d’une valeur quelconque à la moitié de cette valeur. Il s’agit d’une caractéristique du médicament liée à la forme galénique (on doit parler en fait de demi-vie plasmatique d’élimination).

La connaissance de la demi-vie plasmatique d’un médicament permet généralement de fixer le rythme d’administration de celui-ci. Le plateau à l’équilibre (steady state) est atteint au bout de 5 demi-vies (voir ce terme).

La règle des 7 demi-vies indique qu’au bout de ce temps, l’organisme est quasi totalement épuré du médicament.

On utilisera la règle des 5 demi-vies pour juger de l’effet pharmacologique maximal du médicament et celle des 7 demi-vies lorsque l’on veut substituer un second médicament interférant potentiellement avec le premier.

Demi-vie biologique ou pharmacologique (biological half life)

Temps nécessaire pour une division par deux de l’intensité de l’effet pharmacodynamique du médicament.

Dénomination du médicament

Il existe plusieurs dénominations du médicament :

- scientifique suivant les règles de nomenclature de l’Union Internationale de Chimie (exemple : 3-chloro-hydroxy-methyl-barbiturique)

- commune internationale (DCI) : nom simple et utilisable en tout pays, proposée par l’OMS (exemple : propranolol, captopril…). Le segment-clé permet de reconnaître la classe pharmacologique d’appartenance (voir deuxième partie du lexique).

- commerciale : nom de fantaisie faisant l’objet de marque déposée par un industriel et reconnaissable par le signe â (ce qui signifie " registered ").

On utilise de plus en plus souvent la DCI comme nom de spécialité des génériques suivis du suffixe Gé.

Dépendance physique (physical dependence)

Etat adaptatif, caractérisé par l’apparition de troubles physiques parfois intenses lorsque l’administration du produit est suspendue brusquement : leur ensemble constitue le syndrome de sevrage ou d’abstinence.

Dépendance psychique (psychic dependence)

Désir souvent irrépressible de répéter les prises du produit afin de retrouver les sensations agréables ou extraordinaires qu’il est capable de donner.

On la désignait autrefois sous le nom d’assuétude.

Désensibilisation homologue (homologuous desensitization)

Diminution de la réponse de l’effecteur à l’agent spécifique stimulant le récepteur impliqué dans l’effet lors d’une stimulation (ou administration) ultérieure.

Exemple : diminution de la réponse bêta-adrénergique à la suite d’un traitement chronique par un agoniste bêta-adrénergique.

A différencier de down-regulation (voir ce terme) qui concerne uniquement le nombre des récepteurs.

Désensibilisation hétérologue (hetereloguous desensitization)

Diminution de la réponse du récepteur à un médicament spécifique entraînée par d’autres médicaments non spécifiques de ce récepteur.

Exemple : diminution de la réponse bêta-adrénergique à la suite d’un traitement chronique par un antithyroïdien de synthèse.

Développement

Travaux (expérimentations, essais cliniques, mises au point chimiques et industrielles, etc.…) préalables à la demande de mise sur le marché.

On distingue entre autres le développement pré clinique (voir ce terme) et le développement clinique (voir ce terme).

Développement clinique

Essais cliniques des médicaments (phases I, II et III) en vue de l’obtention ou de la modification de l’AMM (dossier clinique).

Développement pré clinique

Expérimentation in vitro et in vivo chez l’animal en vue de l’obtention ou de la modification de l’AMM (dossier pharmaco toxicologique).

Distribution pharmaceutique (pharmaceutical distribution)

Maillons de la chaîne pharmaceutique compris entre la fabrication (après libération de lots à la vente) et la mise à la disposition de l’utilisateur et confiés à la responsabilité de pharmaciens.

Données actuelles de la science (DAS)

Ensemble des connaissances médicales acquises à un moment donné au moyen de méthodes scientifiques rigoureuses, qui ont force de l’évidence et qui, en vertu de leur valeur intrinsèque, s’imposent au médecin.

Les données actuelles de la science sont à la base de la médecine " factuelle " ou encore " médecine fondée sur les preuves " (evidence based medicine).

Dopage

Utilisation en vue ou à l’occasion d’une compétition sportive, de substances ou de tous moyens destinés à augmenter artificiellement les performances, dans des conditions contraires à l’éthique sportive et préjudiciables à l’intégrité physique et psychique de l’athlète.

On entend par dopage le fait (1) d’utiliser des substances ou procédés interdits, (2) d’administrer ou d’appliquer ces substances ou procédés ou (3) d’inciter à leur usage ou d’en faciliter l’utilisation.

Dose efficace 50 (DE 50)

Dose déterminant le même effet pharmacodynamique chez 50 % des individus (animaux en pharmacologie expérimentale ou hommes en pharmacologie clinique) étudiés.

Dose de charge (loading dose)

On administre une dose de charge d’un médicament lorsque l’on veut obtenir très rapidement une concentration plasmatique efficace.

Ainsi, on n’attend pas les 5 demi-vies habituelles nécessaires pour obtenir le plateau thérapeutique. La dose de charge est toujours supérieure à la dose d’entretien.

Dose létale 50 (DL 50) (letal dose)

Dose nécessaire pour provoquer la mort de 50 % des animaux testés.

La dose létale s’étudie en pharmacologie expérimentale lors des phases précoces de développement du futur médicament afin d’étudier l’index de sécurité absolue (voir ce terme).

Dose quotidienne certifiée ou recommandée

Traduction française de Defined Daily Dose (voir " DDD ").

Dose seuil (treshold dose)

C’est la plus faible dose révélant un effet pharmacodynamique.

Dose unitaire (unit dose)

Quantité minimale d’un médicament destiné à être administré en une fois.

Double aveugle (double blind)

Terme impropre, à remplacer par double insu (voir insu).

Double insu (double blind)

Voir insu.

Down-regulation

Diminution du nombre de récepteurs due à la stimulation excessive de celui-ci par un médicament agoniste (ou un neurotransmetteur).

Exemple : le traitement chronique par les bêta-stimulants peut aboutir à une diminution du nombre des récepteurs bêta-adrénergiques bronchiques.

A différencier de désensibilisation (voir ce terme).

Dragée (ou comprimé enrobé dragéifié)

Forme pharmaceutique solide comportant le plus souvent un noyau comprimé enrobé de sucre.

                    Drogue (drug)

Substance (médicamenteuse ou non) dont l’abus peut donner lieu à (pharmaco)dépendance (voir " dépendance ").

Le terme " drogue " ne doit pas, malgré la similitude avec le terme anglais " drug ", s’utilise pour désigner un médicament (voir " stupéfiants ").

E

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Edulcorant

Excipient, modificateur du goût permettant de rendre une préparation destinée à la voie orale agréable et/ou de masquer le mauvais goût d’un principe actif.

Effecteur

Organe cible au niveau duquel la transmission de l’information entraîne un effet (ou une réponse) pharmacodynamique

Effervescent (effervescent)

Poudre ou comprimé qui, au contact de l’eau, se dissout en dégageant du gaz carbonique.

Effet (effect, reaction)

Modification d’un état antérieur qui peut être raisonnablement attribuée à une exposition, en particulier à un médicament (exemple : effet pharmacologique, effet indésirable).

Si la relation causale avec le médicament n’est pas établie ou, au moins, fortement suspectée, il convient d’utiliser le terme " événement " (voir ce terme). C’est le cas en particulier dans les essais cliniques.

Effet indésirable (adverse drug reaction, adverse effect, untoward effect)

Manifestation nocive, non désirée, survenant chez un patient traité (ou ayant été traité) par un médicament et attribuée à ce dernier.

En fonction de leur mécanisme de survenue, les effets indésirables peuvent être qualifiés d’attendus ou d’inattendus.

Effet indésirable attendu (expected adverse drug reaction)

Manifestation nocive, non désirée, attribuée à un médicament, survenant chez certains malades, dont la survenue est a priori en rapport avec une propriété pharmacologique connue du principe actif.

La connaissance de l’ensemble des propriétés pharmacologiques d’un médicament permettrait d’attendre, de prévoir ces effets indésirables attendus.

Exemples : broncho constriction sous bêta-bloquant (bloc des récepteurs bêta2-adrénergiques bronchiques), amnésie sous benzodiazépine, hémorragie digestive sous anti-inflammatoire non stéroïdien (inhibition de la synthèse des prostaglandines cytoprotectrices).

Un effet indésirable attendu sera retrouvé chez une proportion non négligeable de malades traités. Il est généralement dose dépendant et peut être reproduit, en totalité ou en partie, chez l’animal. On utilise également le terme d’ " effet indésirable de type A " (A pour Attendu) (Type A reaction).

Enfin, et par extension quelle que peu abusive, effet attendu est considéré actuellement comme synonyme d’effet décrit (voir ce terme). Les définitions internationales actuelles définissent ainsi l’effet indésirable attendu comme une manifestation clairement mentionnée dans la dernière version du résumé des Caractéristiques du Produit (RCP) (voir ce terme) (ou de la brochure investigateurs dans le cadre d’un essai clinique).

Effet indésirable inattendu (unexpected adverse drug reaction)

Manifestation nocive, non désirée, attribuée à un médicament, survenant chez certains malades, mais, a priori, sans rapport avec l’une de ses propriétés pharmacologiques connues.

On admet généralement que l’effet indésirable inattendu révèle un (ou plusieurs) facteur(s) de risque inhérent(s) à certains malades (sensibilisation immuno-allergique antérieure, anomalie du métabolisme, déficit en un acide aminé donné, population particulière de récepteurs, etc.). Selon la distribution de ce (ou de ces) facteur(s) dans la population exposée, l’incidence de l’effet peut être faible ou très faible. La non-connaissance a priori de ces facteurs de risque justifie l’appellation inattendu même si, secondairement, on peut en établir le mécanisme.

On désigne également l’effet indésirable inattendu sous le terme d’ " effet indésirable de Type B " (B pour Bizarre) (Type B reaction).

Enfin, par extension quelle que peu abusive, les définitions internationales actuelles qualifient d’inattendu un effet indésirable non décrit, c’est-à-dire non mentionné dans la dernière version du Résumé des Caractéristiques du Produit (RCP) (ou de la brochure investigateur dans le cadre d’un essai clinique).

Effet latéral (side effect)

Traduction littérale du terme anglais side effect à laquelle on doit préférer celle d’effet secondaire (voir ce terme).

Effet nocebo (nocebo effect)

voir: effet placebo.

Effet pharmacodynamique (pharmacodynamic effect)

Modification du fonctionnement d’un système (ou d’un organe ou d’un tissu ou d’une cellule), quantifiable et reproductible, généralement dose-dépendante, en rapport avec l’administration d’un médicament à un organisme vivant (quel qu’il soit, animal ou homme).

La mise en évidence d’un effet pharmacodynamique ne préjuge pas de l’existence d’une efficacité (voir ce terme) thérapeutique.

Effet placebo (placebo effect)

Modification de l’état de santé ou de bien-être d’un sujet non explicable par une propriété pharmacologique connue du médicament utilisé mais en rapport avec le contexte psychologique lié à la prescription, son environnement ou la confiance du malade dans l’efficacité du médicament.

L’effet placebo s’observe également avec des traitements non médicamenteux.

L’étymologie du mot placebo (du latin, je plairai) restreint, en principe, la définition aux effets bénéfiques espérés par le patient. Pour les manifestations indésirables en rapport avec la prise d’un médicament dénué d’activité pharmacologique, on parle d’effet nocebo (nocebo effect).

Effet de premier passage (first pass effect)

Captage et métabolisation du principe actif par les premiers organes traversés (foie, poumons…) avant le passage dans la circulation générale.

On parle le plus souvent d’effet de premier passage hépatique qui, s’il est important, réduira la quantité de médicament arrivant dans la circulation générale (et donc sa biodisponibilité).

Effet protecteur (protective effect)

Diminution du risque en rapport avec une exposition ou un autre facteur qui se traduit par un risque relatif ou un odds ratio significativement inférieur à 1 lors de la comparaison avec un groupe de référence.

Effet secondaire (side effect)

Effet d’un médicament en rapport avec une de ses propriétés pharmacologiques annexes et donc connues.

Exemple : effet antinaupathique des antihistaminiques H1 (lié à leur propriété anticholinergique) ; hypotension orthostatique (en relation avec le pouvoir alpha-adrénolytique) des neuroleptiques ou des antidépresseurs imipraminiques.

Un effet secondaire peut avoir des conséquences nocives ou non.

Bien différencier effet secondaire et effet indésirable (voir ce terme).

Effet thérapeutique (therapeutic effect)

Amélioration mesurable, immédiate ou retardée, transitoire ou définitive, de l’état de santé ou de bien-être d’un sujet en rapport avec l’utilisation d’un médicament et explicable d’une part par une ou plusieurs des propriétés pharmacologiques du médicament et d’autre part par les effets de la prise en charge globale par le médecin (effet médecin, effet placebo…).

L’effet thérapeutique va donc au-delà du simple effet pharmacologique du médicament.

                   Effet toxique (toxic effect, toxic reaction)

Vient de la racine " toxkon " qui veut dire " poison pour flèches ".

Manifestation nocive découlant de l’administration d’une dose toxique (c’est-à-dire supra thérapeutique) d’un médicament.

Un effet toxique peut découler de l’administration d’une forte dose pendant un temps court ou très court (intoxication ou toxicité aiguë) ou d’administrations répétées aboutissant à une dose cumulée trop forte (toxicité cumulative, toxicité chronique).

Il faut bien différencier effet " toxique " d’effet " indésirable " et ne pas utiliser un mot pour l’autre. Il est évident que si un médicament est " toxique ", les autorités administrative ne recommandent pas sa mise sur le marché ! Par contre, s’il présente des effets indésirables identifiés et si son rapport bénéfices/risques s’avère malgré tout positif, il recevra un avis favorable des agences réglementaires.

Efficace (effective)

Qui produit l’effet attendu. Un médicament est dit efficace s’il est susceptible d’induire un bénéfice thérapeutique.

En pharmacologie, le terme d’ " efficacité " regroupe trois sens à bien différencier (et à connaître) :

- activité (efficacy), ou efficacité théorique ou potentielle telle qu’elle peut être étudiée par exemple en phase III (voir ce terme) dans les essais cliniques (voir ce terme) par l’effet du médicament sur un critère intermédiaire (voir ce terme),

- efficacité (effectiveness), ou efficacité réelle évaluée par exemple en phase IV (voir ce terme) par la modification par le médicament d’un ou plusieurs critères cliniques (voir ce terme), comme par exemple la morbi-mortalité d’une maladie. Il s’agit d’une approche pragmatique en situation réelle,

- efficience (efficiency), c’est-à-dire l’efficacité (au sens effectiveness) en tenant compte du coût et du temps. Un traitement sera plus efficient qu’un autre s’il permet d’obtenir le même bénéfice thérapeutique avec une durée et/ou un coût moindre(s).

Efficacité (efficacy, effectiveness, efficiency)

Voir efficace.

Embryotoxicité (embryotoxicity)

Atteinte du foetus par une substance chimique médicamenteuse ou non.

L’embryolétalité est la manifestation la plus évidente de l’embryotoxicité. La recherche d’une embryotoxicité fait partie des études de segment II (études concernant l’exposition " in utero ").

Equivalent thérapeutique (Me Too drug)

Ensemble des principes actifs et spécialités pharmaceutiques permettant de traiter la même pathologie, et en principe avec une efficacité comparable, en règle avec le même mécanisme d’action.

Deux me too (littéralement " moi aussi médicament ") appartiennent ainsi généralement à la même famille pharmacologique.

Essai clinique (clinical trial)

" Tout essai systématique d’un médicament chez l’homme, mené sur des volontaires malades ou sains, afin d’en mettre en évidence ou d’en vérifier les effets et (ou) d’identifier tout effet indésirable et (ou) d’en étudier l’absorption, la distribution, le métabolisme et l’excrétion pour en établir l’efficacité et la sécurité d’emploi ".

En France, le terme essai clinique, contrairement à celui d’étude, désigne plutôt une recherche à caractère expérimental entrant, du fait de son protocole contraignant, dans le cadre de la loi Huriet-Sérusclat (voir ce terme).

Essai clinique de Phase I (Phase I clinical trial)

Premiers essais d’un nouveau principe actif chez l’homme.

Ces essais, généralement menés dans des structures autorisées (Services hospitaliers de Pharmacologie Clinique ou Centres d’Investigation Clinique, voir ce terme) pendant des périodes courtes (quelques jours) sur un faible nombre (quelques dizaines) de volontaires sains, ont pour objectif d’évaluer les effets (pharmacodynamiques, secondaires et indésirables) en fonction de la dose et de réaliser les premières études de pharmacocinétique. Il n’ont aucun objectif ni d’efficacité ni de thérapeutique.

Essai clinique de Phase II (Phase II clinical trial)

Première administration du nouveau médicament à une population sélectionnée de sujets malades.

" Essais (…) pilotes dont l’objectif est de mettre en évidence l’activité et d’évaluer la sécurité d’emploi à court terme du principe actif chez des patients souffrant d’une maladie ou atteints d’une affection que le principe actif est supposé traiter. Ces essais sont effectués chez un nombre limité de personnes (quelques centaines) et souvent, à la fin de cette phase, selon un protocole comparatif (par exemple : contre placebo).

La Phase II cherche également à déterminer les doses et posologies appropriées et, surtout, à faire apparaître clairement les relations dose/réponse afin de fournir une base optimale pour la réalisation d’essais (…) sur un plus grand nombre de patients ", (c’est-à-dire les essais de phase III qui suivront).

Essai clinique de Phase III (Phase III clinical trial)

Phase des essais cliniques comparatifs portant sur un grand nombre de sujets.

" Essais menés sur des groupes de patients plus importants qu’en phase I ou II et, si possible, diversifiés afin de déterminer le rapport sécurité d’emploi/efficacité à court et à long terme et d’évaluer la valeur (…) globale et relative d’une ou plusieurs formes du principe actif.

Ces essais doivent permettre d’étudier le type et le profil des effets indésirables les plus fréquents, ainsi que les interactions médicamenteuses ayant une importance clinique et l’influence sur les résultats de facteurs tels que l’âge.

Le protocole fera, de préférence, appel au double insu avec tirage au sort bien que d’autres types d’essais puissent être acceptables, notamment pour l’étude de la sécurité d’emploi à long terme. De façon générale, les conditions lors des essais de Phase III doivent être aussi proches que possible des conditions normales d’utilisation ".

Essai comparatif (controlled trial)

Etude clinique de type prospectif dans laquelle un médicament est comparé à une référence (control).

L’objectif de la comparaison peut être un effet pharmacodynamique, la recherche d’une efficacité thérapeutique, d’un effet indésirable ou tout autre critère (paramètres pharmacocinétiques, coût, qualité de vie…). La référence utilisée peut être une substance inactive (placebo) ou un médicament reconnu efficace (médicament de référence). La méthode peut reposer sur la stratégie des groupes parallèles ou sur celle d’un essai croisé (voir ces termes). La nature de l’attribution des traitements peut être inconnue du malade (essai en simple insu), du malade et de l’investigateur (essai en double insu) ou du malade, de l’investigateur et de la personne chargée de l’analyse statistique (essai en triple insu). On utilise souvent à tort le terme d’ " essai contrôlé " pour désigner un essai comparatif.

Essai croisé (cross over trial)

Au lieu d’utiliser un groupe témoin de comparaison (on parle alors d’essai en groupe parallèle), on peut prendre chaque malade comme son propre témoin. Ainsi, dans un essai croisé, chaque sujet recevra pendant deux périodes successives le produit à l’étude et son comparateur.

L’essai croisé ne pose pas le problème d’appariement (puisqu’on compare les mêmes sujets dans les deux groupes) et nécessite deux fois moins de malades que l’essai en groupes parallèles. Cependant, il pose un certain nombre de difficultés méthodologiques spécifiques : stabilité de la maladie pendant la durée de l’étude, risque de chevauchement des effets d’un médicament de la première à la seconde période, nécessité d’une période de fenêtre thérapeutique ou wash-out (voir ce terme) de durée relativement courte.

Essai, étude péri-AMM (peri-approval trial, peri-approval study)

Essai, étude clinique mené(e) postérieurement aux essais cliniques de Phase III d’un médicament, soit immédiatement avant, soit immédiatement après l’octroi de l’AMM.

Ces essais et études ont pour but de compléter ceux de Phase III sur un point particulier concernant généralement les effets indésirables. Il s’agit dans la quasi-totalité des cas d’études de cohorte (voir ce terme).

Essai, étude de Phase IV (Phase IV trial, Phase IV study)

" Essais réalisés après la mise sur le marché d’un médicament ".

Réglementairement, les essais cliniques qui précèdent l’AMM sont divisés en trois phases : la phase I, II et III. Tout essai réalisé dans l’indication accordée par l’AMM (voir ce terme) et après celle-ci est un essai de phase IV. Par contre, tout essai réalisé après l’obtention de l’AMM dont l’objectif est d’obtenir une extension de celle-ci (nouvelle indication, nouvelle posologie, etc.) est un essai de phase II ou III. Il faut alors considérer le produit comme un nouveau médicament.

Les essais de phase IV peuvent permettre de préciser l’activité d’un médicament dans un groupe de sujets (personnes âgées, enfants…), l’efficacité (effectiveness), certains effets indésirables rares, les modalités de prescription et d’utilisation, les caractéristiques pharmacoéconomiques ou pharmacogénétiques…

Essai pragmatique (pragmatic trial)

Essai ayant pour objectif d’évaluer, sur des critères pragmatiques (c’est-à-dire selon l’étymologie concrets, adaptés à la réalité), choisis a priori par consensus, l’intérêt thérapeutique global d’un traitement par comparaison avec une stratégie déjà existante.

La démarche de l’essai pragmatique diffère donc dans son principe et ses objectifs de celle de l’essai clinique explicatif qui vise à démontrer l’efficacité intrinsèque et/ou étudier les effets indésirables d’un médicament dans des conditions standardisées. L’essai pragmatique intervient postérieurement aux essais de phase III, quand le médicament est déjà à la disposition du corps médical depuis un certain temps.

La répartition des médicaments à comparer fait appel, comme pour l’essai explicatif, au tirage au sort, mais le médicament attribué demeure connu du malade et du médecin ce qui permet de mieux prendre en compte la réalité et la globalité de la relation de soins. Il est ainsi possible d’orienter le prescripteur, de l’aider à prendre une décision thérapeutique en pleine connaissance du contexte de la prescription.

Essai pré clinique(preclinic study)

Etude expérimentale menée en laboratoire soit sur l’animal (in vivo), soit in vitro (cultures cellulaires, prélèvements biologiques) et précédant les premières administrations humaines du produit.

Les essais pré cliniques sont le préalable scientifique et éthique indispensable à toute première administration à l’homme d’un produit nouvellement isolé, bien que les résultats obtenus chez l’animal ne soient pas totalement transposables chez l’homme. Ces études explorent les conditions de sécurité et d’efficacité de la substance. En terme d’efficacité, on conduit des études pharmacodynamiques et pharmacocinétiques chez l’animal. En terme de sécurité, on étudie systématiquement la toxicité aiguë, la toxicité subaiguë et chronique, la reproduction (fertilité), l’embryogenèse (périnatalité), la mutagenèse et la cancérogenèse (voir ces termes).

Essai thérapeutique(therapeutic trial)

Synonyme d’essai clinique (voir ce terme).

Etablissement pharmaceutique

Société dont le propriétaire est un pharmacien (ou dont un pharmacien participe à la direction générale: pharmacien responsable) se livrant à une activité pharmaceutique de fabrication ou de répartition de médicaments.

Etablissement au sein duquel doivent obligatoirement être effectuée la fabrication, l’importation, l’exportation et la distribution en gros des médicaments, produits et objets inclus dans le monopole pharmaceutique (voir ce terme), la fabrication, l’importation et la distribution de médicaments destinés à être expérimentés sur l’homme, ainsi que l’exploitation des spécialités pharmaceutiques ou autres médicaments.

Etude cas-témoin (case-control study)

Plan d’étude pharmacoépidémiologique consistant à comparer un groupe de sujets présentant un évènement donné (les cas) et un groupe de sujets ne le présentant pas (les témoins) quant à leur exposition antérieure à un médicament.

Un exemple d’une étude cas-témoin : " cas " : sujets avec hémorragies digestives ; " témoins " : sujets sans hémorragie digestive. Dans les deux groupes, on comparera l’exposition aux AINS.

Le rapport des cotes d’exposition (odds ratio) au facteur étudié chez les cas et les témoins fournit une estimation de la force de l’association (sans préjuger d’une relation causale) entre l’exposition et la survenue de l’évènement.

En pharmacoépidémiologie, les études cas-témoins sont particulièrement intéressantes pour mesurer l’association entre un médicament et un évènement indésirable non détectable par notification spontanée (voir ce terme), c’est-à-dire notamment les évènements rares et/ou de délai d’apparition retardé. Une étude de cohorte (voir ce terme) imposerait le suivi prolongé d’un très grand nombre de sujets. Les études cas-témoins sont rétrospectives (à la différence des études de cohorte qui sont prospectives).

Etude coût-bénéfice (cost-benefit cost)

Etude de pharmacoéconomie ayant pour but de mettre en rapport les coûts et les conséquences d’une intervention médicamenteuse, exprimée en termes monétaires.

Par exemple, on peut rapporter le coût d’une campagne de vaccination à celui de la prise en charge des cas de la maladie et/ou de ses complications qui seront (ou ont été évités) par cette campagne.

Etude coût-efficacité (cost-effectiveness study)

Etude de pharmacoéconomie ayant pour but de mettre en rapport les coûts et les conséquences d’une intervention médicamenteuse exprimée en termes d’état de santé, c’est-à-dire d’effectiveness (mortalité, morbidité ou qualité de vie) (voir efficacité).

Une telle étude aboutit à exprimer le coût de la stratégie par unité de résultat (exemple : coût par année de vie sauvée, coût par complication évitée, etc.).

On peut considérer le terme coût-efficacité comme synonyme d’efficience (voir le terme : efficacité).

Etude coût-utilité (cost-utility study)

Etude de pharmacoéconomie ayant pour but de mettre en rapport les coûts et les conséquences d’une intervention médicamenteuse, exprimée en terme d’appréciation de l’état de santé (" utilité ", " disposition à payer ").

Etude de cohorte (cohort study)

Une cohorte est un groupe de sujets sélectionnés en fonction d’une (ou plusieurs) caractéristique(s) et suivis dans le temps pour identifier, mieux connaître ou quantifier un phénomène.

Les études de cohorte sont des études prospectives de type longitudinal (par opposition au cas-témoin qui est rétrospectif). Les études de cohorte s’utilisent pour un évènement de fréquence élevée.

En pharmacovigilance, les sujets sont généralement identifiés en fonction de leur exposition à un médicament et le phénomène étudié est le plus souvent un évènement indésirable. Par exemple, pour étudier les hémorragies digestives sous AINS, on comparera la fréquence de survenue des hémorragies digestives dans un groupe de sujets " exposés " (prenant des AINS) et celle dans un autre groupe de sujets " non exposés " (ne prenant pas les AINS).

Etude de consommation, étude d’utilisation (drug utilization study)

Etude cherchant à décrire, quantitativement et qualitativement, la population des utilisateurs d’un médicament (ou d’une classe de médicament) donné(e) et/ou les conditions (indications, posologies, durées, traitements antérieurs ou associés, observance…) dans lesquelles on utilise le médicament.

Ces études ne sont pertinentes que dans le cadre d’une étude observationnelle (voir ce terme) ne modifiant pas la réalité de l’utilisation. Elles s’effectuent en phase IV.

Etude d’équivalence (equivalence study)

Etude visant à démontrer l’absence de différence entre deux médicaments à partir de mesures faites sur un ou plusieurs échantillons.

Les essais d’équivalence clinique ont pour objectif de montrer que deux médicaments sont équivalents en termes d’efficacité clinique. Ils sont à distinguer des essais de bioéquivalence (réalisés notamment pour le dossier d’un générique) ou l’équivalence ne concerne que des paramètres pharmacocinétiques.

Etude de marché (market research, market study, business analyses, market survey)

Enquête, analyse ou autres types de travaux permettant de recueillir les informations pertinentes (quantitatives et qualitatives) afin de mieux cerner les conditions de l’offre et de la demande ainsi que les possibilités et le suivi de commercialisation d’un produit, d’un programme ou d’un service sur un marché déterminé.

Etude de prescription (drug prescription study)

Etude de pharmacoépidémiologie cherchant à décrire (quantitativement et qualitativement), la population des médecins prescripteurs d’un médicament (ou d’une classe de médicaments) donné(e) ou la fréquence, les motifs et les conditions (posologie, durée, recommandations, surveillance…) de cette prescription.

Comme pour les études de consommation, une telle étude n’est pertinente que si elle reste observationnelle (voir ce terme) sans modifier le comportement de prescription.

Etude de prévalence (prevalence study)

voir: étude transversale.

                    Etudes de toxicologie (toxicological studies)

Dans le cadre du dossier pré clinique pour la soumission d’un dossier d’AMM d’un nouveau médicament, on doit réaliser cinq types d’études :

1- études de toxicologie aiguë

2- études de toxicologie chronique

3- études de mutagenèse (voir ce terme)

4- études de cancérogenèse (voir ce terme)

5- études de toxicologie et de la reproduction.

Voir : toxique.

Etude d’intervention

Etude au cours de laquelle le chercheur modifie les caractéristiques d’une population.

L’essai clinique (en attribuant à un des groupes le médicament à étudier et en contrôlant les autres facteurs) est le prototype de l’étude d’intervention. Les études d’intervention s’oppose aux études observationnelles (voir ce terme).

Etude expérimentale (experimental study)

Synonyme d’étude d’intervention (voir ce terme).

Etude multicentrique (multicentric study)

Etude menée avec plusieurs centres de recrutement de malades.

Les études de phase III sont désormais toutes de type multicentrique.

Etude observationnelle (ou étude d’observation) (observational study, non-experimental study)

Approche dans laquelle le chercheur ne fait qu’observer une population, un phénomène, sans intervenir en quoi que ce soit sur le cours naturel des choses.

En pharmacologie clinique, pharmacovigilance ou pharmacoépidémiologie, une étude peut être qualifiée d’observationnelle si l’on peut affirmer que tout (attribution et durée du traitement, mode de surveillance, risque encouru, etc.) se serait passé de la même façon s’il n’y avait pas eu d’étude. L’intérêt majeur de ces études est qu’elles partent de la réalité du terrain pour la décrire de la manière la plus fidèle possible. En contrepartie, l’absence de plan expérimental augmente la possibilité de biais et rend plus difficile une analyse de causalité.

Les études cas-témoins, de cohortes, de prévalence, de pharmacoépidémiologie ou de pharmacoéconomie (voir ces termes) sont des études observationnelles (à la différence de l’essai clinique qui est une étude d’intervention).

Etude prospective (prospective study)

Etude concernant l’avenir.

En pharmacologie clinique, un essai clinique doit être obligatoirement prospectif. En pharmacoépidémiologie, synonyme d’étude de cohorte (voir ce terme).

Etude rétrospective (retrospective study)

Etude concernant le passé.

En pharmacoépidémiologie, parfois utilisé pour désigner une étude cas-témoins (voir ce terme). En pharmacologie clinique, un essai clinique ne doit pas être rétrospectif mais toujours prospectif.

Etude transversale (cross-sectional study)

Etude, en général observationnelle (voir ce terme), mesurant la prévalence (voir ce terme) d’une exposition, d’un évènement, d’une maladie, dans une population à un instant donné (synonyme : étude de prévalence).

En pharmacoépidémiologie, les études transversales sont surtout utilisées pour mesurer :

- la prévalence d’une maladie ou d’un évènement dans une population,

- la consommation d’un ou plusieurs médicaments.

Exemple : dans la semaine considérée, 8 % des personnes interrogées en France consommaient un médicament donné.

European Medicines Evaluation Agency (EMEA)

Agence Européenne du Médicament, située à Londres.

Elle contrôle la politique du médicament sur l’ensemble de l’ Union Européenne. Elle délivre des AMM (voir ce terme) Européennes (centralisées, c’est-à-dire valables pour l’ensemble des pays) et assure les décisions de pharmacovigilance pour l’ensemble des pays membres.

                    Evènement (event)

Tout phénomène observé ou recherché chez un sujet ou dans une population.

En pharmacologie, évènement désigne une manifestation, désirable ou non, observée dans une population sans préjuger du fait qu’elle est en rapport avec la prise d’un médicament. A différencier d’effet (voir ce terme).

Evènement indésirable (adverse event)

Manifestation nocive et non recherchée survenant chez un sujet exposé, ou non, à un facteur de risque donné.

Le terme évènement indésirable, contrairement à effet indésirable, ne préjuge pas d’un lien causal avec une exposition, notamment à un médicament. Dans l’analyse d’un essai clinique, on parle d’évènements indésirables (sous produit actif ou placebo) sans discuter de lien causal. On utilise le terme d’effet indésirable en phase IV, c’est-à-dire après commercialisation du médicament en pharmacovigilance.

Evitabilité (preventability)

Caractère évitable des effets indésirables des médicaments.

Un effet indésirable médicamenteux est dit évitable si l’on peut considérer qu’il ne serait pas survenu dans le cadre d’une attitude de prescription conforme aux recommandations le plus communément admises (suivies de la dose, de la durée, des interactions médicamenteuses…). L’étude de l’évitabilité identifie, dénombre et décrit les effets indésirables pouvant être prévenus et cherche à proposer des actions préventives pour diminuer le risque médicamenteux.

Excipient (excipient)

Constituant inactif du médicament.

Les excipients comprennent notamment les colorants, les conservateurs, les diluants et les agrégants.

Excipient à effet notoire

Excipient dont la présence peut nécessiter des précautions pour certains patients.

Ces excipients (fructose, galactose… sulfites…) peuvent être responsables d’effets indésirables spécifiques (allergies aux sulfites). Lors du choix d’un générique (voir ce terme), on doit tenir compte de la présence de tels excipients.

Expérimental (experimental)

Désigne une stratégie (plan expérimental) dans laquelle le chercheur modifie volontairement le cours naturel des évènements pour les besoins d’une recherche.

Ces modifications sont généralement formalisées a priori par un protocole plus ou moins contraignant.

Par exemple, l’essai clinique de type Phase III, ou essai explicatif, correspond à un plan expérimental.

Expérimentation (experiment, experimentation)

Recherche à caractère expérimental.

Elle peut s’effectuer chez l’animal ou chez l’homme. Dans ce sens, un essai clinique de phase I (ou II ou III) est un essai de caractère expérimental.

Exposé (exposed)

En pharmacoépidémiologie, désigne un patient traité (ou ayant été traité) par un ou plusieurs médicament(s) et étant, de ce fait, supposé à risque vis-à-vis de la survenue d’un effet indésirable donné.

Exposition (exposure)

Facteur dont le rôle, par exemple dans la survenue d’un évènement, est l’objet principal d’une étude épidémiologique.

Par exemple, dans une étude de cohorte, l’existence de ce facteur pour servir à identifier la population étudiée qui sera, ou non, comparée à une population non exposée.

En pharmacoépidémiologie, l’exposition est généralement représentée par la prise d’un médicament dans des conditions (dose, durée, etc.) permettant d’attendre la survenue de l’effet recherché.

Extension d’AMM

voir : autorisation de mise sur le marché, essai en Phase IV.

F

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Façonnier

Etablissement pharmaceutique réalisant en sous-traitance toutes ou partie des opérations de fabrication, de contrôle et de conditionnement de spécialités pharmaceutiques pour le compte d’un donneur d’ordre (titulaire de l’AMM, exploitant de la spécialité).

Les établissements de façonnage sont soumis à toutes les contraintes applicables aux établissements pharmaceutiques.

Facteur confondant (confounding factor)

Voir biais

Facteur de risque médicamenteux (drug risk factor)

Caractéristique augmentant la probabilité de survenue d’un effet indésirable d’un médicament.

Une caractéristique peut être considérée comme un facteur de risque si elle est sur représentée chez les individus présentant l’événement par rapport à ceux ne le présentant pas.

Un facteur de risque ne peut donc être valablement mis en évidence que dans le cadre d’une étude épidémiologique. Il est préférable de parler de facteur favorisant pour désigner une caractéristique que l’on suspecte, sans pouvoir le démontrer de façon formelle, d’augmenter la probabilité de survenue d’un effet indésirable (par exemple, lors d’une analyse de données de notification spontanée).

Les facteurs de risque peuvent être propres à la constitution du sujet (âge, sexe, maladie, anomalie du métabolisme, etc.), aux caractéristiques de l’exposition (posologie, durée, médicaments associés, etc.) ou à d’autres éléments (alimentation, climat, saison, etc.).

Facteur favorisant (favourising factor)

voir: facteur de risque.

Facteur protecteur(protecting factor)

Caractéristique réduisant la probabilité de survenue d’un évènement indésirable d’un médicament.

Fiche d’information thérapeutique

Document synthétique élaboré pour tout médicament d’exception par l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé à l’attention des prescripteurs et des pharmaciens, regroupant les principales informations validées (voir ce terme) relatives à une spécialité pharmaceutique.

Les fiches d’information thérapeutiques sont rédigées pour tout médicament d’exception (voir ce terme) et pour certains produits particulièrement innovants.

Fiches de transparence

Documents établis par la Commission de Transparence (voir ce terme) comparant les spécialités pharmaceutiques au sein d’une classe thérapeutique en fonction de leurs activités et de leurs coûts.

Fichier national des volontaires

Mis en œuvre par le ministère chargé de la santé, il permet de s’assurer, avant de recruter un volontaire :

- qu’il ne participe pas simultanément à une autre étude ou qu’il n’est pas en période d’exclusion

- que le montant total des indemnités perçues ou à percevoir sur période de 12 mois consécutifs n’excède pas le maximum autorisé (soit 3800 Euros).

Fixation protéique (protein binding)

Lors de la phase de distribution, les médicaments peuvent se fixer sur un certain nombre de protéines plasmatiques, et notamment l’albumine. La fraction fixée constitue une forme de réserve du médicament dont l’inactivité est temporaire. La fraction libre est active pharmacologiquement et peut diffuser dans les tissus.

Les médicaments acides faibles (antivitamines K, anti-inflammatoires non stéroïdiens, aspirine…) sont généralement fortement fixés aux protéines plasmatiques. Le nombre de sites de fixation sur les protéines plasmatiques est limité, ce qui explique la possibilité d’interaction médicamenteuse avec d’autres médicaments acides faibles.

Foetotoxicité (foetotoxicity)

Action d’une substance sur l’organisme maternel se traduisant par un sous-développement du foetus et une hypotrophie pondérale.

La recherche d’une foetotoxicité fait partie des études de segment II (études concernant l’exposition " in utero ").

Food and Drug Administration(FDA)

Agence de Sécurité Sanitaire (aliments et médicaments) aux USA.

Forme à libération prolongée (LP)(sustained release preparation)

Forme pharmaceutique particulière permettant d’augmenter la durée de la libération du principe actif dans l’organisme.

On ne doit pas considérer les formes LP comme synonyme de forme " retard ". Beaucoup de formes LP sont aussi des formes à biodisponibilité réduite.

Forme pharmaceutique(pharmaceutical form)

Forme selon laquelle le médicament est présenté en vue de son administration à l’homme.

Fourchette thérapeutique(therapeutic window)

Zone des concentrations plasmatiques d’un médicament, comprise entre, d’une part une concentration minimale au-dessous de laquelle le médicament est le plus souvent inactif, et d’autre part une concentration maximale au-dessus de laquelle apparaissent le plus souvent des effets indésirables.

La fourchette thérapeutique concerne les concentrations alors que la marge thérapeutique (voir ce terme) a trait aux doses.

Fréquence (frequency)

" nombre d’observations d’un évènement " (dictionnaire Robert).

En pharmacoépidémiologie, la fréquence peut quantifier le nombre total d’évènements dans une population (prévalence (voir ce terme)) ou, seulement, les cas apparus durant la période considérée (incidence (voir ce terme)).

Le terme de fréquence est souvent utilisé pour désigner une fréquence relative, c’est-à-dire le nombre de cas d’un évènement rapporté à la taille de la population étudiée.

G

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Galénique(galenic)

Science pharmaceutique concernant la mise en forme d’un principe actif en vue d’une mise à disposition optimale dans l’organisme humain.

Gargarismes ou bains de bouche

Préparations aqueuses destinées au lavage de la bouche et de la gorge.

Forme pharmaceutique dont l’effet est essentiellement antérieur. Ils doivent être recrachés et non avalés.

Gélule

Forme pharmaceutique constituée par deux cylindres de gélatine colorée ou non, fermés à l’une de leur extrémité par une calotte sphérique, s’emboîtant hermétiquement l’une dans l’autre.

Les gélules servent à administrer par voie orale les doses unitaires de poudres actives dans une gamme allant de 10 cg à 1 g.

Générique(generic)

Un générique, encore appelé " médicament essentiellement similaire " (terme de l’Union Européenne) est un médicament défini par la législation européenne selon trois caractéristiques :

1° " il a la même composition qualitative et quantitative que le principe actif que le médicament princeps,

2° il a la même forme pharmaceutique que le médicament princeps (présentation et dosage unitaire),

3° il est bio équivalent au médicament princeps ".

La commercialisation d’un médicament générique ne peut se concevoir qu’après la chute dans le domaine public du brevet de la molécule princeps qui survient 20 ans après le dépôt du brevet (on compte habituellement 10 ans de développement et 10 ans de commercialisation).

La prescription des génériques est actuellement encouragée par les autorités (voir : substitution).

Glossette

Comprimé de petite taille destiné à l’administration de doses unitaires par voie sublinguale.

Gommes ou mucilages

Matières végétales gonflant dans l’eau en donnant naissance à une pâte.

Goutte(drop)

Unité de prise d’un médicament sous forme liquide, délivré grâce à un " compte-gouttes ".

Grave (serious)

Qualifie un effet (voir ce terme) (en phase IV, c’est-à-dire en pharmacovigilance) ou un événement (voir ce terme) (lors des essais cliniques en phases I, II ou III) indésirable à l’origine :

- d’un décès,

- d’une menace pour la vie du patient au moment de l’apparition de l’événement,

- d’une nécessité ou d’une prolongation d’hospitalisation,

- de séquelles ou incapacité notable et durable (incapacité signifiant toute impossibilité à réaliser les gestes de la vie courante),

- d’une anomalie congénitale ou d’une atteinte périnatale,

- d’un risque patent pour le patient (" situation médicalement grave " exigeant un traitement ou une intervention visant à prévenir l’une des cinq complications ci-dessus.

Le terme grave apprécie donc les conséquences de l’événement ou de l’effet tandis que sévère (severe en anglais) quantifie plutôt son intensité (voir terme " sévère ").

En matière de pharmacovigilance, le médecin doit obligatoirement faire la déclaration immédiate au Centre Régional de Pharmacovigilance (voir ce terme) de tout effet indésirable grave d’un médicament (qu’il l’ait ou non prescrit). De même, tout pharmacien ayant eu connaissance d’un effet indésirable grave d’un médicament doit également le déclarer aussitôt au Centre Régional de Pharmacovigilance. Tout membre d’une profession de santé ayant fait la même constatation peut également en informer le Centre Régional de Pharmacovigilance.

En matière de pharmacodépendance, les mêmes obligations s’imposent vis-à-vis des Centres d’Evaluation et d’Information sur les Pharmacodépendances (CEIP) (voir ce terme) en cas de pharmacodépendance (voir ce terme) grave ou d’abus (voir ce terme) grave.

Grossiste répartiteur (wholelaler)

Entreprise se livrant à l’achat en vue de la vente en l’état aux pharmacies d’officine, des médicaments, produits et objets inclus dans le monopole pharmaceutique, ainsi que divers autres biens de santé (produits cosmétiques et d’hygiène corporelle, produits diététiques et de régime, pansements, etc.…).

Groupes parallèles (parallel groups)

Stratégie d’étude consistant à former deux groupes de patients, l’un recevant le médicament à étudier, et l’autre le placebo (ou le médicament de référence).

On utilise la stratégie des groupes parallèles en pharmacologie clinique (essai clinique comparatif) ou en pharmacoépidémiologie (essai pragmatique, étude de cohorte avec groupe de référence). En pharmacologie clinique, l’essai en groupes parallèles s’oppose à la stratégie de l’essai croisé (cross over) (voir ce terme).

Groupe placebo (placebo group)

voir: placebo.

Groupe de référence (reference group)

voir: population de référence.

Groupe témoin (control group)

voir: population de référence.

Guidelines(recommandations)

Terme anglais désignant l’ensemble de recommandations pour une pratique.

En matière de médicaments, il s’agit de recommandations soit de fabrication (bonnes pratiques de fabrication) soit de recherche clinique (bonnes pratiques cliniques pour les essais cliniques) ou expérimentale (bonnes pratiques de laboratoire).

H

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Hémikrèse

C’est le temps nécessaire pour que la moitié de la dose administrée soit éliminée.

Terme désuet.

Homéopathie(homeopathy)

" Méthode consistant à traiter les maladies à l’aide de quantités infinitésimales d’agents qu’on suppose doués de la propriété de produire sur l’homme sain des symptômes semblables à ceux qu’on veut combattre ". (Littré).

L’homéopathie (du grec homoïos qui veut dire semblable et de pathos maladie), introduite en 1793 par le médecin allemand Hahnemann, utilise le principe des semblables (" similia similibus curantur "", " les semblables sont guéris par les semblables ").

Les agents homéopathiques sont administrés à des doses infinitésimales. Les médecins homéopathes affirment que leurs agents homéopathes sont d’autant plus actifs qu’ils sont plus dilués.

L’homéopathie n’a pas démontré à ce jour sa réelle efficacité dans des essais cliniques bien menés. Les médicaments homéopathiques sont soumis, nonobstant quelques aménagements liés à leur spécificité, aux règles applicables aux médicaments.

Le contraire de l’homéopathie est l’allopathie.

                   Hypersensibilisation (hypersensitization)

Augmentation de la réponse de l’effecteur à la suite de l’administration prolongée d’un médicament.

Exemple : les hormones thyroïdiennes hypersensibilisent le récepteur bêta-adrénergique.

A différencier d’ up regulation (voir ce terme).

I

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Iatrogène (iatrogenic)

De iatros qui signifie " médecin " et gène qui veut dire " détermine ". Littéralement, qui détermine un médecin!

Terme mal adapté utilisé pour indiquer l’ensemble des conséquences néfastes pour la santé provoquée par le médecin ou son traitement.

Le champ de la iatrogénie est plus large que celui du médicament, incluant les actions néfastes déterminées par le médecin au cours de son acte thérapeutique : il peut s’agir par exemple d’un effet nocebo, de la rupture d’un cathéter, de l’induction d’un état de dépendance, de l’irradiation d’une zone saine…

En matière de médicament et de pharmacovigilance, il faut utiliser le terme d’effet indésirable.

Imputabilité (imputability, causality assessment)

Analyse, au cas par cas, du lien de causalité entre un traitement médicamenteux et la survenue d’un événement indésirable.

L’imputabilité essaie de déterminer quel est le degré de plausibilité qu’un médicament pris par un sujet soit responsable de l’effet indésirable présenté. Il s’agit donc d’une problématique strictement individuelle ne prétendant pas étudier le potentiel de dangerosité du médicament dans l’absolu, ni l’importance du risque induit par ce médicament au sein d’une population.

Imputabilité extrinsèque (extrinsic imputability)

Appréciation du niveau de notoriété d’un effet indésirable médicamenteux.

Cette appréciation est qualifiée d’extrinsèque car elle ne repose pas sur l’analyse du cas mais sur celle de données extérieures, telles que la publication de cas similaires dans la littérature médicale ou des notifications faites à une structure de pharmacovigilance.

La méthode française d’imputabilité retient un score d’imputabilité extrinsèque ou encore bibliographique (B) à quatre degrés, allant de 0 (aucune mention antérieure de cet effet indésirable) à 3 (effet notoire, largement décrit).

Imputabilité intrinsèque (intrinsic imputability)

Analyse du degré de responsabilité d’un médicament dans la survenue d’un événement indésirable chez un patient donné, en tenant compte uniquement des caractéristiques propres de l’observation (et non du degré de notoriété ou " imputabilité extrinsèque ").

L’analyse ne prend en compte que des informations " intrinsèques ", c’est-à-dire tirées du cas observé. Le score d’imputabilité intrinsèque de la méthode française d’imputabilité résulte de l’analyse successive de critères:

A –Chronologiques :

1 - le caractère évocateur du délai d’apparition de l’événement indésirable (challenge),

2 - l’évolution de l’événement en cas d’interruption du traitement (dechallenge),

3 - l’éventuelle réapparition de la symptomatologie en cas de reprise du traitement (rechallenge),

B – Sémiologiques :

1 - le caractère évocateur de la symptomatologie observée,

2 - l’existence d’un facteur favorisant la survenue d’un effet indésirable de ce type,

3 - l’absence, après un bilan approprié, d’une autre étiologie évidence de l’événement observé,

4 - le résultat d’un éventuel examen complémentaire pertinent et fiable pour juger de la responsabilité du médicament dans la survenue de cet événement.

Le croisement des scores chronologiques (S) et sémiologiques (S) permet de définir l’imputabilité intrinsèque (I) classée de 0 à 4 :

- I 0 : " paraissant exclue "

- I 1 : " possible "

- I 2 : " plausible "

- I 3 : " vraisemblable "

- I 4 : " très vraisemblable ".

Imputable (attributable)

Synonyme de attribuable.

En pharmacovigilance, on désigne par le terme " imputable " un cas d’événement indésirable pour lequel on dispose d’une information suffisante, en quantité et en qualité pour permettre une analyse d’imputabilité (à la fois intrinsèque et extrinsèque). Par exemple, on pourra indiquer : parmi les 150 cas recueillis dans cette enquête, 92 seulement ont été imputables.

Inattendu (unexpected)

voir: effet indésirable inattendu.

                    Incidence (incidence)

Nombre de nouveaux cas d’un événement survenus dans une population au cours d’une période donnée (exemple : cas incidents, incidence annuelle).

En langage courant, le terme incidence est fréquemment utilisé pour désigner un taux d’incidence. Exemple : une incidence de 3 pour 1000.

                    Incompatibilité (incompatibility)

Situation où le mélange hors de l’organisme de plusieurs substances aboutit à une préparation impossible à administrer (par la voie choisie), inefficace ou dangereuse (précipitation, floculation).

On parle encore d’incompatibilité physicochimique entre deux médicaments.

Index thérapeutique (therapeutic index)

Rapport de la dose de principe actif estimée toxique à la dose active.

Plus ce rapport est grand, plus le médicament est maniable.

Pour les médicaments à index thérapeutique étroit, la dose toxique est très proche de la dose se révélant active chez la majorité des sujets : la posologie devra donc être ajustée avec beaucoup de précision.

Index de sécurité absolue

En pharmacologie pré clinique (expérimentale), c’est le rapport entre la dose létale 0 (c’est-à-dire la dernière dose n’entraînant pas le décès) et la dose efficace 100 % (celle entraînant l’effet pharmacologique recherché chez 100 % des sujets) (voir ces termes).

Indications (indications)

Pathologies dans lesquelles l’utilisation d’une spécialité pharmaceutique est autorisée par l’AMM.

Un médecin qui prescrit un médicament en dehors de ses indications autorisées (c’est-à-dire validées après analyse des essais cliniques bien menés par l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé), sans pour autant se placer dans le cadre d’une recherche, le fait donc sous sa propre responsabilité. En cas d’accident, celle-ci peut être engagée sur le plan professionnel et civil voire sur le plan pénal. Une spécialité pharmaceutique ne peut donner lieu à prise en charge ou à remboursement par les caisses d’assurance maladie que si ses indications thérapeutiques sont celles retenues par l’AMM. Le médecin prescrivant une spécialité pharmaceutique en dehors des indications thérapeutiques doit le signaler sur l’ordonnance support de la prescription (indiquer la mention " non remboursable ") à côté de la dénomination de la spécialité. Le respect des indications de l’AMM doit constituer la base de la pratique médicale, non par banal souci bureaucratique d’une décision administrative, mais par respect des données validées (voir ce terme) pour la prescription de vrais médicaments à l’efficacité et à la sécurité établies.

L’AFSSAPS libelle les indications de la façon suivante sur leVidalÒ :

Pour les pathologies graves :

- les indications thérapeutiques sont portées directement sans mention particulière lorsque leur efficacité est démontrée par des essais cliniques contrôlés ;

- les indications thérapeutiques sont précédées de " proposé dans… " lorsque des essais contrôlés permettent de présumer une activité thérapeutique et qu’il n’existe par ailleurs aucune alternative thérapeutique.

                     - Pour les pathologies à caractère bénin :

les indications thérapeutiques sont précédées de " utilisé dans… " lorsque, en l’absence d’essais cliniques contrôlés, leurs indications traduisent une pratique d’utilisation. Progressivement, les révisions des AMM validées réduisent le nombre des spécialités pharmaceutiques de cette dernière catégorie.

Induction enzymatique (enzymatic induction)

Les enzymes du réticulum endoplasmique hépatique sont les principales enzymes de biotransformation des médicaments. L’activité de ces enzymes peut être augmentée (induite) par des médicaments.

Le médicament " inducteur enzymatique " stimule donc le catabolisme des autres médicaments prescrits utilisant les mêmes enzymes de métabolisation que lui (le médicament " inducteur enzymatique " réduira finalement les effets des autres médicaments prescrits).

Les principaux médicaments inducteurs sont représentés par les antiépileptiques de première génération[le phénobarbital Gardénalâ ), la phénytoïne (Dihydanâ ), la carbamazépine (Tégrétolâ ), la primidone (Mysolineâ )] et les anti-infectieux antituberculeux : rifampicine (Rifadineâ , Rimactanâ ), la rifabutine Ansatipineâ ), griséofulvine (Griséofulineâ ), antiviraux [éfavirenz (Sustivaâ ), névirapine (Viramuneâ )].

Certains constituants de la fumée de tabac se comportent aussi comme des inducteurs enzymatiques. " Un placebo donné sans cigarette est aussi efficace qu’un médicament actif donné chez un grand fumeur ! ". L’alcool se comporte comme un inducteur enzymatique lors d’utilisation chronique.

Le millepertuis est aussi un inducteur enzymatique.

Voir : cytochrome P450.

                    Information pertinente (pertinent information)

L’information apportée par un essai clinique est dite pertinente vis-à-vis des problèmes qui se posent au prescripteur d’un médicament à la condition :

1° que les objectifs d’étude correspondent à ceux du médecin en pratique quotidienne, et plus précisément à ceux qu’attend le malade de son appel au médecin

2° que l’étude ait été conduite dans des conditions et sur des malades semblables à ceux que rencontre le prescripteur ;

3° que l’essai ait été méthodologiquement correct et bien conduit.

                   Inhalation (inhalation)

Procédé consistant à respirer profondément un principe médicamenteux à l’état de gaz, de vapeur ou de fumée.

En vue d’une action locale plus ou moins profonde sur l’arbre respiratoire, l’inhalation peut être réalisée au moyen d’un " inhalateur " ou plus simplement d’un bol et d’une serviette. La combustion de poudre ou l’usage de cigarettes sont totalement abandonnés.

Le passage des principes actifs à travers l’alvéole pulmonaire est la base de l’anesthésie par inhalation.

Le terme d’inhalation est actuellement couramment utilisé pour désigner l’administration de poudre ou de pulvérisation à visée anti-asthmatique au moyen de dispositifs variés brevetés.

Inhibition enzymatique (enzymatic inhibition)

Les enzymes microsomales du réticulum endoplasmique hépatique sont les principales enzymes de biotransformation du médicament. L’activité de ces enzymes peut être diminuée (inhibée) par des médicaments.

Un médicament " inhibiteur enzymatique " inhibe donc le catabolisme des médicaments prescrits utilisant les mêmes enzymes de métabolisation que lui. Le médicament " inhibiteur enzymatique " majorera finalement les effets de ces autres médicaments prescrits.

L’inhibition, à l’inverse de l’induction, s’exerce plus sélectivement au niveau de un ou, plus rarement, deux CYP. On différencie :

- 1-les inhibiteurs du CYP 3A4 :

-macrolides (" mycine "),

-antiprotéases (" avir "),

-anticalciques bradycardisants (diltiazem TILDIEM°, vérapamil ISOPTINE°),

-antifongiques azolés (" conazole "),

-amiodarone CORDARONE°,

-jus de pamplemousse.

                    - 2-les inhibiteurs du CYP 2D6 :

-inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (antidépresseurs) : fluoxétine PROZAC° paroxétine DEROXAT°…

Les médicaments inhibiteurs enzymatiques augmentent les concentrations plasmatiques de nombreux autres médicaments.

L’alcool en administration aiguë réduit l’activité du cytochrome P450 et ralentit le métabolisme du médicament : c’est un inhibiteur enzymatique. Au contraire, il se comporte comme un inducteur enzymatique lors d’utilisation chronique.

Le jus de pamplemousse agit aussi comme un inhibiteur enzymatique du CYP 3A4.

Voir : cytochrome P450.

Inscription sur la liste des spécialités remboursables

Décision administrative qui fait l’objet d’un arrêté publié au Journal Officiel par laquelle, à la demande du titulaire de l’AMM, une spécialité pharmaceutique peut donner lieu à une prise en charge par les Caisses d’Assurance Maladie (si elle est prescrite dans les indications thérapeutiques retenues par un professionnel habilité) (voir: indications).

L’inscription est accordée pour une durée de 5 ans renouvelable s’il est démontré que la spécialité apporte soit une Amélioration du Service Médical Rendu (voir ce terme), soit une économie dans le coût du traitement médicamenteux.

 

Insu (blind)

Méconnaissance, prévue et organisée par le protocole d’un essai clinique, de la réalité ou de la nature de l’exposition d’un sujet ou d’un groupe à un médicament.

Traduction littérale du terme anglais blind à laquelle on doit préférer le terme d’insu.

Dans l’essai en simple insu (simple blind clinical trial), le malade ne connaît pas le type de médicament qu’il reçoit. Dans l’essai en double insu (double blind clinical trial), ni l’investigateur, ni le malade ne connaissent la nature du traitement. Dans l’essai en triple insu (triple blind clinical trial), l’analyse statistique est, de plus, réalisée avant la levée des codes d’insu, donc sans connaître la nature des traitements comparés.

La mise en oeuvre de l’insu (blinding) exige généralement la préparation de formes pharmaceutiques spécifiques à l’essai, parfaitement identiques dans leur présentation, dont la seule différence (uniquement identifiable par un code) est la nature des ingrédients, actifs ou non, que l’on veut comparer. Le code, connu seulement de l’organisateur de l’essai, est levé en fin de période d’étude (ou avant si des impératifs de sécurité l’exigent).

Il est donc incorrect de parler de " simple aveugle " ou de " double aveugle " ou de " levée d’aveugle ". On doit utiliser le terme " simple insu ", " double insu " ou " levée d’insu ".

                    Interaction médicamenteuse (drug interaction )

Modification de l’effet (pharmacologique ou indésirable), obtenu ou attendu avec un médicament, du fait de la prise simultanée d’une autre substance (médicamenteuse ou non, comme par exemple l’alimentation).

On parle d’interaction d’ordre pharmacocinétique, si le second médicament modifie, à un niveau quelconque, la pharmacocinétique, du premier (par exemple, en accélérant ou ralentissant son métabolisme hépatique ou son élimination urinaire).

Dans les interactions d’ordre pharmacodynamique, le second médicament ne modifie pas la pharmacocinétique du premier mais agit, à un niveau quelconque, sur son mécanisme d’action en l’inhibant (antagonisme) ou en le renforçant (potentialisation).

On parle d’interaction compétitive lorsque l’interaction pharmacodynamique résulte de la fixation de deux médicaments sur le même site actif [Exemple : un antiparkinsonien agoniste dopaminergique et un neuroleptique (qui est un antagoniste dopaminergique)] et d’interaction physiologique lorsque l’interaction résulte de l’action de deux médicaments agissant sur deux fonctions physiologiques différentes mais dont les effets s’ajoutent (ou se contrarient) (Exemple : hypotension orthostatique lors de l’association d’un diurétique et d’un alpha bloquant).

Le dictionnaire Vidal possède un supplément annuel " Interactions médicamenteuses " présentant celles-ci en quatre niveaux de gravité, classés par ordre décroissant :

- Contre-indication : il s’agit d’une contre-indication, en principe absolue : par exemple : cisapride + macrolides.

- Association déconseillée : il s’agit d’une contre-indication relative, l’association devant être de préférence évitée, sauf mise en œuvre de mesures adaptées dans des situations par exemple : énoxacine + fenbufène.

- Précaution d’emploi : il s’agit du cas le plus général : l’association est possible en respectant les recommandations brièvement décrites.

- A prendre en compte : ce libellé est destiné à attirer l’attention sur le risque de l’interaction. Aucune conduite à suivre, générale et systématique, ne pouvant être préconisée, il revient au praticien de se déterminer sur l’opportunité de prescrire (par exemple : substances dont les effets anticholinergiques s’ajoutent) et/ou sur les conditions de prescription dans les domaines très spécialisés (par exemple : associations avec les cytostatiques ou la ciclosporine).

Intervalle de confiance (confidence interval)

Ensemble des valeurs d’un paramètre estimé dans un échantillon ayant une probabilité donnée d’inclure la vraie valeur, inconnue, de ce paramètre.

Si l’on observe 4 cas d’un effet indésirable au cours du suivi de 1800 personnes exposées à un médicament, l’intervalle de confiance bilatéral à 95 % [calculé par la loi de Poisson autour de la proportion observée dans l’échantillon (4/1800 = 0,002)] s’étend de 0,0006 à 0,006. Cela signifie que la vraie valeur du risque de présenter cet effet indésirable au cours d’un traitement par ce médicament a 95 chances sur 100 d’être comprise entre ces 2 valeurs.

Lorsque l’intervalle de confiance enjambe la valeur 1 cela signifie que le résultat n’est pas statistiquement significatif. S’il est plus petit que 1, le risque est alors réduit. S’il est supérieur à 1, le risque relatif (ou l’odds ratio selon les cas) (voir ces termes) est alors significativement augmenté.

 

Interventionnel(le) (interventional, non-observational)

Caractérise une situation dans laquelle le cours naturel des évènements est volontairement modifié pour les besoins d’une recherche, généralement pour créer artificiellement des situations ou des groupes en vue de les comparer.

Interventionnel s’oppose donc à observationnel (voir " étude observationnelle ") et a un sens proche de celui d’expérimental (voir ce terme).

Investigateur (investigator)

Médecin qui dirige et surveille la réalisation de la recherche biomédicale, selon un protocole imposé, pour le compte d’un promoteur.

L’investigateur doit justifier d’une expérience appropriée, informer les sujets de l’étude et leur faire signer un consentement éclairé par écrit.

L

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La Revue Prescrire

Voir : Revue Prescrire.

Lavement (enema)

Solution ou suspension destinée à être introduite dans le rectum.

Selon leur finalité, on distingue des lavements évacuateurs, médicamenteux ou nutritifs.

Ligand (ligand)

Toute entité chimique (médicament, neurotransmetteur…) se liant à un récepteur d’une manière sélective et saturable.

Liste I, Liste II, Stupéfiants

Listes des substances vénéneuses auxquelles sont inscrits un grand nombre de principes actifs médicamenteux en fonction des risques directs pour la santé lors d’une utilisation incorrecte.

La liste I se caractérise par un cadre rouge sur le conditionnement du médicament : produit dit " toxique " comprend les substances aux risques les plus élevés. La présentation doit se faire sur ordonnance (non renouvelable sans mention du prescripteur).

Pour la liste II, le conditionnement porte un cadre vert : substance " dite dangereuse ".

Les " stupéfiants " représentent la troisième liste de médicaments considérés comme substances vénéneuses. Leur conditionnement se caractérise par un double cadre rouge. Ils doivent être stockés dans une armoire à pharmacie fermée à clé. Ils sont prescrits sur une ordonnance sécurisée (voir ce terme).

Liste des médicaments agréés aux collectivités

Médicaments dont l’utilisation est autorisée dans le cadre de l’Assurance Maladie, dans les hôpitaux publics.

Loi Huriet-Sérusclat

Dénomination courante de la loi n° 88-1138 du 20 décembre 1988 sur la protection des personnes dans les recherches biomédicales (le projet de cette loi avait été, entre autres, préparé par les sénateurs Huriet et Sérusclat).

Cette loi précise les conditions dans lesquelles une recherche impliquant des êtres humains peut être menée. Elle ne vise en pratique que les recherches biomédicales (essais et études) imposant une contrainte modifiant les conditions qui auraient prévalu en l’absence de cette recherche. Selon ce critère, il existe donc des recherches " relevant de la loi Huriet " (interventionnelles) et des recherches " hors loi Huriet " (observationnelles) (voir ces termes).

Une recherche biomédicale entrant dans le cadre de la loi Huriet est, entre autres, soumise aux conditions suivantes : envoi par le promoteur de la recherche d’une lettre d’intention (à l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé s’il s’agit d’une recherche menée sur un médicament), avis préalable d’un Comité Consultatif de Protection des Personnes dans la Recherche Biomédicale (CCPPRB), obtention du consentement éclairé de toute personne se prêtant à cette recherche, déclaration immédiate à l’autorité compétente (l’AFSSAPS) s’il s’agit d’une recherche menée sur un médicament) de tout évènement indésirable " grave " (voir ce terme) susceptible d’être lié à la recherche.

Lotion(lotion)

Préparation aqueuse, parfois légèrement alcoolisée, contenant en suspension ou en solution diverses substances médicamenteuses, destinée à une application sur la peau ou les muqueuses.

M

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Marge thérapeutique (therapeutic range)

Zone comprise entre, d’une part la dose minimale au-dessous de laquelle le médicament est le plus souvent inactif et, d’autre part la dose maximale au-dessus de laquelle apparaissent le plus souvent des effets indésirables dose dépendants.

La marge thérapeutique concerne la dose alors que la fourchette thérapeutique (voir ce terme) a trait aux concentrations.

Médecine factuelle (evidence based medicine)

Voir données actuelles de la science (DAS).

Médicament (drug, medicine, medication)

" Toute substance ou composition, présentée comme possédant des propriétés curatives ou préventives à l’égard des maladies humaines ou animales, ainsi que tout produit administré à l’homme ou à l’animal en vue d’établir un diagnostic médical, de restaurer, corriger ou modifier leurs fonctions organiques " (Article L.511 du Code de la Santé Publique).

Les vaccins, les produits de contraste et autres agents de diagnostic, les solutés de perfusion, les produits dérivés du sang, les contraceptifs oraux… sont donc des médicaments.

Cette définition crée au point de vue juridique trois catégories de médicaments : les médicaments par composition, les médicaments par présentation, les médicaments par fonction.

- On parle de médicament par composition lorsque la présence d’un ingrédient particulier confère au produit la qualité de médicament : par exemple, une substance " vénéneuse " dans un cosmétique.

- Les médicaments par présentation sont donc des substances " présentées comme ou possédant des propriétés ". Ainsi, la notion de médicament repose sur l’intention du fabricant et du vendeur (et non sur le produit). Cette définition a pour but la lutte contre le charlatanisme et implique une sanction administrative, l’autorisation de mise sur le marché (AMM) ou une inscription à la Pharmacopée.

- Les médicaments par fonction se définissent, au contraire, objectivement par leur qualité intrinsèque : par leurs propriétés pharmacologiques, ils interviennent sur les fonctions organiques du sujet. C’est ainsi que les oestroprogestatifs, les produits de contraste radiologiques ou les vaccins sont des médicaments par fonction.

Médicament d’exception

Son coût constitue un enjeu économique particulier. Son remboursement est soumis à des règles spécifiques (en particulier utilisation d’un imprimé délivré par les Caisses).

Médicament essentiel (essential drug)

Médicament dont les principes actifs figurent sur une liste établie par l’OMS depuis 1977 (et régulièrement mise à jour) comportant 200 principes actifs répartis en 28 classes thérapeutiques.

L’élaboration de cette liste repose sur le constat qu’une proportion notable de malades peut être traitée avec un nombre restreint de médicaments. La liste des médicaments essentiels est utilisée, dans les pays ou l’accessibilité au médicament est rendue difficile par la faiblesse du niveau de revenu des populations, dans le but de déterminer des priorités de santé publique.

Médicament générique (generic drug)

Voir : générique.

Médicament à prescription restreinte

Sa prescription est limitée à des médecins exerçant dans des conditions particulières :

1) Médicament réservé à l’usage hospitalier (médicament prescrit et délivré à l’hôpital).

2) Médicament à surveillance particulière (nécessité de suivre spécialement par des examens cliniques ou biologiques définis les malades traités par ce médicament durant toute la durée du traitement, le renouvellement de l’ordonnance est subordonné au respect de ces règles).

3) Médicament à prescription initiale hospitalière. La première prescription est obligatoirement rédigée dans un établissement de soins public ou privé, mais la délivrance du médicament et des ordonnances de renouvellement peut être réalisée dans n’importe quelle pharmacie. La prescription peut, dans certains cas, être réservée à certains prescripteurs ayant des qualifications définies (spécialistes ou médecins exerçant dans des Services hospitaliers définis).

 

                    Médicament non remboursable

Médicament dont le coût n’est pas pris en charge par l’Assurance Maladie.

Médicament orphelin (orphan drug)

Médicament destiné au traitement des maladies rares (encore appelées orphelines).

Médicament radio pharmaceutique(radiopharmaceutics)

Tout médicament contenant un ou plusieurs isotopes radioactifs, dénommés radionucléides [et incorporés à des fins de diagnostic (imagerie) ou thérapeutique].

Médicament remboursable

Médicament dont le coût est pris en charge, totalement ou partiellement, par l’Assurance Maladie.

Médication familiale (ou médicament d’automédication) (OTC Drug, Over The Counter Drug)

Spécialité pharmaceutique prévue et conçue pour être utilisée sans l’intervention du médecin (au besoin avec le conseil du pharmacien).

Médication officinale

Synonyme de médication familiale.

Medicines Control Agency (MCA)

Traduction anglaise d’Agence du Médicament.

Désigne l’Agence du Médicament du Royaume-Uni (qui règle la politique du médicament en Angleterre). Elle diffère de l’Agence Européenne du Médicament (European Medicines Evaluation Agency) en charge de la politique du Médicament au sein de l’ensemble de la Communauté Européenne qui siège, elle aussi, à Londres.

Mentions légales

Liste des caractéristiques scientifiques, techniques et socio-économiques d’une spécialité pharmaceutique devant obligatoirement figurer sur tout document d’information ou de publicité destinée aux professionnels de santé.

Synonyme de Résumé des Caractéristiques du Produit (RCP) (voir ce terme) ou Annexe I.

Messagers (messengers)

Substances chimiques responsables de la transmission de l’information dans l’organisme.

Les messagers comprennent les neuromédiateurs, les hormones, les neuro-hormones et les autacoïdes.

Mésusage (misuse)

Utilisation d’un médicament non conforme au Résumé des Caractéristiques du Produits (RCP).

Meta analyse (meta-analysis)

Méthode statistique combinant les résultats de plusieurs essais menés sur le même thème.

Le but poursuivi est l’obtention d’une plus grande puissance statistique ou d’une plus grande précision de l’estimation.

Métabolite (metabolite)

En pharmacologie, substance produite par la transformation in vivo d’un médicament.

Un médicament est généralement transformé dans l’organisme en plusieurs métabolites de structures chimiques différentes. Selon les cas, un métabolite peut être actif et conserver un effet pharmacologique, inactif, réactif ou toxique.

Méthode d’imputabilité (causality assessment method)

Démarche formalisée ayant pour but d’estimer le degré de plausibilité que la prise d’un médicament soit la cause d’un évènement indésirable chez un sujet donné.

Voir " imputabilité ".

Me Too Drug

Ethymologiquement : " moi aussi médicament " (voir : équivalent thérapeutique).

Monographie

                   Voir Résumé des Caractéristiques du Produit (RCP).

 

Monopole pharmaceutique

Ensemble des activités réservées aux pharmaciens.

Multicentrique (multicentre)

Se dit d’une recherche (étude ou essai) réalisée dans des sites différents et donc par plus d’un investigateur, selon un protocole et des modalités identiques.

Mutagénèse (mutagenesis)

Etude des substances capables de produire des modifications transmissibles au patrimoine héréditaire.

Le terme de toxicologie génétique lui est quelquefois préféré. Les études de mutagenèse font partie des 5 dossiers des études de toxicologie (voir ce terme) obligatoires pour l’AMM d’un nouveau médicament.

N

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                   Neuromédiateurs ou médiateurs ou médiateurs chimiques (neuromediators)

Messagers chimiques responsables de la transmission de l’information au niveau des synapses entre neurones (ou entre neurones et effecteurs).

>Neuromodulateurs (neuromodulators)

Substances chimiques modifiant la transmission de l’information par les neuromédiateurs au niveau des synapses.

Niveaux de Preuve (levels of evidence)

Gradation standardisée de la validité scientifique d’une étude (en fonction de la qualité de sa méthodologie et de sa réalisation, de l’analyse de ses résultats et de la pertinence de ses conclusions).

Le niveau 1 correspond soit aux essais comparatifs avec tirage au sort (randomisés) de forte puissance, soit aux méta analyses d’essais comparatifs avec tirage au sort (randomisés) soit aux analyses de décision fondées sur des études bien menées.

Le niveau 2 correspond soit aux essais comparatifs avec tirage au sort (randomisés) de faible puissance, soit aux études comparatives sans tirage au sort (non randomisées) bien menées soit aux études de cohortes.

Le niveau 3 inclut les études cas témoins.

Le niveau 4 concerne soit les études comparatives comportant des biais importants, soit les études rétrospectives, soit les séries de cas, soit les études épidémiologiques descriptives (études transversales, longitudinales)

En fonction d’une échelles préétablie de niveau de preuve, il est ainsi possible de classer systématiquement la lecture médicale en fonction de la qualité méthodologique intrinsèque de chaque étude. On attribue ensuite un score à chaque recommandation selon le niveau de preuve :

Nocebo (nocebo)

Voir : effet placebo.

Notification (notification)

Désigne soit un cas d’évènement indésirable rapporté par un observateur (généralement un médecin) à un système de surveillance (report, case report), soit le fait de rapporter un cas à ce système (reporting).

Synonyme de signalement (voir ce terme).

Notification spontanée (spontaneous reporting)

Méthode de surveillance passive reposant sur le regroupement, à l’échelon d’un territoire, des cas d’effets indésirables d’un médicament déclarés, postérieurement à sa mise sur le marché. La population surveillée inclut théoriquement l’ensemble des patients traités par le médicament dans le territoire géographique considéré.

Dans la notification spontanée des effets indésirables des médicaments, l’observateur d’un effet indésirable doit en faire part au Centre Régional de Pharmacovigilance.

Même si la déclaration des effets indésirables a été rendue obligatoire dans certains pays (la France notamment), la notification spontanée réalise exceptionnellement une collecte exhaustive de l’ensemble des cas survenus. Elle ne renseigne pas sur les conditions d’exposition et la taille de la population traitée par le médicament, ce qui rend difficile le calcul d’un taux d’incidence ou d’un risque. Elle est cependant irremplaçable comme moyen d’identification précoce d’effets indésirables inconnus jusqu’alors (rôle d’alerte).

Dans certains cas, le mode de surveillance peut reposer sur un système de recueil moins aléatoire : envoi préalable de fiches de recueil à des prescripteurs, visites ou appels réguliers de ces prescripteurs, constitution d’un réseau télématique ou informatique. On parle alors parfois de notification facilitée ou suscitée (suscited, prompted reporting).

O

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Observance (compliance)

Respect par un malade des règles d’utilisation d’une thérapeutique, médicamenteuse ou non, qui lui a été prescrite.

Un malade est dit observant (compliant) si son comportement ne s’écarte pas significativement de ce qui est attendu et non observant (non compliant) dans le cas contraire.

La connaissance de l’observance, parfois difficile en pratique, est fondamentale pour interpréter certaines inefficacités thérapeutiques ou effets indésirables.

Observatoire National des Prescriptions

L’" Observatoire National des Prescriptions et Consommations des Médicaments dans les secteurs ambulatoires et hospitaliers " est un organisme consultatif dont le secrétariat est assuré par l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé. Placé auprès du Ministre de la Santé, il est chargé de recueillir, analyser et diffuser les informations relatives aux prescriptions et consommations des médicaments en France.

Odds

Terme anglais d’origine turfiste traduit en français par " cote " (voir ce terme).

Odds ratio (odds ratio)

Rapport de deux côtes. (Cote : probabilité pour qu’un évènement survienne divisé par la probabilité que cet évènement ne survienne pas).

Dans une étude cas-témoins, il est courant de calculer le rapport des cotes d’exposition au facteur étudié chez les cas et les témoins :

 

Cas

Témoins

Exposés

a

b

Non exposés

c

d

Odds ratio = (a/c) / (b/d) = ad

bc

En pharmacologie, l’odds ratio quantifie la force de l’association entre l’exposition médicamenteuse et la survenue de l’effet désirable (essai clinique) ou indésirable (étude de pharmacovigilance). Dans certaines conditions (en l’absence de biais et quand l’évènement auquel ou s’intéresse est rare), l’odds ratio peut être considéré comme une bonne estimation du risque relatif (voir ce terme).

Opothérapie (opotherapy)

Administration à visée thérapeutique d’extraits de tissus (ou organes).

L’opothérapie, technique thérapeutique développée à la fin du XIXème siècle par Brown-Sequard notamment, a surtout été utilisée afin de traiter des déficients endocriniens réels ou supposés (administration d’extraits testiculaires pour impuissance…). La seule application actuelle reste l’administration d’extraits thyroïdiens (ou d’hormone thyroïdienne) en cas d’hypothyroïdie.

Ordonnance (prescription)

Etymologiquement vient de ordonner qui veut dire " mettre en ordre, ranger ".

Document écrit, établi par le médecin et remis au malade, comportant ses prescriptions, notamment médicamenteuses.

Ordonnance sécurisée (ou protégée)

Ordonnance répondant à des spécifications techniques fixées par arrêté du ministre chargé de la santé (arrêté du 31 mars 1999, article R5194 du Code de la Santé Publique) : papier filigrané blanc, identification préimprimée du prescripteur, numéro d’identification par lot d’ordonnance et carré préimprimé où le prescripteur indique le nombre de médicaments.

Ces ordonnances ont été mises en place afin de réduire les " fausses " prescriptions, le vol ou le détournement des prescriptions, le rajout de certains médicaments…

 

OTC (Over The Counter)

Désigne aux USA les médicaments en vente libre (c’est-à-dire disponibles sans ordonnance médicale).

En France, peut être considéré comme synonyme de médication familiale ou médicament d’automédication (voir ces termes).

Ouvert (open)

On parle d’essai " en ouvert " lorsque son protocole ne prévoit pas de procédure en insu (voir ce terme).

Un essai " en ouvert " ne permet généralement aucune conclusion définitive fiable.

Overdose (overdose)

Synonyme de surdosage (voir ce terme).

Ovule (ovule)

Forme pharmaceutique de forme ovoïde contenant une dose unitaire et destinée à être introduite dans le vagin.

L’excipient est en général la gélatine glycérinée. Leur poids moyen est de 15 grammes. Les comprimés gynécologiques (ou ovules secs) ont le même usage mais présentent une consistance solide.

P

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Panel (panel)

Terme anglais signifiant " liste " et désignant un échantillon de sujets (généralement représentatifs d’une population plus vaste) constitué pour une enquête d’opinion, par exemple par une méthode de sondage.

Par exemple, en pharmacoépidémiologie, on utilise des panels de consommateurs, ou de prescripteurs pour étudier les modes de consommation ou de prescription des médicaments.

Parapharmacie

Biens de santé, d’hygiène, de cosmétique, de diététique qui, tout en n’étant pas inclus dans le monopole pharmaceutique, sont vendus dans les officines de pharmacie et, depuis quelques années, dans d’autres circuits de distribution.

Parentéral (parenteral)

Etymologiquement à côté (para) de l’intestin (enteron).

On parle d’introduction parentérale d’un médicament pour signifier son introduction dans l’organisme d’un médicament par une autre voie que la voie digestive : en injection sous-cutanée, intramusculaire, intraveineuse, intradermique, intra artérielle, intrarachidienne, intra articulaire, intra pleurale, intra péritonéale…

Perdu de vue (loss to follow-up, lost to follow-up)

Dans une étude prospective (essai clinique, étude de cohorte), sujet dont le suivi n’est pas allé jusqu’au terme prévu.

Le nombre de perdus de vue ne doit pas dépasser 5 % pour qu’on puisse affirmer la bonne qualité d’un essai clinique.

L’existence de sujets perdus de vue pose le problème de l’évaluation en intention de traiter (en incluant les perdus de vue dans les deux groupes) ou en per protocole (en excluant les perdus de vue dans les deux groupes) (voir ces termes).

Période de latence (latent period, latency period)

Intervalle de temps séparant la première exposition à un médicament.

Personne se prêtant à des recherches biomédicales

Personne saine ou malade acceptant explicitement de participer à un essai comportant ou non un bénéfice individuel direct (voir ce terme) et l’ayant manifesté après avoir reçu une information et signé un consentement éclairé (voir ce terme).

Pharmacie (pharmacy)

Mise des médicaments sous une forme appropriée à leur administration, contrôle quantitatif ou qualitatif, conservation, dispensation du médicament.

Pharmacocinétique (pharmacokinetics)

Branche de la pharmacologie ayant pour objet l’étude descriptive qualitative et quantitative du devenir des médicaments dans un organisme vivant.

La pharmacocinétique s’intéresse à l’évolution des concentrations d’un médicament et de ses métabolites éventuels après (ou au cours de) son administration.

La pharmacocinétique couvre l’étude des différentes étapes du métabolisme des médicaments (ADME, Absorption, Distribution, Métabolisation, Elimination) en fonction du temps et de la dose administrée.

Cette étude de la cinétique du médicament dans le sang, les tissus, les excréta, conduit à la détermination de divers paramètres : demi-vies, volumes de distribution, constantes de résorption, d’élimination, de transfert, clairances… et à l’établissement de modèles dits " pharmacocinétiques " pouvant être interprétés mathématiquement et permettant de simuler le devenir du médicament dans différentes conditions d’administration.

On peut opposer dans une définition simple la pharmacodynamie et la pharmacocinétique : la pharmacodynamie étudie l’action du médicament sur l’organisme, la pharmacocinétique l’effet de l’organisme sur le médicament.

 

                     Pharmacodépendance (pharmacodependance)

" Ensemble de phénomènes comportementaux, cognitifs et physiologiques d’intensité variable, dans lesquels l’utilisation d’une ou plusieurs substances psychoactives devient hautement prioritaire et dont les caractéristiques essentielles sont le désire obsessionnel de se procurer et de prendre la ou les substance(s) en cause ou leur recherche permanente ; l’état de dépendance peut aboutir à l’autoadministration de ces substances à des doses produisant des modifications physiques ou comportementales qui constituent les problèmes de santé publique ". (Décret n° 99-249 du 31 mars 1999).

On parle de pharmacodépendance " grave " en cas de risque létal ou susceptible de mettre la vie en danger ou d’entraîner une invalidité ou une incapacité ou provoquant ou prolongeant une hospitalisation.

Depuis le 31 mars 1999, la déclaration des cas de pharmacodépendance " graves " est obligatoire pour tout médecin (pharmacien ou autre professionnel de santé) aux Centres d’Evaluation et d’Information sur les Pharmacodépendances (CEIP) (voir ce terme).

Pharmacodynamique (pharmacodynamic)

Relatif à l’action des médicaments.

La pharmacodynamie étudie l’ensemble des effets déterminés par un médicament sur un organisme vivant.

Pharmacoéconomie (pharmacoeconomic)

Evaluation de l’ensemble des conséquences médicoéconomiques imputables à l’usage d’un médicament.

L’évaluation pharmacoéconomique peut être conduite avant la mise sur le marché d’un médicament (études prédictives en phase III) ou postérieurement (phase IV), avec ou sans comparaison à une autre stratégie. Elle peut faire appel à des modèles de prédiction, à des essais cliniques explicatifs ou pragmatiques ou à des études observationnelles. Les études pharmacoéconomiques (voir ces termes) se divisent en études coût-bénéfice, études coût-efficacité, études coût-utilité.

Pharmacoépidémiologie (pharmacoepidemiology)

Discipline mettant en application les méthodes et/ou le raisonnement épidémiologique(s) pour évaluer, généralement sur de grandes populations, l’efficacité, le risque et l’usage des médicaments.

Les études pharmacoépidémiologiques se conduisent en phase IV et concernent la quantification de l’efficacité, des effets indésirables, les études de consommation, de prescription, d’utilisation ou encore les études pharmacoéconomiques (voir ces termes).

Pharmacogénétique (pharmacogenetics)

Etude des différences génétiques de métabolisation des médicaments.

La majorité des sites d’action et de transformation des médicaments étant soumis à un déterminisme génétique, un polymorphisme peut expliquer de grandes variations selon les individus dans le métabolisme ou la réponse à un médicament donné.

Ainsi une hydroxylase impliquée dans le métabolisme oxydatif d’un médicament peut exister, selon les individus, sous forme à haute ou faible activité. Ceci permettra de distinguer dans une population les sujets dits " hydroxylateurs rapides " du médicament et ceux dits " hydroxylateurs lents " (pour lesquels l’effet du médicament sera plus ou moins important ou apparaît plus ou moins vite).

Pharmacogénomique (pharmacogenomics)

Etude des différences de réponses (bénéfiques ou indésirables) aux médicaments en fonction des gènes exprimés chez un individu donné.

La pharmacogénomique étudie les facteurs moléculaires et génétiques déterminant la réponse aux médicaments et par exemple les gènes (ou leurs caractéristiques) impliqués dans la réponse (désirable ou indésirable) à un médicament donné.

                    Pharmacologie (pharmacology)

Vient du mot grec " Pharmakon " qui veut dire remède mais aussi poison.

Discipline ayant pour objet l’étude des interactions entre les médicaments et les organismes vivants.

Cette définition couvre un champ extrêmement large puisqu’elle comprend, en dehors de la pharmacocinétique, de la pharmacodynamie, de la pharmacovigilance et de la pharmacodépendance, l’étude du médicament chez l’animal (pharmacologie expérimentale), ou chez l’homme (pharmacologie clinique). La pharmacologie moléculaire étudie les propriétés physico-chimique des médicaments et leur relation avec leur activité biologique. L’étude de l’utilisation des médicaments, de leur contexte et de ses conséquences pour la société est l’objet de la pharmacoépidémiologie, de la pharmacoéconomie et de la pharmacologie sociale (voir ces termes).

Pharmacologie sociale (social pharmacology)

Branche de la pharmacologie étudiant, d’une part les conséquences sociales de l’exposition des populations aux médicaments et, d’autre part les facteurs sociaux dirigeant l’usage des substances pharmacologiques indépendamment de raisons purement rationnelles ou médicales.

Pharmacopée (pharmacopea)

Recueil et mise à jour périodique, prévu par le code de santé publique, dont la dernière édition est souvent dénommée " Codex ", rédigé par " la Commission Nationale de Pharmacopée " sous l’autorité du Ministre chargé de la Santé.

Ce recueil contient la nomenclature des drogues, des médicaments simples et composés, des articles officinaux, une liste des dénominations communes, des tableaux de posologies usuelles et maximales, les caractères des médicaments, les moyens permettant de les identifier, les méthodes de contrôle, les procédés de préparation, de stérilisation ou de conservation, les règles de conditionnement, les principales incompatibilités.

Pharmacovigilance (pharmacovigilance)

Discipline ayant pour objet la détection, l’évaluation, la compréhension et la prévention des risques d’effet indésirable des médicaments.

Les outils de la pharmacovigilance peuvent être cliniques, épidémiologiques, expérimentaux (exemple : tentative de reproduction chez l’animal d’un effet indésirable pour en comprendre le mécanisme) ou diagnostiques (méthodes d’imputabilité). Le but ultime de la pharmacovigilance est l’amélioration du rapport bénéfice/risque des médicaments commercialisés que ce soit à l’échelon individuel (choisir le traitement le mieux adapté à un patient donné) ou populationnel de santé publique (maintenir ou non un médicament sur le marché, informer les prescripteurs de ses risques potentiels, etc.).

Phase d’absorption

Période s’étendant entre le dépôt d’un médicament à la surface ou à l’intérieur de l’organisme jusqu’à son arrivée dans la circulation sanguine.

Phase d’élimination

Période pendant laquelle le principe actif et/ou ses métabolites sont rejetés dans le milieu extérieur par différents émonctoires.

Phase galénique (ou pharmaceutique)

Période au cours de laquelle le principe actif est libéré à partir de la forme pharmaceutique.

Phase IV (Phase IV)

Le terme de Phase IV, contrairement à ceux de Phases I, II et III, ne préjuge ni d’un objectif, ni d’une méthodologie d’où de nombreuses erreurs d’interprétation. Il fait référence à une situation administrative, la période post-AMM.

On doit donc parler plutôt d’études ou d’essais en Phase IV que de Phase IV.

                    Phénomène de rebond (rebound phenomena)

Exacerbation de la maladie antérieure lorsqu’on suspend brusquement l’administration du médicament (à différencier du syndrome de sevrage) (voir ce terme).

Pilule (pill)

Du latin " pilula " : petite balle.

Forme pharmaceutique sphérique destinée à l’administration par voie orale de doses unitaires de substance active sous un faible volume.

Les pilules ont disparu. Dans le langage courant, " pilule " désigne maintenant presque toujours un contraceptif oral, dont la forme pharmaceutique n’est jamais celle d’une pilule (mais celle d’un comprimé dragéifié).

Placebo (placebo)

Substance, forme pharmaceutique ou tout autre traitement présenté comme actif alors qu’il est dénué d’effet pharmacologique.

Un placebo peut cependant être à l’origine, par exemple par suggestion psychique, d’une amélioration de l’état de santé ou du bien-être du malade [effet placebo (voir ce terme)] ou encore d’une manifestation indésirable (effet nocebo).

Quand elle est possible, l’utilisation d’un placebo par l’un des groupes comparés d’un essai clinique (groupe placebo, placebo group) permet de mesurer l’importance des effets induits par la prescription, son environnement ou le fait de participer à une recherche.

Plante médicinale medicinal plant)

Plante inscrite à la pharmacopée et entrant dans le monopole pharmaceutique (voir ce terme).

Plateau d’équilibre (steady state)

Niveau plasmatique stable des concentrations du médicament.

Ce niveau suppose l’équilibre des entrées et des sorties pendant un temps donné. La prescription doit tendre à cet équilibre. Ce plateau d’équilibre est généralement atteint en 4 ou 5 demi-vies.

Poison

Toute substance, préparation plante… susceptible d’entraîner des effets nocifs voire mortels.

On utilise plus volontiers en médecine le terme toxique. Bien différencier les termes " effet toxique " et " effet indésirable " (voir ce terme).

Pommade (pomade)

Préparation de consistance molle destinée à être appliquée sur la peau ou les muqueuses.

Les pommades sont une forme pharmaceutique utilisée en particulier en dermatologie, en ophtalmologie ou en oto-rhino-laryngologie. Elles contiennent des poudres actives ou inactives (qui épaississent la préparation), de l’eau (qui ramollit la préparation et diminue l’adhérence) et des excipients. La nature des excipients détermine en grande partie la consistance, l’adhérence et le pouvoir pénétrant. On emploie maintenant rarement les matières grasses végétales ou animales classiques (lanoline, cires…), remplacées par des substances de synthèse (polyéthylènes glycols). Les pommades doivent leur consistance molle à la présence d’un maximum de 20 % de poudre.

Population exposée (exposed population)

voir : exposé.

                    Population, groupe de référence (reference population, reference group)

Ensemble de sujets non exposés au médicament étudié et, dans l’idéal, parfaitement semblables dans leurs caractéristiques à ceux du groupe exposé.

Le groupe de référence sert à estimer un risque de référence qui sera comparé au risque absolu mesuré chez les exposés. Le groupe de référence idéal serait constitué par tirage au sort à partir de la même population source que celle du groupe exposé. Quand cela n’est pas possible, ce qui est généralement le cas en pharmacoépidémiologie, on devra vérifier la comparabilité des groupes pour les principales variables pouvant biaiser l’analyse envisagée.

Posologie (dosage)

" Indication de la quantité totale d’un médicament administré à un malade, en une ou plusieurs fois, estimée selon son âge, son poids, le type et la gravité de l’affection qu’il présente " (dictionnaire Robert).

La posologie varie selon la voie d’administration et s’exprime généralement en milligrammes par kilogramme.

A la différence de la dose qui représente une quantité globale de médicaments pour une unité de traitement, la posologie définit également l’éventuelle répartition chronologique de cette dose. On dira, par exemple, une dose quotidienne de 3 comprimés et une posologie d’1 comprimé le matin, 1 comprimé le midi et 1 comprimé le soir au coucher.

Posologie quotidienne moyenne, PQM (average daily dose, ADD)

Dose moyenne (en mg, en unités de prise, etc.) d’un médicament utilisée par jour pour une indication thérapeutique donnée.

Elle peut être estimée à partir d’un panel de prescripteurs ou par une étude d’utilisation du médicament; elle peut parfois différer de la posologie recommandée pour ce médicament. Voir : DDD, étude d’utilisation.

Potentialisation (potentiation)

Voir : synergie.

 

Potion

Forme pharmaceutique faite d’une solution plus rarement d’une émulsion, dans l’eau de principes actifs, de sucre et d’édulcorants.

Les potions sont beaucoup plus diluées que les sirops et se conservent mal (quelques jours). De ce fait, elles étaient réalisées à l’officine sur prescription magistrale et ont complètement disparues.

Poudre

Etat de la matière solide réduite en grains fins et homogènes (division) par broyage.

Les poudres peuvent être simples ou composées selon qu’elles contiennent une ou plusieurs substances. Les poudres en tant que forme officinale élémentaire peuvent entrer comme principes actifs ou comme excipients dans la composition de nombreuses formes pharmaceutiques. Les médicaments peuvent aussi être directement administrés sous cette forme sur la peau ou les muqueuses.

Poudre dermatologique

Médicament réduit à l’état pulvérulent destiné à être appliqué directement sur la peau (ou sur les muqueuses et les plaies uniquement s’ils sont résorbables).

Forme pharmaceutique dont l’effet est superficiel et l’adhérence mauvaise.

Pragmatique (pragmatic)

" Qui est adapté à l’action sur le réel, qui est susceptible d’applications pratiques, qui concerne la vie courante " (dictionnaire Robert).

En pharmacologie clinique, en pharmacoépidémiologie, un critère, un essai ou une étude sont qualifiés de pragmatiques quand leur mise en oeuvre ou leur évaluation n’est pas de nature à modifier sensiblement ce qui aurait prévalu en dehors du cadre d’une recherche.

Par exemple, pour un essai clinique, des critères d’inclusion, un critère de jugement seront dits pragmatiques s’ils reposent sur l’examen clinique ou le bilan habituellement pratiqués lors de la prescription du médicament étudié.

                    Précurseur (pro-drug)

Médicament peu on non actif en lui-même mais donnant naissance à un métabolite actif responsable de la plus grande partie ou de la totalité de l’effet du médicament.

On parle encore de pro médicament.

Préparation injectable

Solution, suspension ou émulsion stérile, présentée dans des récipients clos et transparents et destinée à être introduite dans l’organisme en général par voie transcutanée.

On parle d’injection lorsque l’administration est opérée au moyen d’une seringue et d’une aiguille, l’opération est brève et le volume de médicament limité. On parle de perfusion lors d’administration de forts volumes, en règle générale par voie intraveineuse, au moyen d’une poche ou d’une pompe. Les préparations injectables doivent être stériles, apyrogènes, isotoniques et proches de la normalité sauf cas particuliers.

Préparation magistrale

Tout médicament préparé extemporanément en pharmacie selon une prescription rédigée par le médecin et destinée à un malade déterminé.

Préparation officinale

Tout médicament préparé en pharmacie selon les indications de la pharmacopée et destiné à être dispensé directement au patient approvisionné par cette pharmacie.

                    Prescription (prescription)

Ce que le médecin inscrit sur l’ordonnance, en particulier le nom et la posologie des médicaments à prendre.

                    Prescription restreinte

Voir : médicament à prescription restreinte.

Prescrire

  1. Fait de rédiger une prescription (médicamenteuse ou non) (voir ce terme).
  2. " Revue Prescrire " (voir ce terme).

Prévalence (prevalence)

Nombre de cas d’un événement recensés dans une population au cours d’une période de temps donnée.

La prévalence d’une maladie inclut les cas survenant au cours de cette période (cas incidents) et les cas survenus antérieurement mais non guéris.

La prévalence est donc toujours supérieure à l’incidence sauf si la durée d’évolution de la maladie ou de l’évènement est très courte ou nulle.

En langage courant, le terme prévalence est souvent utilisé pour désigner un taux de prévalence. Par exemple : une prévalence de 8 pour 1000.

Principe actif (active principle, active ingredient)

Substance dotée de propriétés pharmacodynamiques entrant dans la composition des médicaments et responsable de leur effet pharmacodynamique.

Prise unitaire (unit dose)

Nombre d’unités de prises ou de doses unitaires administrées en une fois.

Produit " bénéfique pour la santé "

Catégorie juridique résultant de la présentation publicitaire faite pour certains produits d’hygiène et de cosmétologie, diététiques ou de régime ou de certaines eaux minérales susceptibles de contribuer à l’amélioration de la santé

Synonyme de produits frontière ou de pseudo médicaments. Ces produits (qui ne sont pas des médicaments) font, dans certains cas, l’objet d’une publicité (" alicaments ").

Pro drogue (pro-drug)

Traduction littérale et incorrecte du mot anglais pro-drug à laquelle on doit préférer le mot de précurseur (voir ce terme) ou de pro médicament.

Promoteur (sponsor)

Personne physique ou morale qui prend l’initiative d’une recherche (étude ou essai) et est intéressée par ses résultats (voir : Loi Huriet).

Prospectif (prospective)

Voir : étude prospective.

Pro pharmacie

Autorisation donnée à un médecin de dispenser des médicaments dans un secteur géographique dépourvu d’officine. On parle alors de propharmacien.

Protocole (protocol)

" Document décrivant la justification, les objectifs, la méthodologie et les méthodes statistiques d’un essai et qui précise les conditions dans lesquelles cet essai doit être réalisé et géré ".

Un protocole est donc partie intégrante d’une recherche (clinique ou expérimentale).

On utilise souvent à tort ce terme pour signifier l’ensemble des moyens à mettre en place dans une situation clinique ou thérapeutique définie : on doit alors parler, non de protocole, mais de procédures.

Puissance, puissance statistique (power, statistical power)

Probabilité pour un essai clinique d’obtenir un résultat statistiquement significatif.

Un essai suffisamment puissant a une forte probabilité d’obtenir un résultat significatif si le traitement est réellement efficace. Un essai insuffisamment puissant a une faible probabilité de mettre en évidence l’effet du traitement, qui existe pourtant. Il fait courir un risque important d’obtenir à tort une différence non statistiquement significative.

La puissance est similaire au pouvoir grossissant d’un microscope. Un grossissement suffisant est nécessaire pour montrer que deux points très proches l’un de l’autre, mais cependant séparés, sont distincts. Avec un grossissement insuffisant, ces deux points paraissent ne faire qu’un. Il en est de même avec la recherche d’une différence entre les deux groupes d’un essai clinique. Une puissance statistique suffisante est nécessaire pour montrer qu’il existe effectivement une différence entre ces deux groupes.

La puissance dépend étroitement du nombre de sujets inclus dans l’étude. Ainsi, en raison d’un trop petit nombre de patients inclus, de nombreux essais cliniques donnent des résultats négatifs (ou non différents du médicament de référence) (puissance insuffisante).

Q

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Qualité de vie (quality of life)

Echelles utilisées lors des essais cliniques (ou lors des études pharmacoépidémiologiques ou pharmacoéconomiques) pour évaluer l’effet d’un médicament sur les caractéristiques globales des conditions de vie.

On parle alors d’études de qualité de vie. Ces études, de plus en plus développées, permettent d’appréhender de façon globale (et du point de vue du patient) l’effet d’un médicament en évitant le seul recours aux critères intermédiaires de substitution ou combinés (voir ces termes). Les études de qualité de vie utilisent des auto questionnaires simples pour le malade (remplis en l’absence du médecin sans l’aide d’une tierce personne).

Qualité pharmaceutique

Niveau d’excellence de la fabrication d’un médicament.

R

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Radio pharmaceutique (radiopharmaceutics)

Voir : médicament radio pharmaceutique.

Randomisation (randomisation)

Mot anglais qui vient du vieux français randir, randon, qui signifiait course rapide et qui a donné " randonnée ". Terme impropre à remplacer par tirage au sort (voir ce terme). On parle encore d’allocation aléatoire.

Il s’agit de la détermination d’un médicament à un malade lors d’un essai clinique.

Cette allocation doit être dépendante du seul hasard, seule garantie pour éviter les biais des essais cliniques et notamment le fait que les caractéristiques des malades différent entre les deux groupes.

Rapport bénéfice/risque (benefit/risk ratio)

Prise en considération du bénéfice apporté par un médicament pour juger du caractère, acceptable ou non, du risque encouru.

Cette démarche peut s’appliquer à l’échelon individuel (caractère acceptable ou non d’une stratégie pour un malade donné) ou à l’échelon populationnel en comparant, pour un ensemble de sujets, les résultats constatés ou attendus en termes de bénéfice médicamenteux et de risque d’effet indésirable.

Si le bien fondé de cette appréciation est évident, il est en revanche souvent abusif de parler de rapport au sens mathématique du terme en raison de la difficulté d’exprimer le bénéfice et le risque en unités cohérentes pour une comparaison.

Rapport de cotes (odds ratio)

Voir : odds, odds ratio.

Rapport de risques (risk ratio)

Rapport de deux risques généralement estimé dans des populations différentes.

Quand le diviseur répond à la définition d’un risque de référence, le rapport de risques est un risque relatif (voir ce terme).

RCP (Summary of Product Characteristics, SPC)

Voir : résumé des caractéristiques du produit.

Réaction de conjugaison

Réaction de transfert de restes polaires sur la molécule du médicament.

Réaction de fonctionnalisation

Transformation des médicaments par modification ou adjonction de groupes fonctionnels aux molécules (hydrolyse réduction oxydation).

Réaction de type A (type A reaction)

Voir : effet indésirable Attendu.

Réaction de type B (type B reaction)

B signifie Bizarre. Voir : effet indésirable inattendu (B).

Rebond (rebound)

Voir : phénomène de rebond.

Récepteur (receptor)

Lieu moléculaire spécifique d’une cellule effective avec lequel le neuromédiateur (ou le médicament) réagit pour provoquer la réaction caractéristique de la cellule à ce médiateur (ou au médicament).

Les récepteurs sont situés soit au niveau de la membrane cytoplasmique (récepteurs canaux, récepteurs enzymes, récepteurs liés aux protéines G), soit à l’intérieur de la cellule (dans le noyau notamment où on parle de récepteur nucléaire). La même cellule comporte en général plusieurs types de récepteurs différents.

 

Récepteurs présynaptiques

Récepteurs situés au niveau de la membrane présynaptique.

On distingue des récepteurs présynaptiques alpha, bêta-adénergiques, dopaminergiques, sérotoninergiques , à l’angiotensine… Tous ces récepteurs exercent en général un effet inhibiteur sur la libération du neurotransmetteur (à l’exception des récepteurs bêta-adrénergiques et à l’angiotensine qui ont des effets stimulants). Lorsque le récepteur présynaptique est capable d’être activé par le neurotransmetteur de la synapse, on parle d’autorécepteur (par exemple le récepteur présynaptique dopaminergique dans une synapse dopaminergique est dit autorécepteur).

                     Récepteurs postsynaptiques

Récepteurs situés au niveau de la membrane postysnaptique.

Recherche (research)

Terme général s’appliquant à toute démarche de quête de connaissances. Une étude, un essai, une expérimentation sont des recherches.

Dans le cadre de la loi Huriet-Sérusclat, " recherche biomédicale " s’applique aux " essais ou expérimentations organisés et pratiqués sur l’être humain en vue du développement des connaissances biologiques ou médicales " (Art. L.209-1).

Recherche biomédicale

Essai (ou expérimentation) organisé et pratiqué sur l’être humain en vue du développement des connaissances biologiques ou médicales.

Recherche Avec ou Sans Bénéfice Individuel Direct

Les recherches biomédicales dont on attend un bénéfice direct pour la personne qui s’y prête sont dénommées recherches Avec Bénéfice Individuel Direct (BID).

Toutes les autres recherches, qu’elles portent sur des personnes malades ou non, sont dénommées Sans Bénéfice Individuel Direct (SBID).

Référence (médicament de) (reference drug)

Médicament utilisé dans le groupe contrôle lors des essais cliniques comparatifs.

Il s’agit d’un médicament ayant auparavant démontré son efficacité dans les essais cliniques bien conduits.

Références Médicales Opposables (RMO)

Normes médicales établies approuvées et mises en vigueur par les partenaires conventionnels.

Les RMO pour les médicaments sont établies par l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé. Les RMO doivent être respectées par les médecins conventionnés sous peine de sanction. Les Références Médicales Opposables sont rédigées sous la forme de " il n’y a pas lieu de… " par les partenaires conventionnels.

Voir 2ème partie du lexique.

Référence (population de, groupe de) (voir ce terme).

Registre (register, registry)

Système de recueil et d’enregistrement systématique de tous les cas d’un évènement donné (généralement une maladie) dans une zone géographique déterminée (ville, région, pays, etc.).

La constitution d’un registre suppose donc la mise en oeuvre des moyens garantissant l’exhaustivité.

En pharmacoépidémiologie, les registres (registres de malformations congénitales, registres de cancers, etc.) constituent de précieuses sources de cas, par exemple pour la mesure d’un taux d’incidence ou la réalisation d’une étude cas-témoins.

Réintroduction (rechallenge)

Terme utilisé en imputabilité pour désigner la reprise, volontaire ou non, par un sujet, dans des conditions similaires (de dose, de durée, etc.), d’un médicament soupçonné d’avoir entraîné antérieurement chez lui un effet indésirable.

La réintroduction est dite positive (positive rechallenge) si elle entraîne une nouvelle survenue de l’effet, négative (negative rechallenge) dans le cas contraire et non concluante si les conditions (posologie, traitements associés, évolution de la maladie, etc.) ne sont plus les mêmes lors de la reprise du traitement.

 

                     Remboursement (reimbursement)

Les modalités usuelles de remboursement par les Caisses d’Assurance Maladie sont définies par l’inscription sur une liste :

- remboursement 100 % ;

- remboursement 65 % ;

- remboursement 35 % ;

- absence de remboursement.

Ces valeurs dépendent du niveau d’ASMR (voir ce terme) déterminé par la Commission de Transparence (voir ce terme).

Remède

Tout moyen (pas forcément médicamenteux) susceptible de prévenir ou combattre une maladie (ou améliorer la santé).

Employé jusqu’à la fin du XIXème siècle comme synonyme de médicament. De nos jours, le terme " remède " appartient au langage populaire.

Résumé des caractéristiques du produit, RCP (Summary of Product Characteristics, SPC)

Texte rédigé par l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé lors de l’autorisation de mise sur le marché (AMM) d’une spécialité pharmaceutique et comportant les renseignements de base la concernant.

Le RCP comporte obligatoirement, outre la dénomination, les formes et présentations et la compositions, trois parties :

  1. Données Cliniques (DC) : indications, posologie et mode d’administration, contre-indications, mises en garde et précaution d’emploi, les interactions (médicamenteuses, nutritionnelles ou avec les examens para cliniques), grossesse et allaitement, conduite et utilisation des machines, effets indésirables, surdosage,
  2. Données pharmacologiques (DP) : pharmacodynamie, pharmacocinétique, sécurité préclinique,
  3. Données pharmaceutiques (DP) : incompatibilités, conditions particulières de conservation, modalités de manipulation.

Renseignements administratifs : conditions de délivrance : Liste (par exemple). Présentation et n° d’identification administrative avec date d’approbation/révision (AMM). Titulaire de l’autorisation de mise sur le marché. Nom et adresse du laboratoire.

NB : Le symbole ¶ , précédant la dénomination, signifie que l’information est récente ou a été révisée ou validée. Elle est complétée, en fin de monographie, par la date de l’AMM suivie éventuellement de celle de la dernière révision ou validation (jj.mm.an).

Le texte du RCP (ou annexe I de l’AMM) est généralement repris dans son intégralité dans l’édition correspondante du Dictionnaire Vidal des spécialités pharmaceutiques pour constituer la monographie de la spécialité.

Ce texte n’est pas définitif après AMM et sera susceptible d’être modifié en fonction des extensions d’AMM ou des données nouvelles de pharmacovigilance.

Rétrospectif (retrospective)

Qui concerne le passé, qui regarde vers le passé.

Rétrospectif est donc l’antonyme de prospectif. La distinction entre les deux termes repose sur la direction de l’analyse pratiquée et non sur la période concernée (une étude prospective peut être menée sur des données déjà enregistrées). Une analyse prospective part de l’exposition à un facteur de risque et s’intéresse à l’éventuelle survenue ultérieure d’un évènement donné. Une analyse rétrospective part de la survenue d’un évènement et s’intéresse à l’éventuelle exposition antérieure à un facteur de risque donné. Les études cas-témoins sont rétrospectives et les études de cohorte prospectives.

Revue Prescrire

Revue mensuelle d’information sur le Médicament et les Pratiques Thérapeutiques. Revue critique et indépendante de toute structure officielle (Université, Etat, Formation Médicale Continue, Hôpitaux, Agences de Régulation… et bien sûr Industrie) publiant des articles fiables, adaptés aux besoins médicaux et faciles à utiliser.

Un des rares journaux médicaux français à ne pas dépendre financièrement de la publicité et de l’industrie pharmaceutique.

Chaque mois, on retrouve les rubriques suivantes : Editorial, Nouveaux Médicaments, Vigilance, Stratégies, Ouvertures, Forum.

Indispensable pour tout médecin qui veut continuer à se former de façon fiable et moderne sur le Médicament.

Existe en version anglaise : " Prescrire International ".

Risque(risk, hazard)

Probabilité qu’un évènement survienne au temps t sachant qu’il n’était pas survenu au temps t-1.

En pharmacoépidémiologie, le risque désigne la probabilité qu’un sujet (exposé ou non à un médicament) présente un évènement à un moment donné sachant qu’il ne le présentait pas dans l’intervalle de temps antérieur. Le risque est souvent assimilé au taux d’incidence pour la période considérée.

Exemple : si le taux d’incidence annuel mesuré dans une population est de 2,5/1 000, le risque pour un sujet au cours d’une période de deux mois serait de (2,5/1 000) x (2/12) = 0,00042 soit 4,2/10 000.

                    Risque relatif (relative risk, risk ratio)

Facteur multiplicateur du risque de référence en rapport avec une exposition.

Il se calcule en divisant le risque mesuré dans une population exposée (risque absolu) par celui mesuré dans une population de référence en tous points semblable hormis le fait qu’elle n’est pas exposée (risque de référence).

Si le risque d’aplasie médullaire mesuré dans une population traitée par un médicament est de 12,6/100.000 et que le risque de référence dans une population non exposée est,pour la même période, de 7/1.000.000, le risque relatif est de (12,6/100.000) / (7/1 000.000) = 18. On en déduit que le fait de prendre ce médicament multiplie par 18 le risque de présenter une aplasie médullaire.

Le risque relatif mesure la force de l’association entre l’exposition à un facteur de risque (par exemple un médicament) et la survenue d’un évènement. Une valeur non significativement différente de 1 indique une absence d’association, une valeur significativement supérieure à 1 une augmentation du risque liée à l’exposition et une valeur significativement inférieure à 1 un effet protecteur de l’exposition.

Pour savoir si le résultat est " significatif ", il faut consulter les bornes supérieures ou inférieures de l’intervalle de confiance (voir ce terme).

Dans l’exemple ci-dessus, l’intervalle de confiance bilatéral à 95 %, pour la valeur calculée 18, est : [10,4 - 31,2] ce qui signifie que la vraie valeur du risque relatif à 95 chances sur 100 d’être comprise entre ces deux limites et aussi qu’elle est statistiquement significative puisque la valeur la plus faible de l’intervalle de confiance est supérieure à la valeur 1.

S

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Sachet (sachet)

Forme pharmaceutique faite d’une enveloppe hermétiquement close en papier, métal ou plastique, contenant une unité de prise sous forme de poudre.

Les sachets fabriqués industriellement ont remplacé les paquets en papier confectionnés à l’officine.

Second messager (second messager)

Molécule intermédiaire intervenant dans le couplage, se formant à la suite du stimulus et initiant les modifications biochimiques responsables de l’effet pharmacodynamique.

Sélectivité (selectivity)

Propriété d’un médicament d’interagir avec un seul des sous-types d’un récepteur.

Exemples : clonidine : agoniste adrénergique sélectif des récepteurs alpha2-adrénergiques ; prasozine : antagoniste sélectif des récepteurs alpha1-adrénergiques ; acébutolol : bêta-bloquant sélectif des récepteurs bêta1-adrénergiques.

Dans la pratique, la sélectivité n’est jamais absolue mais toujours relative.

Seringue (syringe)

Matériel destiné à contenir une préparation injectable en vue de son administration.

Les seringues sont généralement en plastique, exceptionnellement encore en verre en cas de problème d’incompatibilité. Elles peuvent être graduées (permettant d’administrer une quantité variable de médicament) ou non. Elles sont généralement jetables, à usage unique. Certaines spécialités sont présentées sous forme de seringues pré remplies prêtes à l’utilisation. Certaines seringues ont une graduation spécifique d’un médicament donné (héparine, insuline), voire d’une spécialité. Réutilisables, elles sont parfois appelées stylos (insuline, apomorphine).

Service Médical Rendu (SMR)

Le SMR, établi par l’AFSSAPS lors de la réévaluation des médicaments déjà commercialisés, évalue le produit sur les critères suivants : efficacité, sécurité, caractère préventif, symptomatique ou curatif, gravité de l’affection et intérêt en terme de santé publique.

Le SMR ne compare pas le médicament par rapport aux autres produits mais permet de définir un taux de remboursement. Le SMR s’exprime en différents niveaux : " important " (taux de remboursement à 65 %), " modéré " (35 %), " faible (35 %) ou " absence de SMR ".

A ne pas confondre avec l’ASMR (Amélioration du Service Médical Rendu) (voir ce terme).

Sévère (severe)

Adjectif qualifiant l’intensité d’un évènement ou d’un effet indésirable sans forcément préjuger, à la différence de " grave " (serious), de ses conséquences en termes de mortalité ou de morbidité.

Pour bien marquer la différence de sens avec grave (voir ce terme), il est souvent préférable de traduire le mot anglais severe par " intense " (exemple : une céphalée intense) plutôt que par sévère.

Sevrage (withdrawal)

Voir dépendance physique.

Signal (signal)

Evènement ou dépassement d’un seuil fixé, convenu comme devant attirer l’attention lors d’une surveillance.

En pratique, on parlera de signal quand un paramètre (nombre de cas d’un événement, taux d’incidence, etc.) s’écarte de ce qui était attendu ou admis.

Un signal, après validation (signal strengthening, signal validation) constitue une alerte devant entraîner une prise de décision (decision-making) ou la mise en place d’une étude adaptée.

Signalement

Synonyme de notification.

En matière de pharmacovigilance " tout médecin, chirurgien dentiste ou sage-femme ayant constaté un effet indésirable grave ou inattendu susceptible d’être dû à un médicament ou produit mentionné à l’article R.5144-1, qu’il l’ait ou non prescrit, doit en faire la déclaration immédiate au Centre Régional de Pharmacovigilance.

De même, tout pharmacien ayant eu connaissance d’un effet indésirable grave ou inattendu susceptible d’être dû à un médicament ou produit mentionné à l’article R.5144-1 qu’il a délivré, doit également le déclarer aussitôt au Centre Régional de Pharmacovigilance.

Tout membre d’une profession de santé ayant fait la même constatation, peut également en informer le Centre Régional de Pharmacovigilance ".

En matière de pharmacodépendance, " tout médecin, chirurgien dentiste, sage-femme ayant constaté un cas de pharmacodépendance grave ou d’abus grave d’une substance, plante, médicament ou autre produit mentionné à l’article R.5219-2, en fait la déclaration immédiate au Centre d’Evaluation et d’Information sur les Pharmacodépendances sur le territoire duquel le cas a été constaté.

De même, tout pharmacien ayant eu connaissance d’un cas de pharmacodépendance grave ou d’abus grave de médicament, plante ou autre produit qu’il a délivré, le déclare aussitôt au Centre d’Evaluation et d’Information sur la Pharmacodépendance sur le territoire duquel ce cas a été constaté.

Tout autre professionnel de santé ou toute autre personne dans le cadre de son exercice professionnel ayant eu connaissance d’un tel cas, peut également en informer le Centre d’Evaluation et d’Information sur les Pharmacodépendances sur le territoire duquel ce cas a été constaté ".

Sirop (sirup, syrup)

Solution aqueuse fortement sucrée.

Les sirops contiennent environ les deux tiers du poids en sucre, ce qui leur assure une conservation prolongée. Cette teneur peut être réduite par l’utilisation de conservateur. Certains sirops peuvent servir d’édulcorant. Les sirops médicamenteux, contenant des principes actifs, sont des formes officinales élémentaires, certains étant inscrits à la pharmacopée. Les sirops, lorsqu’ils sont administrés tels quels, constituent une forme pharmaceutique à diviser en vue de l’administration d’un médicament par voie orale.

Solution ou soluté (solution)

Préparation liquide obtenue par dissolution d’une ou plusieurs substances actives dans un solvant approprié (eau le plus souvent, huile, alcool).

Sondage (poll)

En pharmacoépidémiologie : sélection à partir d’une population (la population-source) d’un nombre donné d’individus de manière à en étudier les caractéristiques, et notamment la consommation de médicaments.

Sous notification (under-reporting ou underreporting)

Absence de notification à une structure de surveillance d’une partie des cas d’un effet indésirable survenus dans une région donnée.

La sous notification peut découler de très nombreux facteurs : absence de motivation ou de temps de l’observateur, absence de diagnostic de l’évènement ou non-attribution de cet évènement au médicament… (voir notification).

Spécialité pharmaceutique

Tout médicament préparé à l’avance, présenté sous un conditionnement particulier et caractérisé par une dénomination spéciale.

Cette dernière, appelée aussi " nom de fantaisie ", est un en fait un nom de marque et soumise de ce fait à la réglementation des marques.

                    Spécificité (specificity)

Un médicament est spécifique d’un type de récepteur lorsqu’il ne peut interagir qu’avec ce récepteur.

Exemples : antagonistes bêta-adrénergiques ou antagonistes H2-histaminergiques. A l’inverse, les antihistaminiques H1 sont sélectifs mais non spécifiques des récepteurs H1, puisqu’ils bloquent aussi les récepteurs muscariniques ou alpha-adrénergiques. La spécificité se vérifie rarement puisque de nombreux médicaments agissent sur plusieurs types de récepteurs (neuroleptiques, antidépresseurs…). A différencier d’affinité (voir ce terme).

Spray (spray)

Conditionnement pressurisé permettant la pulvérisation de particules solides ou liquides grâce à un gaz propulseur.

Ces dispositifs sont nombreux et protégés par des brevets. Les gaz propulseurs posent d’importants problèmes d’environnement.

 

Stratification (stratification)

Approche consistant à diviser un échantillon, une population en plusieurs sous-groupes selon un critère donné (âge, statut socio-économique, nombre de médicaments associés, etc.).

Par exemple, une stratification sur l’âge peut permettre de mettre en évidence qu’un excès de mortalité mesuré dans une population traitée est en réalité dû à un surreprésentation des sujets âgés dans cette population (si la comparaison sur des classes d’âges équivalentes ne montre plus de différence significative par rapport à une population de référence).

Stupéfiant (narcotic,drug)

Médicaments qui contiennent une substance stupéfiante, c’est-à-dire capable d’entraîner une pharmacodépendance (voir ces termes).

Les substances stupéfiantes sont soumises à un contrôle international et, en France, à un régime spécial de prescription. Elles doivent être prescrites sur une ordonnance sécurisée. La durée maximale de la prescription est réglementairement limitée, à 28 jours (mais peut être restreinte à 7 ou 14 jours selon les médicaments). La posologie et le nombre d’unités thérapeutiques doivent être rédigés en toutes lettres. (voir : liste).

Substance vénéneuse (venenous agent)

Substance pouvant entraîner des risques notables et reconnue comme telle par un acte administratif.

Cette notion est indépendante de la qualité de médicament. On distingue des substances dangereuses (très toxiques, toxiques, nocives, corrosives, irritantes, cancérogènes, tératogènes, mutagènes), stupéfiantes, psychotropes, appartenant aux listes I ou II. Cette appartenance entraîne des conséquences réglementaires concernant la fabrication, l’étiquetage, le transport, le stockage, la détention et le commerce des marchandises (et des médicaments qui en contiennent) (voir : liste).

Substitution (substitution)

1. Acte consistant pour le pharmacien d’officine à dispenser un médicament contenant le même principe actif ayant les mêmes indications selon l’AMM que celui prescrit par le médecin, mais commercialisé sous un autre nom de spécialité.

En France, le pharmacien dispose depuis 1999 du droit de substitution. Le développement des génériques s’associe à ce droit de substitution permettant au pharmacien de ne pas être tenu de détenir en stock toutes les spécialités pharmaceutiques similaires (spécialités dites " génériques "), parfois très nombreuses pour un même principe actif.

2. Se dit aussi des médicaments de substitution destinés à désaccoutumer progressivement un sujet pharmacodépendant de la drogue qu’il utilise.

Exemple : méthadone (Méthadone°), buprénorphine (Temgesic°).

Suivi (follow-up)

" Action de suivre, de surveiller pendant une période prolongée, en vue de contrôler " (dictionnaire Robert).

En pharmacoépidémiologie, un suivi désigne un mode de surveillance prospectif mis en place pour identifier la survenue éventuelle d’un évènement chez un individu ou dans une population.

Suivi thérapeutique (therapeutic follow-up ou drug monitoring ou therapeutic drug monitoring).

1° Etude prospective menée sur des sujets traités par un médicament dans les conditions prévues par l’autorisation de mise sur le marché (therapeutic follow-up).

Un suivi thérapeutique équivaut donc généralement à une cohorte traitement de type observationnel (voir ces termes).

2° Désigne également la surveillance d’un patient, au moyen de dosages plasmatiques du médicament, de manière à optimiser l’adaptation posologique (drug monitoring ou therapeutic drug monitoring).

Suppositoire (suppository)

Forme pharmaceutique solide destinée à l’administration par voie rectale de dose unitaire de médicament.

Les suppositoires peuvent avoir une action générale ou locale selon que le principe actif est absorbé ou non. Leur excipient est, soit une substance solide fondant à la température du corps (beurre de cacao, gélatine glycérinée, glycérides de synthèse), soit un mélange de poly-éthylènes glycols se dissolvant dans la cavité rectale. Ils sont en forme d’obus ou de torpille.

Surdosage (overdose)

Utilisation d’une dose supra thérapeutique d’un médicament.

Switch

Terme anglais signifiant changement, permutation et désignant le fait qu’un sujet (appelé switcher) change de médicament au cours d’une période de suivi.

Un switch décrit, par exemple, le fait qu’un patient passe, avec ou sans avis médical, d’une stratégie thérapeutique à une autre.

Syndrome d’abstinence (ou syndrome de sevrage) (deprivation syndrom)

Manifestations nocives, somatiques apparaissant à l’arrêt de la prise d’une drogue ou d’un médicament traduisant un état de dépendance physique.

Voir : dépendance physique.

Syndrome de sevrage (withdrawal syndrom)

Voir dépendance physique.

Synergie (synergy)

On parle d’interaction médicamenteuse (voir ce terme) synergique entre deux médicaments A et B lorsque l’effet pharmacodynamique du médicament A [E (A)] est majoré par l’effet pharmacodynamique du médicament B [E (B)].

On distingue classiquement :

- la synergie additive lorsque l’effet pharmacodynamique de deux médicaments est égale à la somme des effets de chacun d’entre eux : E (A + B) = E (A) + E (B) (1 + 1 = 2) ;

- la synergie potentialisatrice lorsque l’effet pharmacodynamique de l’association des deux médicaments est supérieur à la somme des effets de chacun d’entre eux pris isolément : E (A + B) > E (A) + E (B) (1 + 1 = 2,5).

On utilise cette propriété de synergie dans l’association de certains médicaments comme deux antibiotiques entre eux ou les anticancéreux entre eux.

La synergie s’oppose à l’antagonisme où l’effet de l’association est inférieur au plus actif des composants utilisés seuls : E (A + B) < E (A) si A est le plus actif, soit encore 1 + 1 = 0,5.

T

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Tablette (tablet)

Comprimé sucré à laisser fondre dans la bouche en vue d’une action locale.

Tachyphylaxie (tachyphylaxy)

Tolérance fonctionnelle aiguë survenant dès la (ou les) première(e)s utilisation(s) du médicament.

Taux de remboursemen

Part, en pourcentage, du prix du médicament remboursable pris en charge par l’Assurance Maladie.

Témoin (control)

Sujet ou groupe de sujets servent de référence dans une comparaison.

Dans un essai clinique, un témoin est issu de la même population source que le sujet sélectionné et ne diffère de lui que par le paramètre dont on veut étudier l’influence (prise du médicament à l’étude).

Tératogénicité (teratogenicity)

Etymologiquement : production de monstruosité.

Action d’une substance médicamenteuse (ou non) se traduisant par la présence de malformations congénitales chez le foetus.

Le terme de tératogénicité doit être réservé au cas où l’agent chimique, médicamenteux ou non, s’attaque à l’embryon et non à la mère. La recherche d’une tératogénicité fait partie des études pré cliniques du segment II de toxicologie de la reproduction.

Thérapeutique (therapeutics)

Etymologiquement, vient du mot latin " thera " qui veut dire " au service de ".

Etude des actions et pratiques propres à soulager ou guérir les malades. La thérapeutique recense l’ensemble des soins et de la prise en charge à apporter au malade.

La principale différence entre pharmacologie et thérapeutique réside dans le fait que la première part des propriétés de base des médicaments et en déduit les indications et contre-indications alors que la seconde part du malade et de la maladie à traiter et cherche les meilleurs moyens d’y parvenir.

Ces moyens thérapeutiques peuvent être médicamenteux mais aussi chirurgicaux, physiques (rééducation fonctionnelle, kinésithérapie…), radiologiques (radiothérapie…) ou autres (stimulateurs cardiaques, angioplastie, thermalisme, climatisme, hygiène, psychothérapie…).

Ticket modérateur

Part de la dépense à la charge des assurés sociaux et pouvant éventuellement être, totalement ou partiellement, remboursée par les mutuelles ou les assurances complémentaires.

Tiers payant (direct payment by insurer)

Principe selon lequel les prestations d’Assurance Maladie dues sont réglées directement par l’Assurance au prestataire de santé (médecin, pharmacien, etc.) sans que l’assuré n’ait à faire l’avance de fonds.

La faculté du " tiers payant " s’est développée dans le cadre d’un souci d’équité sociale (égalité d’accessibilité du système de santé) en permettant aux plus démunis de pas renoncer aux soins dont ils ont besoin (puisqu’ils n’ont pas à avancer de fonds). La généralisation du tiers payant favorise donc la consommation de soins.

Tirage au sort/a> (randomisation)

" Décision ou désignation par le recours au hasard " (dictionnaire Robert).

Par exemple, dans un essai clinique, le tirage au sort (par une table de nombres au hasard ou un processus informatique aléatoire) est utilisé pour décider, sans aucune intervention subjective, lequel des médicaments à comparer chaque sujet va recevoir.

L’attribution de l’exposition par tirage au sort est la seule méthode garantissant une répartition équilibrée entre les groupes des variables, identifiées ou non, susceptibles de biaiser l’analyse.

                    Tmax

Temps au bout duquel est obtenu la concentration plasmatique maximale d’un médicament (Cmax) après son administration.

La connaissance du Tmax permet de préjuger en pratique du maximum de l’effet thérapeutique attendu après administration d’une dose du médicament.

Tolérance (tolerance)

" Diminution des effets sur l’organisme d’une dose fixe d’une substance au fur et à mesure que l’on répète son administration. Ce phénomène conduit à accroître les doses pour obtenir l’effet recherché ". (Dictionnaire Robert).

On parle donc de tolérance à la morphine ou à d’autres médicaments ou drogues.

On peut aussi parler de tolérance d’un individu mais jamais de la tolérance à un médicament. On doit alors utiliser le terme d’ " effet indésirable d’un médicament " ou dire que ce médicament est bien ou mal toléré (pour ne pas utiliser l’anglicisme " tolerabilité " venu de " tolerability " anglo-saxon).

Topique (topic)

Médicament prescrit sous forme d’administration à la surface de l’organisme.

Toxique (toxic)

Issu de la racine grecque toxkon qui veut dire " poison pour flèche.

Manifestation nocive découlant de l’administration d’une dose toxique (c’est-à-dire supra thérapeutique) d’un médicament.

Il ne faut pas utiliser le terme de " toxique " comme synonyme d’effet indésirable.

On doit parler d’effet " toxique " d’un médicament lorsque (et seulement lorsque) celui-ci est utilisé à dose supra thérapeutique. Lors d’utilisation aux doses recommandées par les RCP et l’AMM (voir ces termes), on doit parler d’ " effet indésirable ".

Toxicité (toxicity)

Propriété d’une substance (poison) capable de tuer un être vivant.

Toxicologie (toxicology)

Etude ou science des poisons.

A bien différencier de la pharmacologie, la science des médicaments.

Toxicomanie (drug addiction))

L’OMS recommande l’utilisation du terme " pharmacodépendance " (voir ce terme) à la place de " toxicomanie ".

Traçabilité (traceability, tagging)

Possibilité de suivre l’historique d’un conditionnement ou d’un lot de médicament depuis sa fabrication jusqu’à son stockage, sa dispensation ou son administration à un sujet.

Assurer la traçabilité d’un produit suppose la mise en oeuvre des moyens permettant de retrouver à tout moment l’ensemble des conditionnements et de leurs utilisateurs présents ou passés.

La traçabilité est devenue une exigence réglementaire pour les produits sanguins et les médicaments dérivés du sang. Elle est du ressort du pharmacien.

Traité (treated)

Est considéré comme traité un sujet prenant un médicament dans des conditions (d’indication, de posologie, de durée de traitement, etc.) permettant d’en attendre un bénéfice thérapeutique.

A différencier du mot exposition définissant les conditions pour un sujet à risque de présenter un effet indésirable donné. Selon les cas, un sujet peut donc être traité et exposé, traité et non exposé ou exposé et non traité.

Traitement (treatment)

Ensemble des moyens thérapeutiques (médicaments mais aussi autres) mis en jeu par le médecin pour traiter son malade.

Triple aveugle (triple blind)

Terme impropre à remplacer par " triple insu ".

Triple insu (triple blind)

Voir insu.

U

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Unité de prise

Présentation d’un médicament contenant une dose unitaire.

Up-regulation

Augmentation du nombre des récepteurs à un médicament.

L’up-regulation s’observe par exemple lors de la réduction de la libération du neurotransmetteur par un médicament (puisque les récepteurs seront moins stimulés) ou encore lors de l’utilisation par un antagoniste. Ainsi, les bêta-bloquants augmentent le nombre de récepteurs bêta-adrénergiques et ceci est mis à profit dans le traitement de l’insuffisance cardiaque.

L’up-regulation (augmentation du nombre des récepteurs) est à différencier de l’hypersensibilisation (augmentation de la réponse, de la fonctionnalité) (voir ce terme).

Usage abusif

Terme parfois utilisé comme synonyme d’abus (voir ce terme).

V

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Validation (validation)

Processus qui permet d’établir qu’une méthode est scientifiquement fondée.

Validité (validity)

Un instrument est valide lorsqu’il mesure réellement ce qu’il est sensé mesurer.

Il ne faut pas confondre cette définition avec la notion de validité d’une étude : on dit qu’une étude est valide lorsqu’on peut étendre ses conclusions à l’ensemble de la population.

On distingue deux types de validité d’étude :

- validité interne : le groupe à l’étude et le groupe témoin sont sélectionnés et comparés de telle sorte que les différences observées entre les deux groupes, sur les variables dépendantes, soient uniquement dues à la différence d’effets que l’on veut tester.

- Validité externe (généralisation) : une étude présente une validité externe ou est dite généralisable si elle peut produire des résultats non biaisés applicables à une population cible donnée (target population). Par exemple, les résultats d’une étude conduite chez les sujets masculins caucasiens peuvent-ils ou non être généralisés à tous les hommes ? Les résultats de cette étude ne seront cependant pas généralisables à toutes les femmes.

Vidal (dictionnaire)

Dictionnaire des spécialités pharmaceutiques réédité chaque année.

Il rassemble les monographies (RCP, Résumé des Caractéristiques du Produit) des spécialités proposées par le laboratoire pharmaceutique et approuvées à l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé par la Commission d’AMM.

Le dictionnaire Vidal comprend le classement des médicaments par dénominations communes internationales (DCI) (section bleue), le classement des médicaments par familles thérapeutiques (section jaune), le classement des génériques (section rouge), les monographies des médicaments (y compris produits de contraste, sang et ses composants labiles) par ordre alphabétique (section blanche), l’ensemble des produits de soin, d’hygiène et de santé (dont les stations thermales) (section saumon), le répertoire par établissement des médicaments, des produits et du thermalisme (section verte) ainsi qu’un supplément annuel d’interactions médicamenteuses. Plusieurs suppléments de mises à jour annuelles sont disponibles.

Le dictionnaire Vidal indique également l’adresse et les numéros de téléphone des Centres Régionaux de Pharmacovigilance, des Centres d’Evaluation et d’Informations sur les Pharmacodépendances et des Centres Anti-Poisons ainsi que le calendrier vaccinal, la liste des substances et procédés dopants interdits par le Ministère de la Jeunesse et des Sports.

Vignette

Petit cadre rectangulaire fixé sur le conditionnement de toute spécialité pharmaceutique admise à la prise en charge par les Caisses de Sécurité Sociale.

Les éléments figurant obligatoirement sur les vignettes depuis 1997 sont notamment :

- un identifiant accessible informatiquement sous forme de code à barres comportant le code CIP, le prix public et le code relatif au taux de remboursement ;

- en lettres et chiffres, la dénomination du produit avec éventuellement le dosage et la forme galénique ainsi que le prix public.

Les vignettes doivent être jointes par les bénéficiaires de l’Assurance Maladie à toute demande de prise en charge, jusqu’à ce que les feuilles de soin sur papier support soient remplacées par télétransmission, l’image électronique des vignettes étant directement communiquées aux Caisses.

Visa de publicité

Autorisation préalable à la diffusion du message publicitaire destiné au public délivré par l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé (ou par le Ministre chargé de la Santé) pour les produits " bénéfiques pour la santé " après avis de la Commission de Publicité.

                    Visiteur médical (VM) (representative in pharmaceutical products)

Personne titulaire d’une carte professionnelle, attestant d’une formation spécifique de niveau bac + 2, salariée par un laboratoire pharmaceutique (ou par un prestataire de service), ayant pour fonction l’information des professionnels de santé habilités à prescrire en vue de promouvoir la prescription des produits commercialisés par un ou plusieurs laboratoires pharmaceutiques.

Est synonyme de délégué médical ou de délégué à l’information médicale.

Voie sublinguale

Voie d’administration des médicaments placés dans la bouche, l’absorption se faisant à travers la muqueuse buccale.

La voie sublinguale permet d’éviter la dégradation par premier passage hépatique.

Voies d’administration

Portes d’entrée du médicament dans l’organisme.

Voies d’élimination

Emonctoires par lesquels le principe actif ou ses métabolites sont rejetés hors de l’organisme.

Volontaire (volunteer)

Sujet se prêtant de son plein gré à une recherche biomédicale après avoir donné son consentement en pleine connaissance des buts, des contraintes et des éventuels risques inhérents à cette recherche.

On ne peut juridiquement faire participer une personne à une recherche sans avoir obtenu son consentement. Selon l’article 7 du pacte international relatif aux droits civils et politiques, " nul ne sera soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants. En particulier, il est interdit de soumettre une personne sans son libre consentement à une expérience médicale ou scientifique ".

Dans le cadre de la loi Huriet-Sérusclat, il est prévu que pour les cas où un consentement éclairé ne peut être recueilli au préalable auprès de la personne soumise à la recherche (situation d’urgence, malades psychiatriques, mineurs ou sujets sous tutelle), le consentement sera sollicité auprès d’un proche, de l’autorité parentale ou de tutelle.

Volume (apparent) de distribution d’un médicament (drug distribution volume)

Volume théorique dans lequel la quantité de médicament devrait se répartir pour avoir une concentration similaire à celle du plasma.

Le volume de distribution (Vd) permet de quantifier la répartition d’un médicament au niveau tissulaire : plus il est important, plus la distribution est intense. La connaissance du volume de distribution ne présente aucune valeur prédictive concernant l’efficacité ou le risque d’effets indésirables du médicament. On utilise en pratique la valeur du volume apparent de distribution pour le calcul de la dose de charge (voir ce terme) à administrer afin d’obtenir rapidement une concentration sanguine efficace.

W

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Wash-out

Etymologiquement, vient du mot anglais signifiant " élimination par lavage ".

Elimination, plus ou moins complète du principe actif d’un médicament au terme d’une période de son traitement.

Une période de wash-out suffisamment prolongée est indispensable pour amener les sujets d’une étude à leur état de base, c’est-à-dire pour considérer qu’un médicament n’est plus susceptible d’interférer avec la mesure projetée. On utilise en particulier une période de wash-out entre les deux périodes de traitement dans les essais croisés (cross-over).

X

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Xénobiotique

Toute substance non alimentaire et non médicamenteuse entrant en contact avec l’organisme.