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PHARMACOLOGIE SOCIALE
Compte rendu de la 5ème Rencontre de Pharmacologie Sociale
Oui à une Information Indépendante ! Gare
aux tentations PHARMACOLOGIE FONDAMENTALE
Données récentes sur le contrôle du
métabolisme lipidique A.S.M.R. DE NOUVEAUX MEDICAMENTS PHARMACOLOGIE CLINIQUE Quels vrais
nouveaux médicaments en 2003 ? Jus de
pamplemousse et médicaments PHARMACOEPIDEMIOLOGIE Pas de diminution de
la consommation des antibiotiques au CHU de Toulouse en 2003 MEDICAMENTS et GROSSESSE Informer sur le
risque de prise d'Anti Inflammatoires Non Stéroïdiens à partir du début du
6° mois de grossesse PHARMACODEPENDANCE La Suboxone°
dans la dépendance aux opiacés PHARMACOVIGILANCE MEMO : Les
traitements hormonaux substitutifs de la ménopause (THS) Inhibiteurs de
l'enzyme de conversion (IEC), diurétiques et Anti-Inflammatoires Non
Stéroïdiens (AINS) : une association dangereuse Rhabdomyolyse :
autre type d'effet indésirables des fluoroquinolones ? BREVES de
PHARMACOVIGILANCE A QUOI
SERT LE CENTRE REGIONAL DE PHARMACOVIGILANCE ? QUE PEUT-IL VOUS
APPORTER ? |
BIP 2004, 10, (1) , 1-16 Bulletin d'Informations de
Pharmacologie
Bulletin d’Informations du Service de Pharmacologie Clinique
du CHU de Toulouse Faculté de Médecine, 37, allées Jules-Guesde, BP 7202, 31073 Toulouse CEDEX 7 Centre Midi-Pyrénées de Pharmacovigilance, de Pharmacoépidémiologie et d’Informations sur le Médicament (CRPV) Tel : 05 61 25 51 12 - Fax : 05 61 25 51 16 Mel : crpv.toulouse@cict.fr Centre Midi-Pyrénées d’Evaluation et d’Informations sur les
Pharmacodépendances (CEIP) Mel : ceip.toulouse@cict.fr Site Internet: http://www.pharmacovigilance-toulouse.com.fr
Nous vous donnons déjà rendez-vous pour la 6ème Rencontre de Pharmacologie Sociale le mercredi 24 novembre 2004 à 19 heures au Grand Amphithéâtre de la Faculté de Médecine de Toulouse (allées Jules-Guesde). Le conférencier Danielle BARDELAY traitera de “ l’Europe du Médicament ”.
Compte rendu de la 5ème Rencontre
“ Les études cliniques contrôlées :
La 5ème
Rencontre de Pharmacologie Sociale, organisée le 26 novembre 2003, a connu
un vif succès. Nous avons eu le plaisir d’accueillir plus de 350 d’entre
vous. Nous proposons quelques idées fortes de la conférence du Professeur
Silvio GARATTINI. Oui à une Information Indépendante ! (JL Montastruc)
En 2002, le Bulletin GROC de
l’Institut Catalan de Pharmacologie, a publié un texte sur les
“ soi-disant avantages ” des coxibs (célécoxib Célébrex°, rofécoxib Vioxx°).
La firme MSD, fabriquante du célécoxib, a attaqué en justice le rédacteur
en chef, notre collègue le Professeur J.R. Laporte. Le procès, perdu par
la firme, doit être considéré comme une victoire pour tous ceux qui
restent attachés à une information médicale libre et indépendante. Gare aux tentations (JM Senard) L’Institut de la Communication médicale (INCM) propose chaque année aux médecins de répondre à une enquête sur leur utilisation des spécialités pharmaceutiques. La participation à ces enquêtes est bien sur facultative, mais encouragée par l’attribution de cadeaux, dont certains n’ont rien à voir avec l’exercice de la médecine (peignoir de bain, montre…). Tout le monde se doute que le recueil de ces informations, comme d’autres, n’est pas réalisé dans un but scientifique. Elles sont utilisées par les réseaux de Visite Médicale pour améliorer le contenu des “ fichiers médecins ” et ainsi optimiser la pression commerciale et l’efficacité de la visite médicale. Ce système parfaitement légal a aussi des buts plus sournois : renforcer l’habitude de la prescription en nom de fantaisie luttant ainsi contre les efforts pour la prescription en DC ; “ inciter ” à la prescription hors AMM en listant dans certaines classes thérapeutiques des spécialités dont l’AMM ne permet pas l’usage dans cette indication ! Quelle est la conduite à tenir recommandée : la poubelle ! PHARMACOLOGIE FONDAMENTALE
Données récentes sur le contrôle du métabolisme lipidique
Nous avons décrit une nouvelle voie d’activation de la lipolyse impliquant
les peptides natriurétiques (PN) (atrial- et brain- natriuretic peptide,
ANP, BNP respectivement) (Faseb J. 2000). Cette voie peptidique est
indépendante des voies adrénergique ou insulinique. L’ANP est un puissant
facteur lipomobilisateur in vivo dont l’effet est renforcé à la
fois par un régime basse calorie et par l’entraînement physique chez des
sujets en surcharge pondérale. La pertinence physiologique de cette
nouvelle voie lipolytique a été évaluée au cours d’un exercice physique.
Celui-ci conduit à une libération d’ANP consécutive à une hausse du retour
veineux et de la pression de remplissage de l’oreillette droite. Dans ces
conditions, l’ANP contribue à l’activation physiologique de la
mobilisation des lipides. Les
b-bloquants renforcent cet effet
lipolytique en potentialisant la sécrétion cardiaque de PN au cours de
l’exercice (Faseb J. 2004). Ceci peut expliquer l’absence de prise
de poids sous
b-bloquant.
Les PN, en particulier le BNP, sont des facteurs prédictifs de
morbi-mortalité cardiovasculaire. Leur taux circulant augmente en cas de
cardiopathie (insuffisance cardiaque, hypertension pulmonaire,
cardiopathie ischémique, valvulopathies…) et se corrèle avec la sévérité
de la maladie. L’évolution de ces pathologies vers des états cachectiques
pourrait dépendre en partie des PN. Des travaux récents mentionnent aussi
une aussi
une diminution des taux circulants de
PN chez l’obèse.
A.S.M.R. DE NOUVEAUX
MEDICAMENTS
L’A.S.M.R.
apprécie l'amélioration du service médical rendu par un médicament en le
comparant aux autres médicaments de même classe. La Commission de
Transparence évalue l'A.S.M.R. en 5 niveaux en termes d'amélioration de
l’efficacité et/ou du profil d’effets indésirables et/ou de commodité
d'emploi. L'A.S.M.R. est à distinguer du S.M.R. (Service Médical Rendu)
qui évalue un médicament (efficacité, profil d'effets indésirables,
caractère préventif, symptomatique ou curatif, gravité de l'affection
traitée et intérêt pour la santé publique) sans apprécier cependant
l'amélioration apportée par rapport aux médicaments déjà disponibles. Le
SMR permet de définir un taux de remboursement et s'exprime selon 3
niveaux : important (65 % ), modéré (35%), faible (35%) ou absence de
S.M.R.. On peut consulter le S.M.R. et l'A.S.M.R. des médicaments sur
le site http://afssaps.sante.fr. Quels vrais nouveaux médicaments en 2003 ? (JL Montastruc et A Pathak)
On définit le progrès thérapeutique comme un nouveau médicament bénéfique pour le patient par rapport aux traitements déjà existants. On retient trois critères principaux pour évaluer le progrès thérapeutique : efficacité, sécurité et praticité (commodité d’emploi). Le coût ne vient qu’en dernière ligne. Un des médicaments les plus promus en 2003 a été l’IXPRIM° ou ZALDIAR°, un antalgique du palier 2 associant paracétamol + tramadol. Sur le plan pharmacologique, on doit d’abord signaler le caractère illogique de la combinaison de deux médicaments à demi-vie différentes, 2 h pour le paracétamol, 6,5 h pour le tramadol : l’utilisation chronique de ce médicament fait donc courir un risque d’accumulation opiacée. Les essais cliniques n’ont pas montré formellement de supériorité antalgique par rapport à l’ibuprofène (400 mg). Dans les douleurs chroniques (lombalgies et douleurs de l’arthrose), on n’a pas pu mettre en évidence de supériorité de cette association par rapport à paracétamol + codéïne. Le tramadol est responsable d’effets indésirables morphiniques (sédation, constipation, rétention urinaire…) mais surtout de pharmacodépendance, désormais bien décrite. La Commission de Transparence a attribué une ASMR de niveau V (absence d’Amélioration du Service Médical Rendu) par rapport aux médicaments déjà commercialisés utilisés dans les douleurs modérées à intenses. Cette commission a coté comme avancée “ majeure ” pour la prévention contre l’infection méningo-coccique C jusqu’à 18 mois les vaccins antiméningococciques C MENINGITEC°, MENINVACT°, MENJUGATE°. Ces médicaments permettent l’immunisation à partir de 2 mois (le vaccin anti-méningococcique A + C° n’était utilisable qu’au-delà de 2 ans). Ils assurent un taux d’anticorps plus élevé que le vaccin anti-méningococcique A+C°. Dans la prise en charge de la maladie d’Alzheimer, l’introduction de la mémantine EBIXA°, un inhibiteur du glutamate, acide aminé central excitateur, représente un apport dans les formes “ sévères ” (MMS compris entre 3 et 9). Les anticholinestérasiques ne possèdent l’AMM que dans les formes “ légères ” (MMS compris entre 21 et 30) à “ modérément sévères ” (MMS : 10 à 15). On doit regretter d’une part, l’effet symptomatique modeste (seuls 5 à 19 % des patients ont été spécifiquement améliorés lors des essais) et d’autre part, l’absence de comparaison par rapport aux anticholinestérasiques (donézépil ARICEPT°). On ne connaît pas non plus les effets à long terme (au-delà de 6 mois) de la mémantine. L’AFSSAPS a attribué une ASMR V dans les formes “ modérément sévères ” et une ASMR II “ importante ” dans les formes “ sévères ”. Plusieurs médicaments participent au progrès thérapeutique car ils améliorent la praticité. Il s’agit en particulier du travoprost TRAVATAN° (analogue de la PGF2-alpha, collyre anti-glaucomateux de deuxième ligne, plus facile à conserver que lanatoprost XALATAN° avec une meilleure réponse que ce dernier en terme de répondeurs ou de baisse de la pression intra-oculaire, ASMR III), du collyre anti-glaucomateux timolol + latanoprost XALACON° (ASMR IV “ mineure ” par rapport à chacun des composants utilisés individuellement), de l’analogue de l’insuline humaine, insuline lispro (HUMALOG°) (qui permet de raccourcir le délai entre repas et prise d’insuline) ou encore du tadalafil CIALIS° (inhibiteur de la phosphodiestérase type 5, prescrit dans les troubles de l’érection, dont l’absorption n’interfère pas avec l’alimentation à la différence du sildénafil VIAGRA°). Plusieurs autres médicaments ne correspondent pas aux critères exigés du progrès thérapeutique : fluticonazole dermique FLIVOXATE° (corticoïde fort), zofénopril ZOFENIL° (inhibiteur de l’enzyme de conversion), telmisartan + hydrochlorothiazide MICARDIPLUS°, PRITOPLUS° (antihyertenseur), les associations oestroprogestatives pour le traitement hormonal substitutif de la ménopause (oestradiol + œstrogène, AVADENE°, SUCCESSIA° ; oestradiol + lévonorgestrel FEMSEPTCOMBI°) ou encore lévocétérizine XYZALL°, isomère de l’antiH1 cétérizine (VIRLIX°, ZYRTEC°) (ASMR V). C’est aussi le cas de l’interféron alphaconI INFERGENE° (ne différant des autres interférons que par quelques acides aminés), du timolol gel ophtalmique NYOGEL° LP, du énième anticalcique dihydropyridine antihyertenseur (manidipine IPERTEN°), de l’antidépresseur, mésylate de paroxétine DIVARIUS (autre sel de DEROXAT°) ou du xième triptan antimigraineux l’élitriptan RELPAX°. On retiendra pour 2003 peu de réelles innovations pour nos malades. On regrettera que le progrès thérapeutique ne soit pas un critère pour les Agences (Nationales ou Européennes) délivrant les AMM. En pratique, restons chiches dans nos engouements initiaux, demandons aux Visiteurs Médicaux les DCI (pour reconnaître à travers les suffixes l’appartenance aux grandes classes pharmacologiques déjàexistantes) et l’ASMR des nouveaux médicaments. Exigeons des données comparatives et finalement utilisons des sources d’informations indépendantes et validées (voir les Avis de la Transparence sur le site www.afssaps.sante.fr).
PS : Nous n’avons pas envisagé dans ce texte les extensions d’indications
de médicaments déjà commercialisés.
(A Pathak, MA Tran)
Un
simple verre de jus de pamplemousse augmente la biodisponibilité de
certains médicaments. Deux mécanismes peuvent être envisagés : · L’inactivation de la glycoprotéïne P (PgP). Présente dans les microvillosités intestinales, elle facilite l’efflux des médicaments. Son inactivité augmente donc leur absorption, réduit leur élimination, contribuant ainsi à une élévation de leur concentration plasmatique. L’ingestion concomitante de certains médicaments avec le jus de pamplemousse peut donc s’avérer dangereuse. C’est le cas notamment des anticalciques vasodilatateurs (amlodipine, Amlor°, nicardipine, Loxen°, felodipine, Flodil°, dont les effets indésirables, flush, maux de tête, etc..., peuvent être majorés), de la carbamazépine, (Tegretol° à l’index thérapeutique étroit) de la buspirone (Buspar°, entraînant somnolence, fatigue et nausées lors d’un surdosage), de certaines benzodiazépines (diazépam, midazolam, triazolam… : leur biodisponibilité peut être accrue de 50 %, favorisant alors les troubles de la vigilance), des statines (responsables de myalgies, rhabdomyolyses après accroissement de leur concentration plasmatique).
Inversement, l’effet inhibiteur du jus de pamplemousse pourrait
s’utiliser, vu son faible coût, pour réduire la posologie de médicaments
onéreux (ciclosporine- Neoral°, saquinavir- Invirase°). Actuellement, des
composés issus du jus de pamplemousse sont en développement clinique pour
leur effet inhibiteur enzymatique du CYP4503A.
Consommer de la caféïne protège du risque de diabète de type II ou le poids du lobby alimentaire américain (A Pathak)
Une
équipe américaine s’est demandée si la consommation de café (ou boissons
caféïnées) était susceptible de prévenir l’apparition d’un diabète de type
II. Ce travail prospectif conduit par deux association médicales (The
Nurses' Health Study and the Health Professionals' Follow-up Study), a
inclus 41 934 hommes suivis entre 1986 et 1998 et 84 276 femmes suivies
entre 1980 et 1998. Les critères de sélection ont été l’absence de
diabète, cancer ou maladie cardio-vasculaire. Des questionnaires validés
ont été utilisés tous les deux ans pour chiffrer la consommation de
boissons caféinées : 1333 cas de diabète ont été décelés chez les hommes
et 4085 cas chez les femmes. Les auteurs ont retrouvé une corrélation
inverse entre la consommation de café et
l’apparition d’un diabète de type II
(après ajustement sur l’âge, le poids et autres facteurs confondant). Le
risque relatif de développer un diabète, fondé sur la consommation de café
(0, <1, 1 à 3, 4 à 5, ou 6 tasses/ jour) chez l’homme fut respectivement
de 1 ; 0,98 ; 0,93 ; 0,71 et 0,46 (IC 95% 0,26 à 0,82; P = 0.007). Le
risque correspondant, chez la femme, s’est élevé respectivement à 1 ; 1,16
; 0,99 ; 0,70 et 0,71 (IC95%, 0,56 à 0,89; P < 0.001). La conclusion de ce
travail peut paraître simple et limpide : plus vous buvez de “café”, moins
vous avez de chance de développer un diabète gras… mais où est le piège?
Parmi les boissons contenant de la caféine, on trouve mélangés aux vrais
cafés, tous les “ colas ” de la terre. Ce travail est destiné à redonner
une nouvelle jeunesse aux “colas” par le biais d’une publication
scientifique, discutable dans sa présentation. On ne peut que s’étonner de
telles publications dans la presse scientifique…
(Ann Intern Med, 2004, 140, 1-8)
Pas de diminution de la consommation des
antibiotiques (A Sommet, M Lapeyre-Mestre)
L’un des axes du plan national pour préserver l’efficacité des
antibiotiques, instauré en 2001, concerne l’amélioration de leur bon usage
à l’hôpital. Dans ce contexte, le Comité des Anti-infectieux du CHU de
Toulouse a été mis en place à la fin de 2002. Pour améliorer la
consommation antibiotique, il faut pouvoir disposer d’un outil de mesure
validé, standardisé, et reproductible. Nous avons appliqué le concept de
la dose définie journalière (Defined Daily Dose ou DDD : posologie
journalière théorique d’une substance médicamenteuse utilisée dans son
indication principale chez l’adulte) aux données de dispensation de la
pharmacie hospitalière pour calculer l’index de pénétration. Cet index,
exprimé en DDD pour 100 patient-jours, correspond au nombre de DDD
délivrées pendant une période donnée divisé par le nombre de journées
d’hospitalisation au cours de la même période. En 2002, 487 776 DDD
d’antibiotiques ont été délivrées au CHU deToulouse, soit un index de
pénétration de 66,4 DDD pour 100 patient-jours. En 2003, les 489 366 DDD
délivrées correspondent à un index de pénétration de 68,0 pour 100
patient-jours. Pour chacune des 2 années, un seul principe actif, l’amoxicilline,
représente plus de la moitié de la consommation totale : l’association
avec l’acide clavulanique correspond à près de 40% de l’ensemble de la
consommation, l’amoxicilline seule à 15%. Les quinolones (principalement
ofloxacine et ciprofloxacine) correspondent à 12% de la consommation
totale. On a plus utilisé les aminosides en 2003 (2,7 DDD pour 100
patient-jours) qu’en 2002 (1,9). Les données européennes observées dans
les mêmes conditions montrent que la France reste un des plus importants
consommateurs d’antibiotiques : 59,5 DDD pour 100 patient-jours en Espagne
entre 1996 et 2000, 35,6 en Italie en 1998, et 42,5 aux Pays-Bas en 1996. MEDICAMENTS et GROSSESSE
Informer sur le
risque de prise d’Anti Inflammatoires Non Stéroïdiens à partir du début
du 6° mois de grossesse
Malgré la contre-indication des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS)
à partir du début du 6ème mois de grossesse, plusieurs cas de
morts fœtales ou néonatales et d'atteintes rénales et/ou
cardio-pulmonaires néonatales ont été recensées par les Centres Français
de Pharmacovigilance et le Centre de Renseignement sur les Agents
Tératogènes.
La Suboxone° dans la dépendance aux opiacés (I. Lacroix)
La Suboxone° associe un agoniste partiel opiacé (la buprénorphine) et un antagoniste des récepteurs aux opiacés (la naloxone). Ce médicament, présenté sous forme de comprimés sublinguaux, est indiqué dans le traitement de la dépendance aux opiacés. Par voie sublinguale, seule la buprénorphine passe dans la circulation générale et exerce son action (la naloxone n’étant pas absorbée par cette voie). Par contre, par voie intraveineuse, la naloxone va se fixer sur les récepteurs aux opiacés et empêcher labuprénorphine d’agir. Le tient s’injectant la Suboxone° présenterait alors un syndrome de sevrage. Ce médicament permettrait donc de limiter les abus de buprénorphine par voie intraveineuse et de diminuer le trafic de rue du Subutex°. Il existe peu de données cliniques évaluant l’association buprénorphine-naloxone. Une étude américaine récente (Fudala et al., N Engl J Med, 2003, 349 : 949-58) multicentrique, en double insu et avec tirage au sort a comparé 109 patients traités par buprenorphine (16 mg) + naloxone (4 mg) pendant 4 semaines, à 105 autres recevant de la buprénorphine seule (16 mg) et à 109 témoins (placebo). Les résultats des tests toxicologiques urinaires (réalisés 3 fois par semaine) et une échelle évaluant le besoin de consommer des opiacés constituaient les critères d’évaluation d’efficacité de la suboxone°. La recherche d’opiacés dans les urines a été négative dans 17,8% des cas dans le groupe buprénorphine + naloxone contre 20,7% dans le groupe buprénorphine seule et 5,8% dans le groupe placebo. Les auteurs concluent donc à une efficacité de l’association buprénorphine-naloxone supérieure à celle du placebo. En dehors des opiacés, la cocaïne et les benzodiazépines représentent les substances le plus souvent détectées dans les urines (40 à 45% et 10% respectivement) quel que soit le groupe. La fréquence des effets indésirables apparaît comparable dans les 3 groupes : il s’agit le plus souvent de céphalées, syndrome de sevrage, douleurs, insomnies, troubles digestifs (nausées, vomissements, diarrhées, douleur abdominale, constipation) et sudation. Les céphalées et les cas de constipation sont plus nombreux dans le groupe Suboxone°. Deux cas de tentative de suicide ont été signalés dans le groupe buprénorphine seule. Un total de 461 sujets traités par Suboxone° a également été suivi pendant 6 mois. Les auteurs ont rapportés 81 cas d’effets indésirables dont 10 cas d’atteinte hépatique.
La
Suboxone° a obtenu une Autorisation de Mise sur le Marché (AMM) aux
Etats-Unis en octobre 2002. Une demande d’AMM française a été déposée à l’AFSSAPS
en février 2003. A suivre…
MEMO : Les traitements hormonaux substitutifs
Les
THS :
Inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC),
Dans son
dernier bulletin (WHO Drug Information, 2003, 17, 235), l’OMS rappelle que
les AINS antagonisent les effets des IECou des
diurétiques (utilisés chez l’hypertendu
comme chez l’insuffisant cardiaque). La prescription concomitante d’AINS
et de diurétiques s’associe à une augmentation de deux fois du risque
d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque (par rapport à l’utilisation
de diurétique seul). De plus, les IEC, AINS ou diurétiques (seuls ou en
association) sont responsables de plus de 50 % des insuffisances rénales
d’origine médicamenteuse rapportées au Système Australien de
PharmacoVigilance. L’effet concerne également les AINS coxibs et les
sartans (antagonistes des récepteurs à angiotensine II) et touche plutôt
(mais pas exclusivement) les sujets âgés. L’insuffisance rénale s’avère
fatale dans environ 10 % des cas. Les épisodes d’insuffisance rénale sont
souvent précipités par des phénomènes intercurrents (par exemple diarrhées
ou déshydratations) chez un patient prenant la triple association ou lors
de l’ajout d’un troisième médicament (généralement un AINS) à
l’association de diurétiques + IEC. Rhabdomyolyse : autre type d’effet indésirable des fluoroquinolones? (H Bagheri)
Les
effets indésirables articulaires et tendineux des fluoroquinolones sont bien
connus. Des auteurs français (Eur J Clin Pharmacol, 2003,59 :779) ont
rapporté le cas d’une rhabdomyolyse avec issue fatale suite à la prise de
levofloxacine chez une femme de 77 ans. Traitée au long cours par irbesartan,
furosemide, fluindione, amiodarone, trinitrine et spironolactone+altizide
(pour hypertension artérielle, fibrillation auriculaire paroxystique et
obstruction pulmonaire chronique), elle reçoit un traitement associant
levofloxacine (500 mg) et prednisolone (30 mg) pour une infection
pulmonaire. La fonction rénale contrôlée 8 mois auparavant était normale. A
J6, elle présente une dyspnée aigüe, avec tachycardie, hypercapnie et
anurie. Le bilan biologique montre une insuffisance rénale aigüe avec
hyperkaliémmie associant une rhabdomyolyse (CK=30400 UI/l) et une cytolyse
hépatique aigüe (transaminases environ 12N). Malgré la réanimation et
l’hémodialyse permettant une amélioration du bilan hydroélectrolytique, la
patiente décède à J13 suite à un infarctus du myocarde. Les données
chronologiques et sémiologiques orientent vers l’imputabilité de la
levofloxacine (les effets musculaires du furosemide et des glucocorticoïdes
s’accompagnent plutôt d’une hypokaliémie). L’interrogation de la base de
données mondiale de Pharmacovigilance a permis de recenser 27 cas suspects
de rhabdomyolyse avec levofloxacine depuis 1998 (dont au moins 3 cas avec
une relation causale bien établie). La rhabdomyolyse aigue sous
levofloxacine s’avère donc un effet rare (1 autre cas publié :Clin Drug
Invest, 2000, 20 :203) mais grave. En dehors des classes médicamenteuses
bien connues pour leurs effets musculaires (hypolipémiants,..), l’origine
médicamenteuse doit être envisagée devant toute rhabdomyolyse inexpliquée
afin d’éviter au mieux les complications ultérieures. (H Bagheri)
Consultez le site de l’AFSSAPS (www.afssaps.sante.fr) pour tout renseignement complémentaire *Retrait du Pilosuryl°: survenue d’effets indésirables rénaux, essentiellement lors de mésusages. *Effets indésirables hépatiques et cutanés graves sous névirapine Viramune° : l’analyse récente des données de pharmacovigilance de la névirapine (inhibiteur non nucléosidique) attire l’attention sur la gravité des effets indésirables hépatiques et cutanés (syndrome de Stevens- Johnson, syndrome de Lyell, réactions d’hypersensibilité). Le risque s’avère plus important les 6 premières semaines de traitement, chez la femme ou les patients présentant un taux de CD4 élevé.
*Effets indésirables de la fluoresceïne (agent colorant utilisé en angiographie
du fond d’œil) : une enquête de Pharmacovigilance sur la fluorescéine à 10
%, réalisée en 2001, a montré la possibilité de réaction d’hypersensibilité
graves (1 cas sur 247.000 examens). Parmi les
facteurs de risque, on retrouve des antécédents d’hypersensibilité avec ce
même médicament, un terrain allergique, la prise de bêta-bloquants (y
compris sous forme de collyre). Le rapport bénéfice/risque de chaque examen
doit être discuté au cas par cas.
A QUOI SERT LE CENTRE REGIONAL DE PHARMACOVIGILANCE ? QUE PEUT-IL VOUS APPORTER ? 1-Le Centre de Pharmacovigilance a pour mission de répondre à vos questions sur le médicament (prescription, effets indésirables, efficacité démontrée, interactions médicamenteuses, utilisation chez le sujet à risque, pendant la grossesse, allaitement…). 2-Le Centre de Pharmacovigilance reçoit et analyse les notifications d’effets indésirables. 3-La loi rend obligatoire la déclaration de tout effet indésirable “grave” (entraînant un décès, une hospitalisation, une mise en jeu du pronostic vital ou des séquelles) même connu des médicaments ( ou des médicaments dérivés du sang) ainsi que tout effet indésirable "inattendu" (c'est-à-dire non mentionné dans le Vidal) par tout professionnel de santé (médecin, chirurgien-dentiste, pharmacien, sage-femme,...). La déclaration doit se faire au Centre Régional de Pharmacovigilance (Coordonnées en première page).
IMPORTANT : A terme, nous souhaitons privilégier l’envoi de BIP par courrier électronique en supprimant les envois papier. Merci de signaler dès maintenant vos adresses électroniques à bontemps@cict.fr. Retrouvez ces informations (et bien d’autres) sur notre site Internet www.pharmacovigilance-toulouse.com.fr, site gratuit d’informations indépendantes et validées sur le Médicament animé et rédigé par le Service de Pharmacologie de la Faculté de Médecine de Toulouse.
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